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Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn

Un sentiment libérateur aux États-Unis

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CHRONIQUE / On a beau habiter au Saguenay, l’élection d’un nouveau président américain attire toujours notre attention et on suit ça à la télé avec attention. À l’échelle du pays, c’est quand même notre voisin, on aime bien jeter un oeil l’autre côté de la clôture pour voir ce qui s’y passe.

Je me souviens des sourires et des éclats de joie des animateurs et commentateurs de la télévision lors de l’élection d’Obama. Un homme de race noire comme président des États-Unis, c’était exceptionnel et ça donnait plein d’espoir à plein de monde. Ça nous apparaissait comme une bonne nouvelle pour ce pays marqué par le racisme depuis des siècles.

Mercredi, lors de l’arrivée officielle de Joseph Robinette Biden Jr., qu’on nomme Joe Biden, à la Maison-Blanche, l’atmosphère était sinistre. Toutes ces personnalités politiques portant le masque, qui grelottaient de froid, semblaient sortir d’un mauvais rêve de quatre ans. On aurait dit qu’ils étaient libérés du mal.

Influence

Ce sont nos voisins et notre principal partenaire économique. Quand les Américains ont le rhume, le Canada éternue. Ils ont de l’impact dans presque tous nos secteurs de l’économie. Ils ont de l’influence sur l’industrie du pétrole en Alberta, ils ont de l’influence sur notre industrie de l’aluminium et sur notre industrie du bois. Les propos de Biden au sujet de l’Accord de Paris sur le climat ont fait miroiter la bonne affaire chez les gestionnaires d’Hydro-Québec qui voient enfin la possibilité de vendre de l’énergie verte à New York.

Je voyais tous ces acteurs politiques à la télé et je me demandais comment ce pays avait pu élire un homme comme Donald Trump. J’ai beau fouiller, je ne trouve rien de bien qu’il aurait pu faire au cours de son mandat, sauf ne pas avoir déclaré de guerre à d’autres pays. On se demande comment les gens de ce pays ont pu élire Trump comme président.

C’est quand même incroyable qu’un homme qui affichait publiquement ses comportements racistes et sexistes, qui aimait les dictateurs comme Poutine et Kim Jong-un, et qui a séparé les enfants de leurs parents immigrants à la frontière, ait réussi à demeurer au pouvoir.

Joe Biden, ici accompagné de sa femme Jill, est devenu mercredi le 46e président des États-Unis.

Nouveau discours

« Il y a la vérité et il y a les mensonges, les mensonges prononcés pour le pouvoir et pour le profit. Et chacun d’entre nous a le devoir et la responsabilité, en tant que citoyens, qu’Américains, et particulièrement en tant que dirigeants de défendre la vérité et de combattre les mensonges », a déclaré Joe Biden lors de son discours.

Les élus républicains devaient sûrement se sentir petits dans leurs souliers pour avoir supporté pendant quatre ans, pour le pouvoir, un homme comme Trump. Personne n’a prononcé son nom lors de la cérémonie d’investiture où il était absent et que personne ne voulait voir.

Le Dr Antony Fauci, l’immunologue américain et directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, se montrait tellement soulagé de rencontrer la presse sans avoir à endurer le tissu de mensonges de son président à ses côtés. Il a parlé d’un sentiment libérateur. Les Américains vont pouvoir enfin s’occuper de la pandémie avec sérieux et non en se demandant si on peut tuer le virus en s’injectant du désinfectant. Le président Biden fait de la lutte à la pandémie une priorité.

Honnêtement, ça va faire du bien de débarrasser la Maison-Blanche de ce pauvre type qui faisait passer les Américains pour des crétins. Ce pays est capable de grande chose quand un leader inspirant est au pouvoir.

« L’Amérique a été mise à l’épreuve et nous en sommes sortis plus forts. Nous allons réparer nos alliances et de nouveau collaborer avec le monde », a déclaré Biden pendant son discours.

La rumeur publique nous souffle aussi à l’oreille que la première femme vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, a autant de prestance que Barack Obama et qu’elle jouera un rôle très important à la Maison-Blanche. Ça fait du bien d’avoir des bonnes nouvelles de l’autre côté de la frontière.