Louis Langevin, président du Club des randonneurs du Saguenay, souhaite réaliser le sentier national de grande randonnée sur les rives du fjord du Saguenay.

Un sentier de marche Tadoussac-Chicoutimi espéré

CHRONIQUE / Le Club des randonneurs du Saguenay caresse le projet, depuis quelques années, de réaliser le Sentier national du fjord du Saguenay, un trajet de randonnée pédestre d’environ 100 kilomètres reliant Tadoussac à Chicoutimi.

« Ultimement, il faudrait relier le Sentier national des Appalaches (SIA) via le traversier Les Escoumins-Trois-Pistoles en passant par le Sentier national du Bas-Saint-Laurent », partage Louis Langevin, président du Club des randonneurs du Saguenay.

Ce projet de sentier de grande randonnée a même été présenté lors du Sommet économique régional du Saguenay-Lac-Saint-Jean de 2015, dans un document étoffé, mais le groupe de travail sur le tourisme n’a pas retenu l’idée qui pourrait pourtant brancher la région sur le Sentier des Appalaches qui part de la Floride aux États-Unis.

Un sentier à documenter

« Le Club des randonneurs compte plus de 200 membres et effectue une quarantaine de sorties par année. De 30 à 50 personnes participent à chacune de nos sorties qui se déroulent généralement dans des sentiers hors piste. Selon notre expérience sur le terrain, 75 % des sentiers sont déjà existants le long du fjord entre Tadoussac et Chicoutimi », estime Louis Langevin.

« Il serait même possible de se rendre jusqu’au mont Lac-Vert », fait valoir le randonneur. Ce genre de sentier, très populaire en Europe, exige tout de même de l’organisation et de l’investissement. « C’est une initiative qui ne serait pas trop compliquée à mettre sur pied. Il faudrait d’abord documenter le tracé avec des GPS et nous avons plusieurs randonneurs qui seraient prêts à y consacrer des efforts », fait valoir Louis Langevin.

Sentier national du Fjord du Saguenay

« Il y a certaines conditions pour faire partie d’un réseau national de sentiers de classe mondiale. Il faut de l’affichage et de la signalisation pour que les randonneurs se sentent en sécurité. Il faudrait aussi offrir des services de navettes à certains endroits pour transporter les randonneurs dans les auberges disponibles près des sentiers, le genre de service de plus en plus facile à offrir avec les applications Internet et les réseaux sociaux », met en relief celui qui voit une belle opportunité pour la région de faire découvrir ce fjord unique dans l’Est de l’Amérique.

Populaire en Europe

Dans le dossier déposé lors du sommet économique, les randonneurs font valoir que chez nos voisins américains plus de 150 pistes de longues randonnées sont répertoriées. « En Europe, la Fédération européenne de la randonnée pédestre a créé 12 sentiers transnationaux de grande randonnée, chacun comptant plusieurs milliers de kilomètres fréquentés par ces centaines de milliers de randonneurs », peut-on lire dans leur mémoire.

« Au Saguenay-Lac-Saint-Jean il y a deux sentiers pédestres notables avec le sentier du lac Kénogami (41 km) de Laterrière à Hébertville et le sentier Eucher (8 km) à La Baie. Dans le Bas-Saguenay au départ de Rivière-Éternité sur la rive sud et la baie Sainte-Marguerite sur la rive nord, deux sentiers sillonnent le fjord », détaillent les auteurs du mémoire.

Sentier de calibre mondial

Si l’on regarde les impacts de la Véloroute des bleuets, on peut imaginer ce que pourrait représenter un sentier pédestre de calibre mondial le long du fjord du Saguenay. « Les randonneurs ont l’habitude de faire des sauts de puce pour l’hébergement. C’est très habituel de prendre un taxi ou un transport par autobus, après la journée de randonnée pour passer la nuit dans un hôtel ou une auberge de qualité. C’est essentiel pour les randonneurs de souper devant une bonne table et de profiter d’un bon lit pour la nuit avant de reprendre la randonnée le lendemain », explique le président du Club des randonneurs. « Il y a des gens qui se déplacent partout dans le monde pour faire de la randonnée pédestre et le fjord du Saguenay pourrait être très attractif », soutient Louis Langevin. « Les navettes maritimes qui relient les deux rives du Saguenay pourraient être mises à profit pour mettre en valeur le Sentier national du fjord du Saguenay », donne-t-il en exemple. Le sentier aurait même l’avantage de pouvoir se pratiquer été comme hiver.

Un projet pour un député

Voilà un beau projet d’envergure qui s’inscrit dans le créneau d’excellence de la région en tourisme d’aventure et en écotourisme. Il me semble que c’est un dossier fait sur mesure pour le député de Dubuc à l’Assemblée nationale, François Tremblay. Il m’apparaît comme une personne capable de rassembler des acteurs comme le Parc national du Saguenay, la MRC du Fjord-du-Saguenay, Promotion Saguenay, le milieu touristique et les maires des municipalités concernés.

Certains de nos élus ont laissé en héritage des projets comme des quais de croisières, une autoroute, des bureaux administratifs ou des centres de recherche. Le Sentier national du fjord du Saguenay, dans un contexte des saines habitudes de vie et des enjeux climatiques, semble un projet porteur d’avenir. Il suffit juste qu’un porteur de ballon le prenne en main et le Club des randonneurs se dit tout à fait disponible pour un tel projet.