Construction d’une structure en bois massif avec assemblage à tenon et mortaises, sans clou et sans visse comme à l’époque.

Un musée de maisons en bois

CHRONIQUE / Bois rond expérience est un nouveau site touristique qui vient tout juste de voir le jour à La Baie. J’y ai vécu une expérience exceptionnelle mercredi, lors de l’ouverture officielle. Une visite qui m’a enchanté. Un concept hors du commun, qui n’existe nulle part ailleurs.

C’est une idée qui a germé dans la tête de Marc Plourde, copropriétaire d’un boisé privé. Il a décidé de mettre en valeur sa forêt et de faire l’éloge du bois dans la construction de maisons.

C’est un véritable musée des maisons en bois rond et en bois massif érigées par le charpentier.

On y trouve la représentation de cinq bâtiments qui relatent l’histoire de la construction de maisons en bois rond et en bois massif au Canada. C’est étonnant comme concept. À moins de 300 pas de la route régionale, on se retrouve en pleine forêt vierge, sous la canopée, où coule un ruisseau sur un lit rocheux entouré d’une végétation luxuriante de la forêt boréale. Au bout d’un sentier de 20 mètres, une table de pique-nique a été installée face à un étang éclusé par un barrage de castor. L’endroit est magnifique.

Exemple d’une maison bâtie pièce sur pièce avec des arbres équarris à la hache et un toit en bardeau de cèdre.

Sentier historique
Le copropriétaire de cette forêt privée vous invite à le suivre dans le petit sentier historique, où il a construit ses représentations avec la collaboration de Robert Tremblay, la référence dans la construction de maisons en bois rond dans la région. L’accès est facile, les bâtiments sont à quelques mètres de distance. Pour chacun, il y a une histoire. « Vous voyez, ici, le premier type de construction en bois rond à charpente classique. Ils n’écorçaient pas les arbres et la toiture était faite de matière végétale sur de l’écorce de bouleau. On utilisait de la mousse (sphaigne) pour isoler l’espace entre les rondins de bois », explique Marc Plourde, devant la construction, tout en montrant des photos historiques de construction en bois rond.

Quelques mètres plus loin, il nous présente le concept de la cabane au Canada. « Ceci est une mauvaise façon de construire en bois rond, les rondins rapetissent pendant cinq ans et ça fait des espaces entre les billots », explique-t-il, avant de faire une démonstration de sciage de planches. « Tout se faisait à la main à l’époque. Scieur de planche était un métier », démontre l’artisan.

Démonstration de sciage pour déligner des planches à force de bras.

Il nous montre ensuite une construction pièce sur pièce assemblée à queue d’aronde en manipulant la hache pour montrer les techniques pour équarrir le bois. « Les bâtisseurs utilisaient une herminette pour la finition », raconte le passionné du bois.

On découvre ensuite un chalet en bois rond, construit à la méthode scandinave. « Si nos ancêtres avaient connu cette méthode, ils n’auraient pas construit de maisons pièce sur pièce. Il s’agit ici de la meilleure méthode de construction en bois rond au monde », assure-t-il, tout en racontant l’épopée de la construction du Château Montebello, qui a nécessité la coupe de 10 000 billots et le travail de 3500 hommes durant trois mois pour réaliser ce monument historique.

Maison pièce sur pièce avec toit en bardeaux de cèdre.

Le dernier bâtiment est une charpente apparente sous le principe de l’assemblage tenon et mortaise fixés par des chevilles de bois. « En anglais, ça s’appelle Timber Frame. La construction est assemblée avec des chevilles de bois », explique-t-il, en décrivant les outils nécessaires pour l’assemblage.

La visite se continue sur un site de démonstration où les visiteurs peuvent participer à la construction en utilisant les outils pour écorcer les billes et les empiler à l’aide de compas. L’expérience est à la fois enrichissante et éducative, dans un milieu boisé très diversifié.

Exemple d’une construction de maison en bois rond qui ne respecte pas les bonnes méthodes de construction.

Sur mesure pour les croisiéristes
« Nous organisons des visites que sur réservation et se limitons à des groupes de 12 personnes à la fois. Les gens posent beaucoup de questions, et nous prenons le temps d’expliquer et de raconter l’histoire des maisons de bois. Pour beaucoup de monde, ça rappelle des souvenirs. La plupart des gens ont connu un oncle ou un grand-père qui avait un camp en bois rond en forêt », exprime le guide-interprète.

Le site Bois rond expérience est un concept qui a été élaboré directement pour séduire les touristes des bateaux de croisière. C’est probablement le premier projet généré directement pour la clientèle de croisiéristes. La majorité des forfaits touristiques offerts sur les bateaux existaient déjà dans la région, bien que plusieurs attractions ont adapté leur produit pour cette clientèle internationale. Dans le cas de Bois rond expérience, le site a été réalisé sur mesure pour recevoir ces visiteurs de l’étranger.

Les premiers modèles de construction de camps en bois rond avec l’écorce et un toit végétal.

Forêt boréale à proximité de la ville
« Nous offrons la possibilité de découvrir une forêt boréale naturelle avec la possibilité de vivre une expérience en canot sur un étang à castors, en plus de mettre en valeur l’histoire des maisons de bois au Canada à moins de dix minutes du quai des croisières », fait valoir Marc Plourde. Le promoteur doit se préparer un an d’avance pour faire partir de l’offre touristique sur les bateaux, mais tâtera le terrain cet automne avec un kiosque d’information au pavillon des croisières pour offrir directement aux visiteurs la possibilité de vivre cette expérience unique.

De nombreux projets trottent dans la tête du Baieriverain pour mettre en valeur cette forêt privée à proximité de la ville. Décidément un endroit qui charmera les visiteurs d’ici et de l’étranger.

Pavillon d’accueil du site Bois rond experience à La Baie.