Valérie Tremblay et Johanne Bouchard de Jonquière ont sauvé de la noyade un jeune Mexicain sur une plage de Puerto Vallarta, à la fin du mois de mars.

Un jeune Mexicain sauvé de la noyade

CHRONIQUE / Johanne Bouchard, de Jonquière, et sa belle-fille Valérie Tremblay, d’Arvida, se souviendront longtemps de leur dernier voyage dans le Sud sur une plage du Mexique, à Puerto Vallarta. Elles ont sauvé un enfant de huit ans d’une noyade certaine dans les vagues du littoral, à la fin du mois de mars. « L’océan était à marée basse et il y avait beaucoup de plage à découvert. On pouvait se rendre très loin dans l’eau en marchant. J’avais de l’eau jusqu’aux cuisses quand j’ai vu un enfant au loin qui venait de prendre un bouillon dans les vagues. Quand il s’est relevé, il crachait de l’eau par sa bouche et il titubait, il n’avait pas l’air à “feeler”. Le premier réflexe que j’ai eu, en courant vers le garçon, a été de crier à ma belle-mère. Elle travaille à l’hôpital, elle garde toujours son sang-froid et je me disais qu’elle saurait quoi faire avec le garçon », détaille Valérie Tremblay que j’ai rencontrée à sa résidence en compagnie de sa belle-mère.

Le visage à l’eau

« Lorsque que je suis arrivé près du garçon, il flottait à la surface le visage dans l’eau et il portait une veste de flottaison. Quand je l’ai sorti de l’eau, Johanne est arrivée près de moi pour m’aider à pencher la tête de l’enfant vers l’avant pour lui faire cracher l’eau qu’il avait avalée. Il était lourd à soulever avec sa flotte », se souvient celle qui travaille comme enseignante.

Johanne Bouchard raconte que l’enfant était tout blanc et qu’il ne respirait plus. « Après avoir craché l’eau qu’il avait dans les poumons, j’ai dit à Valérie que le jeune revenait à lui, je le voyais tousser », explique Johanne Bouchard qui travaille comme préposée aux bénéficiaires.

« Tout de suite j’ai crié à mon “chum” qui a son RCR (réanimation cardio-respiratoire) à jour. Quand il m’a vu, il s’est mis à siffler très fort pour avertir les sauveteurs et c’est là que la mère du petit nous a vus avec son fils dans nos bras. Le père du garçon est arrivé en même temps que les sauveteurs pour le transporter vers la plage », explique Valérie Tremblay, qui se rappelle encore de tous les détails.

Vie sauve

Sans l’intervention des deux Saguenéennes, le jeune garçon aurait pu perdre la vie. « Tout ça se passe rapidement, on n’a pas le temps de réfléchir, on suit notre instinct. En criant à ma belle-mère, je savais qu’elle saurait comment réagir », se rappelle Valérie Tremblay.

« Les parents de l’enfant sont venus pour nous remercier, “muchas gracias” qu’ils nous ont dit, mais en raison de la barrière de la langue nous n’avons pas eu plus d’explication sur la situation. Les sauveteurs ont fait le suivi pendant une quarantaine de minutes dans un petit local près de la plage. Je crois que la famille était mexicaine. C’est difficile pour nous de juger de la vigilance des parents dans une telle situation, alors qu’ils ont grandi sur les plages et les vagues », commente la travailleuse de la santé qui n’en était pas à son premier sauvetage dans les pays chauds.

Seconde nature

Pour Johanne Bouchard, c’est une seconde nature de surveiller ce qui se passe tout autour d’elle, dans son environnement immédiat. Quand son conjoint l’accompagne sur la plage, il lui dit de cesser de faire le « lifeguard » et de surveiller tout autour les enfants qui jouent dans l’eau. « C’est plus fort que moi, il faut que je surveille », dit-elle en riant.

« L’été dernier à Cuba, au restaurant, une femme s’est effondrée dans son assiette, elle était toute molle et ne respirait plus. Je ne pouvais pas rester à ma place. Je me suis levée pour la prendre dans mes bras, la soulever et lui faire la manœuvre de Heimlich, vous savez la pression en forme de J dans l’estomac pour débloquer les voies respiratoires », précise-t-elle. « La dame du restaurant a non seulement craché le morceau qui lui obstruait la gorge, mais a recraché tout son repas sur la table et j’en avais partout sur moi. Elle était toute molle et ne respirait plus. Avec les quelques mots d’espagnol que je baragouine, je lui demandais de parler de dire “si, no” et je disais “médécino, médécino” », se rappelle la dame qui avait déjà pratiqué la méthode d’Heimlich à quelques reprises quand elle travaillait dans la restauration il y a quelques années.

Sa seconde nature la suivra toute sa vie et Johanne Bouchard ne s’empêchera pas de voyager tout en continuant à se soucier de ce qui se passe autour d’elle et n’hésitera pas à intervenir pour sauver une vie.