Sur la photo, des citoyens aménagent la forêt nourricière de Saint-Félicien qui sera inaugurée le 20 octobre. Le site de Chambord sera officiellement ouvert le vendredi 28 septembre.

Un jardin nourricier à la fois

CHRONIQUE / Arbre par arbre, plante par plante, parcelle de terrain en parcelle de terrain, de village en village ou de ville en ville, l’organisme voué aux actions environnementales Eurêko ! sème des jardins nourriciers et des forêts nourricières en redonnant vie à des coins de terre oubliés un peu partout dans la région.

Depuis l’aménagement de la première forêt nourricière dans le quartier Saint-Paul à Chicoutimi en 2015, les semeurs de terrains publics multiplient ce genre de projets au Saguenay-Lac-Saint-Jean et les derniers en lice sont les forêts nourricières de Chambord et Saint-Félicien, qui seront inaugurées au cours des prochains jours.

« À Chambord, comme dans la plupart des sites, c’est un projet citoyen que la municipalité a choisi de réaliser. C’est une mère de trois enfants, qui fréquentent la garderie de ce secteur, qui souhaitait aménager les alentours et impliquer les jeunes dans ce projet. La municipalité nous a contactés pour concrétiser l’aménagement sur un terrain vague à l’angle du boulevard de la Montagne et de la rue des Plaines », explique Gabrielle Filiatrault, chargée de projet pour Eurêko.

« Près de 130 bénévoles, dont 75 enfants, ont participé à la plantation de 550 végétaux de 50 espèces différentes allant des arbres fruitiers aux fines herbes. Ce sont toutes des plantes vivaces et chaque espèce joue son rôle dans l’aménagement dont certains sont des fixeurs d’azote, ce qui facilite la création de l’écosystème », décrit la chargée de projet.

Un lieu de rassemblement
Non seulement les aménagements qui poussent au coeur de la vie résidentielle procurent des fruits et légumes pour la communauté, mais ces sites deviennent des lieux de rassemblement qui développent un sentiment d’appartenance pour la population qui vit à proximité. « L’implication des jeunes dans la réalisation nous permet également de faire de l’information et de la sensibilisation, ils deviennent des protecteurs des sites, ce qui évite le vandalisme et qui facilite l’entretien », fait valoir celle qui espère multiplier ce genre de projets dans de nombreux milieux de vie.

Un terrain abandonné se transforme en quelques jours de travail en un milieu vivant qui procure des aliments disponibles pour tous et qui permet de faire de l’éducation populaire. C’est lorsqu’on est jeune que ce genre d’initiative s’ancre plus facilement dans la mémoire. Nous avons tous en tête des moments de notre enfance où nous avons planté des arbres, visité une ferme, cueilli des fruits et des légumes et on s’en rappelle encore. C’est bien que les enfants sachent que les légumes ne poussent pas à l’épicerie.

Mobilier urbain
Dans la plupart des projets urbains réalisés par Eurêko ! , il y a une place pour le mobilier urbain. « À Chambord, par exemple, le comité de citoyens a décidé d’installer une balançoire et des tables à pique-nique pour favoriser l’échange intergénérationnel. Des personnes âgées pourront ainsi se retrouver en présence des jeunes de la garderie voisine pour profiter ensemble de cette forêt nourricière », met en relief Gabrielle Filiatrault.

« À la fin de l’été, au moment des récoltes, ça fait penser au parvis de l’église de l’époque alors que les gens se rassemblaient après la messe. Ces aménagements ont un effet rassembleur en plus de contribuer à améliorer la qualité de l’environnement », exprime la représentante d’Eurêko ! .

Des projets comme la forêt nourricière de Chambord peuvent coûter entre 30 000 $ et 40 000 $. Les sources de financement proviennent de différents programmes gouvernementaux, des municipalités, des MRC et de partenaires financiers des milieux concernés. On y trouve des végétaux aussi variés que des amélanchiers, de l’argousier, des kiwis arctiques, des pommes, des fleurs et feuilles comestibles, des épices, des fraisiers, de la menthe, de l’oseille ou du thym. « On aime bien quand les enfants ramènent de fines herbes à la maison pour demander aux parents de les utiliser dans une recette », souligne Gabrielle Filiatrault qui mise beaucoup sur l’éducation et la sensibilisation.

Plus d’une vingtaine de projets de ce genre ont vu le jour au cours des cinq dernières années, une façon très créative de donner vie aux terrains abandonnés des quartiers et près des écoles.