Lors d'une croisière sur le fjord du Saguenay, les visiteurs pourraient faire des haltes à Tadoussac, à Sainte-Rose-du-Nord, à L'Anse-Saint-Jean, au quai de Petit-Saguenay, à Rivière-Éternité, à La Baie et même jusqu'à Chicoutimi.

Un fjord pour l'international

CHRONIQUE / Confiez un dossier à Robert Bouchard, l'ancien député fédéral du Bloc québécois de Chicoutimi-Le Fjord, et il y a de bonnes chances qu'il se réalise. Le Chicoutimien est présentement porte-parole régional et vice-président du comité pour faire reconnaître le fjord du Saguenay comme patrimoine mondial de l'UNESCO. Il revient d'un voyage en Norvège où il a visité trois fjords, dont un, le Naerøyfjord, reconnu par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, qui est parmi les plus longs et des plus profonds du monde.
« Je voulais voir à quoi ça ressemble un fjord reconnu par l'UNESCO et comparer avec ce que nous avons ici pour imaginer le genre de retombées possibles », fait valoir celui qui a fait ce voyage avec son petit-fils de 16 ans.
Robert Bouchard, ancien député fédéral du Bloc québécois de Chicoutimi-Le Fjord, est présentement porte-parole régional et vice-président du comité pour faire reconnaître le fjord du Saguenay comme patrimoine mondial de l'UNESCO.
Aéroport international de Bagotville
« Je suis convaincu que la reconnaissance du fjord du Saguenay comme patrimoine mondial serait un argument pour faire de Bagotville un aéroport international avec un service de douanes. Nous avons atterri à Oslo, la capitale de la Norvège, une ville d'environ 640 000 habitants, qu'on pourrait comparer à la ville de Québec (environ 640 000 habitants). De là nous avons pris le train pour la gare de Myrdal pour ensuite naviguer sur un fjord pour reprendre l'avion dans la ville de Bergen (environ 265 000 habitants) qu'on pourrait comparer au Saguenay-Lac-Saint-Jean (environ 270 000 habitants) avec un forfait d'agence de voyages », raconte le voyageur.
« Avec un aéroport international à Bagotville et une reconnaissance de l'UNESCO, les voyageurs étrangers pourraient arriver à Québec, prendre le train jusqu'à Charlevoix et un autobus jusqu'à Tadoussac pour faire une croisière sur le fjord du Saguenay jusqu'à La Baie et repartir dans leur pays à partir de l'aéroport de Bagotville », fait-il valoir.
C'est vrai qu'un statut d'aéroport international à Bagotville, ça ne servirait pas seulement pour les voyages dans le Sud de Sunwing. Les voyageurs étrangers à Montréal et Québec pourraient être tentés de terminer leurs vacances au Québec par un séjour sur le fjord du Saguenay, s'ils pouvaient prendre l'avion à partir d'ici, au lieu de se taper les dix heures de route aller-retour nécessaires pour découvrir notre région.
« Lors d'une croisière sur le fjord du Saguenay, les visiteurs pourraient faire des haltes à Tadoussac, à Sainte-Rose-du-Nord, à L'Anse-Saint-Jean, au quai de Petit-Saguenay, à Rivière-Éternité, à La Baie et même jusqu'à Chicoutimi. Ce ne sont pas les attraits qui manquent tout le long du fjord du Saguenay », met en lumière l'ancien député de Chicoutimi-Le Fjord.
« Évidemment c'est un dossier d'envergure nationale, ça regroupe les régions de Charlevoix, de la Côte-Nord et du Saguenay, il faudrait que ces gens se regroupent autour d'un projet commun pour attirer la clientèle internationale », estime Robert Bouchard, qui a passé huit jours en Norvège pour visiter des fjords comme le font des milliers de touristes chaque année.
Candidature à l'UNESCO
En attendant, le fjord du Saguenay fait partie des 40 sites canadiens qui ont posé leur candidature sur la liste indicative des sites du patrimoine mondial au Canada tout comme la ville d'Arvida, d'ailleurs. « Le comité de sélection retiendra la candidature de dix sites sur les 40 soumises, pour ensuite présenter un dossier par année pour les dix prochaines années, un processus qui se renouvelle tous les dix ans », fait savoir Robert Bouchard.
« Les forces de notre dossier c'est que nous avons le soutien de l'Assemblée nationale, des trois régions concernées, l'appui des deux parcs nationaux et de quatre nations autochtones en plus de 3000 témoignages de citoyens qui supportent notre démarche » met en relief celui qui serait étonné que les deux sites du Saguenay soient retenus.
Avant la disparition de la Conférence régionale des élus (CRÉ) ou du Conseil régional de concertation et de développement (CRCD) auparavant, il y avait possibilité de faire valoir des priorités régionales en terme de développement économique. Maintenant, le maire de Saguenay est le seul à réclamer un service de douanes à Bagotville ; il n'y a pas de concertation régionale sur le sujet et ça manque de force. La reconnaissance du fjord du Saguenay par l'UNESCO pourrait être l'élément rassembleur dans ce dossier.
Il faudra attendre en décembre 2017 pour connaître la liste des dix sites canadiens qui seront retenus.