Roger Blackburn

Un festival historique pour la région

CHRONIQUE / Un festival historique au Saguenay-Lac-Saint-Jean pendant le mois de juin. Voilà l’idée que soumet le Chicoutimien Jacques Pelletier au président de la Société historique du Saguenay (SHS), Simon Coutu, dans une lettre ouverte proposée au Quotidien.

Quelle excellente idée, d’autant plus qu’en 2022, nous allons célébrer le 375e anniversaire de l’arrivée du premier Européen dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le père Jean Dequen, qui a remonté le Saguenay jusqu’à Métabetchouan lors d’une expédition en canot à partir de Tadoussac, guidé par deux Montagnais.

En 2013, nous avons célébré en grande pompe le 175e anniversaire de la région pour commémorer l’arrivée des premiers colons de la Société des 21 en provenance de Charlevoix. Jacques Pelletier, l’auteur du livre Le toponyme Chicoutimi, une histoire inachevée, met en contexte la date du 11 juin. « Il est évident qu’il est très réducteur de considérer le 11 juin 1838 comme le début de notre histoire… On constate qu’on a rapidement transformé cette fête locale, d’ailleurs très importante, en fête régionale. Ceci a eu l’effet pervers de laisser croire que l’histoire de la région ne débute qu’en 1838. Tout en voulant bien faire, on a oublié un grand pan de l’histoire de cette région », indique-t-il.

Fêter nos histoires

Peut-on proposer que le mois de juin soit celui où on met en place un festival régional qui regroupe toutes les fêtes commémoratives de chaque municipalité, incluant celles qui ont fait l’objet de fusion. Chacune a sa propre histoire à nous faire découvrir et chacune peut très bien bâtir son propre programme en tenant compte de ses ressources et de son histoire. Par exemple, la Ville de Saguenay a entre autres, sur son territoire, à Chicoutimi, un site archéologique d’importance et un poste de traite qui fut un certain temps le plus imposant en Amérique. Un missionnaire rapporte qu’en 1750, il y avait un moulin à scier sur la Rivière-du-Moulin. Que fait-on pour les commémorer ? », s’interroge le président du Mouvement Chicoutimi.

« La SHS pourrait continuer son rôle et s’associer à d’autres partenaires tels, entre autres, la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean, le Musée du poste de traite de Desbiens, la Pulperie de Chicoutimi, le Musée amérindien de Mashteuiatsh, les sociétés de généalogie ou les historiens, pour fournir le matériel historique requis à la planification des événements. Ce festival pourrait devenir un attrait touristique de premier ordre », propose-t-il.

C’est une idée très intéressante que d’organiser un genre de festival d’histoire pour l’ensemble de la région, que ce soit les postes de traite, les barrages électriques, l’industrie du bois, la construction d’Arvida, le grand feu de 1870, l’histoire des villes et villages; le fait de mettre l’histoire en avant-plan d’un festival populaire est une très bonne idée.

Un dossier pour le maire extrême Nicolas Martel

Chaque histoire mérite d’être racontée et on profiterait d’une période s’étalant du 11 juin (arrivée des 21) au 11 juillet (arrivée de Jean Dequen à Métabetchouan) pour se raconter à nous et aux autres, en espérant qu’en 2022 on pourra faire des rassemblements. Ce sera comme un genre de Carnaval-Souvenir régional où chaque ville, village et arrondissement se glisseraient dans la programmation pour faire connaître ses activités.

Ça serait bon pour les oreilles des jeunes de faire résonner des noms comme Arvida, Kénogami, Rivière-du-Moulin, Bagotville, Port-Alfred. On pourrait même faire revivre des personnages historiques grâce aux nouvelles technologies. On pourrait élaborer une espèce de temple de la renommée sur Internet avec la liste de toutes les bâtisses qui portent un nom en expliquant qui sont ces gens dans un contexte historique.

Alors qu’on se le dise, la fête de la colonisation, c’est le 11 juin, mais la fête du Saguenay-Lac-Saint-Jean devrait être le 11 juillet. Je sais que les gens du Poste de traite de Métabetchouan, à Desbiens, préparent des activités pour 2022, j’espère qu’ils auront une vision régionale. La balle est dans le camp du maire de Desbiens et de son village extrême pour corriger cette erreur historique et enfin célébrer notre 375e anniversaire comme l’ont fait Québec et Montréal.