De gauche à droite, nous retrouvons les frères et soeur Michel, Pierre, Josée, Robin, Suzanne, Luc, Christian, Nathalie et Gilles qui se sont réunis en mai dernier après toutes ces années qu’une morale insensible à l’amour avait séparés.

Un coup de coeur pour le 26 mars 1956

CHRONIQUE / Nos archives électroniques indiquent que j’ai écrit 173 chroniques en 2019, une année forte en rebondissements de toutes sortes. J’ai rencontré beaucoup de gens, des personnes âgées comme Gilberte Gilbert de Jonquière, une dame de 100 ans qui vivait encore dans son logement ; comme le peintre René Gagnon qui est toujours actif à 91 ans et qui a mis son domaine de L’Anse-de-Roche en vente sur les hautes falaises du fjord du Saguenay ou comme l’architecte à la retraite de 93 ans, Jacques Coutu, qui a réfléchi à l’aménagement du stationnement de l’autogare au centre-ville de Chicoutimi, alors que les grands projets sont remis en question par les conseillers municipaux.

C’est toujours un privilège d’entrer dans l’intimité de nos aînés et de se faire raconter leur histoire, comme cette rencontre avec Adrien Boivin, 96 ans, qui a participé à la libération de la France comme soldat canadien lors de la Deuxième Guerre mondiale en Normandie ; ou cette entrevue avec le peintre et sculpteur Jérémie Giles de Jonquière qui s’indignait encore une fois de la fausse image de Samuel de Champlain dévoilée lors de l’inauguration du pont du même nom à Montréal.

Des jeunes aussi

J’ai aussi rencontré des jeunes comme ceux du journal étudiant du Cégep de Chicoutimi qui croient encore à des journaux papier à l’ère du numérique. J’ai aussi rencontré de jeunes pêcheurs qui participaient à des activités de pêche en herbe et d’autres derrière les chaudrons au Centre de formation professionnelle d’Arvida qui coupaient des légumes avec des couteaux plus grands qu’eux. Il y a aussi tous ces jeunes qui se cherchent une place dans la société, comme ceux du local des jeunes de la rue du Havre à Chicoutimi, qui mettent leur talent à profit pour éviter le décrochage scolaire, ou ceux qui rêvent de devenir pilotes d’avion en visitant le CQFA de Saint-Honoré.

La chronique coup de coeur

Mais ma chronique coup de coeur de 2019 est celle intitulée Toi qui est né le 29 mars 1956. C’est l’histoire de Robin Frigon qui a fait une demande de fratrie pour trouver ses parents biologiques, mais qui a retrouvé finalement huit frères et soeurs. Il n’en manquait qu’un seul à l’appel et ils voulaient le retrouver.

Les recherches de Robin Frigon lui ont appris que ses parents Bertrand Riverin et Judith Boudreault ont eu 11 enfants, dont six en dehors des liens du mariage, nés entre 1954 et 1959. Suzanne, née en janvier 1954, a été mise en adoption ; Jude, la deuxième, née en décembre de la même année, a été gardée par sa grand-mère à Saint-Félix-d’Otis avant de retourner vivre avec ses parents en 1960. Le troisième, né le 29 mars 1956, est le frère que la famille recherche et qui a été adopté par des parents résidants au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le quatrième enfant est Robin Frigon, adopté et né en 1957. Le cinquième, Christian Tremblay, a été adopté après sa naissance en mai 1959, et finalement, le sixième, est un enfant mort-né en 1959.

Après leur mariage à Montréal en 1960, Judith Boudreault et Bertrand Riverin ont repris leur fille Jude avec eux, avant de mettre au monde cinq autres enfants à l’intérieur des liens sacrés du mariage, sans dire à personne ce qui s’était passé dans leur vie de jeunes célibataires. De cette union bénie sont nés Gilles en 1961, Josée en 1963, Luc en 1964, Nathalie en 1965 et Michel en 1967.

Le 26 février 2019, j’ai donc publié une chronique intitulée Toi qui est né le 29 mars 1956 dans les quotidiens de Groupe Capitales Médias, dont Le Quotidien et Le Soleil, et le jour, même un dénommé Pierre Carter s’est manifesté après avoir lu ma chronique dans Le Soleil et c’était celui qui est né le 29 mars 56. La famille retrouvée au grand complet s’est réunie le 18 mai à Chicoutimi, au grand bonheur de tous. La famille m’a exprimé gentiment sa reconnaissance en me répétant que c’est grâce à cette chronique que leur frère manquant à été retrouvé. C’est ce genre d’histoire qui fait qu’on aime notre métier.

Bonne fin d’année à tous!

Résolution

En passant j’ai honoré ma résolution du Nouvel An de découvrir de nouveaux endroits dans la région en visitant des sites que je ne connaissais pas, comme le Musée de la Défense aérienne de Bagotville, le Poste de traite de la Métabetchouane à Desbiens et le Centre d’histoire Sir-William-Price de Jonquière. En 2020, je me promets encore de découvrir des coins de ma région que je ne connais pas au lac comme sur les rives du fjord pour rencontrer des gens qui ont le chromosome généreux, comme le raconte Fred Pellerin.