Rebeca Santàna Cabral, le jeune Noah et Bruno Cabral rencontrés avec Malika Belal, agente d’accueil et d’intégration au service de développement international de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, dans une classe du primaire à l’École Félix-Antoine-Savard.

Un ange pour les immigrants

CHRONIQUE / La semaine dernière, une trentaine d’immigrants installés au Québec depuis quelques années ont passé des entrevues avec des employeurs de la région dans l’espoir de dénicher un emploi et de s’installer ici avec leur famille.

Trouver un emploi est une chose, mais installer sa famille en est une autre. Pour bien intégrer les enfants des travailleurs immigrants, la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) a instauré un service d’accueil et d’intégration pour faciliter la vie des familles et supporter le personnel enseignant.

L’École Félix-Antoine-Savard de Chicoutimi accueille cet automne un jeune brésilien de 7 ans, Noah Santàna Cabral, dans une classe de deuxième année. J’ai rencontré ses parents en présence de son professeur et de la responsable de l’intégration des immigrants de la CSRS.

Besoins grandissants

«Il y a beaucoup d’embûches sur la route de l’intégration. Les nouvelles familles m’appellent pour toutes sortes de raison et la barrière de la langue est la principale embûche au départ. Souvent je réunis la famille et j’agis comme traductrice pour expliquer des situations. Les perceptions sont différentes selon le point de vue des parents, de l’élève et de l’enseignant», explique Malika Belal, agente d’accueil et d’intégration au service de développement international de la CSRS.

«La demande est là et les besoins sont grandissants. J’ai aidé des dizaines de familles à s’intégrer depuis le début de l’année scolaire et les familles déjà installées lors des dernières années s’empressent aussi à bénéficier de nos services», explique cette travailleuse sociale.

D’origine marocaine, Malika Belal a émigré à Chicoutimi pour compléter un baccalauréat en travail social à l’Université du Québec à Chicoutimi il y a 11 ans. À la fin de ses études, elle a fait la rencontre de son amoureux à Chicoutimi et a pris la décision de rester dans la région. L’intervenante polyglotte qui parle l’arabe, le français, l’anglais et un peu espagnol a toujours été impliquée dans la communauté pour aider les immigrants à s’installer.

«J’ai vécu moi-même cette intégration à une nouvelle culture et à un nouveau mode de vie. C’est rassurant pour des parents qui travaillent de savoir que leurs enfants sont entre bonnes mains à l’école et au service de garde», dit-elle.

Un ange

«Pour notre famille, Malika est un ange», exprime la mère du jeune Noah, Rebeca Santàna Cabral, dans un français hésitant aux accents du Brésil. «Elle nous aide pour les papiers, pour l’école et pour les activités; elle s’occupe de nous», fait valoir la nouvelle Saguenéene.

Pour son mari, Bruno Cabral le Saguenay est une belle terre d’accueil. «Nous avons vécu deux ans à Montréal et ce n’était pas facile. Noah n’aimait pas son école et n’avait pas beaucoup d’amis. Il savait seulement quelques mots de français. Ici, mon fils aime son école, il est heureux et il s’est fait des amis, il a une vie de quartier», confie l’ingénieur en informatique.

«Non seulement je fais des interventions dans les milieux scolaires, mais je m’assure aussi que les enfants pratiquent des activités sportives ou des activités sociales pour les aider à s’intégrer et les faire interagir avec des jeunes de leur âge», explique Malika Belal, qui joue un rôle essentiel à Saguenay pour les nouveaux arrivants.

«C’est très difficile et angoissant pour un jeune de quitter ses racines, de parler une autre langue et de s’adapter à une nouvelle culture», soutient Malika Belal. Elle raconte l’histoire d’un Égyptien de quatre ans qui avait mélangé l’arabe et le français dans sa tête. «Il avait comme fusionné les deux langues. Ça prend beaucoup de soutien pour aider les familles», fait valoir l’intervenante sociale.

Pour l’enseignante Isabelle Gagné, l’intégration d’un jeune étranger dans une classe se fait facilement. «Les élèves aiment la diversité et Noah parle bien le français. Il interagit facilement avec les autres. On sait qu’il aime le soccer et il profite de la récréation pour jouer avec le ballon», confie l’enseignante.

L’École Félix-Antoine-Savard compte actuellement neuf élèves en accueil et francisation, une statistique qui risque d’augmenter dans les prochaines années avec les besoins de main-d’oeuvre des entreprises de la région qui embauchent de plus en plus d’immigrants.