De gauche à droite : Yannick Lauhlé, Redouanne Hamouchane, Jean-Michel Derlincourt, Kahalid Hanafi et Alex Bendi, de la Fédération canadienne de pétanque.

Tu tires ou tu pointes?

CHRONIQUE / Sans jeu de mots, je me pointe sur le site du Championnat mondial de pétanque de Desbiens, mercredi midi, en espérant voir quelques joueurs à l’oeuvre. Comme de fait, je vois sur les terrains de pratique les formations du Japon, du Maroc, des États-Unis et du Canada qui lancent des boules.

Je demande à Stéphane Sainte-Croix, un bouliste expérimenté du Lac, la différence entre tirer et pointer ? « Quand tu joues à la pétanque, tu te demandes deux choses : tu tires ou tu pointes ? Tirer, ça veut dire que tu frappes la balle de l’adversaire pour la déplacer. Pointer, ça veut dire lancer sa balle pour la placer le plus près du cochon », me résume le joueur, qui agit à titre de bénévole pour l’événement.

Rudiments
Je découvre en même temps que vous les rudiments de la pétanque. Il y a un championnat mondial chez nous, alors ça vaut la peine de s’y intéresser. Un observateur attentif à côté de moi m’explique que quand une boule en déplace une autre et qu’elle la supplante en demeurant à la même place, on appelle ça un carreau. Bienvenue dans le monde de la pétanque !

Alors que je croyais que l’équipe du Canada jouait une partie amicale avec le Mexique, Stéphane Sainte-Croix m’informe que se dispute actuellement le Pan Am pour la Coupe des Amériques entre le Mexique, le Canada et les États-Unis.

Ce n’était pas au programme, mais ça m’a permis d’assister à mon premier match international de pétanque. Le Canada a remporté la compétition en disposant des États-Unis au pointage de 13 à 10 en finale.

Le Canada a disputé un match de la Coupe des Amériques contre les États-Unis.

Sur le bout de ma chaise
Jean-Michel Derlincourt a tiré une dernière boule pour trois points. J’étais sur le bout de ma chaise et j’attendais ce lancer parfait. Ça y est, je suis un fan de pétanque !

Yannick Laulhé de Sherbrooke a joué un excellent match, en tirant à plusieurs reprises sur les boules de l’adversaire.

Kahalil Ahntfi, que les gens du Lac appellent affectueusement Gaétan, pour éviter de prononcer son nom d’origine marocaine, me disait qu’il croit aux chances du Canada dans ce championnat. « Ça fait cinq fois que je fais ce mondial et pour la première fois, je crois en notre équipe. Nous avons de l’expérience et nous aurons l’appui de la foule. Ça, ça joue direct dans le coeur », lance le coloré personnage.

« Il n’y a pas de bourse associée au titre de la Coupe des Amériques, mais nous allons représenter notre continent lors du mondial des confédérations », indique le Sherbrookois, qui a bien performé.

La délégation canadienne est unanime à dire que les terrains sont impeccables et que l’organisation est excellente.

Kahalil Ahntfi, dit Gaétan, me parle de stratégie, laquelle se définit tout au long du jeu. « Il faut trouver la faiblesse de l’adversaire. Même si tu lances bien, si tu n’as pas de stratégie, tu as moins de chances de gagner. Ça ne suffit pas d’être bon, il faut aussi être capable de lancer quand 1000 personnes te regardent et que la pression monte. C’est là que l’expérience compte », confie celui qui cumule plus de 35 ans d’expérience.

3000 spectateurs
Le maire de Desbiens, Nicolas Martel, est en train de prévoir des gradins pour 3000 personnes pour la finale de dimanche. Je suis à peu près certain que ça va être plein. Si vous n’avez pas de passeport, ce sera difficile d’y assister. Je vous le dis, vous allez aimer ça. On a tous joué à la pétanque sur les terrains de camping et de voir des pros, c’est quelque chose de spécial. Ne manquez pas ça, ça ne se reproduira pas.

Jeudi matin, à 8 h, les compétitions de tirs de précision débuteront. J’y serai, je vous en reparle !