Tous dans le même bateau

Dernièrement, je discutais avec des gens d'affaires au sujet de l'avenir des journaux papier et de l'impact de l'achat de publicité. Le propriétaire d'entreprise me racontait qu'il avait l'intention d'acheter de la publicité sur Facebook pour tâter le marché de l'Internet et des médias sociaux.
Dans notre discussion, je lui fais voir l'impact de son investissement sur Facebook versus le journal Le Quotidien. Quand ton entreprise décide d'investir 1000 $ de publicité sur Facebook, le 1000 $ va dans les poches du propriétaire, Mark Zuckerberg, qui vaut environ 65 milliards de dollars. Il ne reste alors rien pour l'économie régionale.
Cependant, quand ta compagnie investit 1000 $ de publicité dans Le Quotidien, ton investissement a un impact direct sur l'économie de la région et sur la rentabilité de ton entreprise. Ton 1000 $ de publicité génère un revenu d'environ 15 % pour le représentant publicitaire alors que des graphistes vont travailler à créer ta publicité sur un ordinateur acheté ici, au Québec. Ton 1000 $ va payer une partie du salaire des journalistes qui rédigent des nouvelles sur ta région dans le journal. Il y a aussi des employés de bureau, qui administrent l'entreprise, lesquels vont aussi profiter de ton 1000 $ d'investissement. Des pressiers impriment ta publicité sur du papier issu de l'industrie du bois, un secteur d'activité économique très important dans la région.
Il faut aussi ajouter les livreurs qui distribuent les journaux avec des véhicules achetés ici, chez les concessionnaires automobiles de la région. Ils consomment de l'essence et font entretenir leur véhicule dans des garages de la région. Des camelots profitent aussi de ton 1000 $ pour faire un petit revenu d'appoint.
Les propriétaires du journal empochent aussi une part importante de ton 1000 $ pour payer le salaire de nos patrons, pour payer des taxes municipales à Saguenay, pour payer une entreprise de déneigement l'hiver, pour payer une entreprise régionale qui entretient le terrain sur le boulevard Talbot l'été avec la tonte du gazon et aussi pour payer des frais d'électricité à Hydro-Québec.
Dépenses publiques
Tous les gens qui se partagent ton 1000 $ de publicité payent de l'impôt aux gouvernements fédéral et provincial et utilisent ce qui leur reste pour consommer des biens tout en payant la TPS et la TVQ qui génèrent également des revenus à l'État pour payer nos frais de santé, d'éducation, d'infrastructures et d'administration publique.
Ton 1000 $ de publicité au Quotidien permet à des familles de faire leur épicerie, de se payer une maison, une voiture et d'acheter les produits et services que vend ton entreprise et qui font aussi travailler des gens qui payent de l'impôt et consomment dans la région. 
C'est aussi avec les taxes municipales que paye ton entreprise qu'on se paye des pompiers, des policiers et qu'on érige des infrastructures d'eau, d'égout et de cueillette d'ordures.
Quand tu investis 1000 $ de publicité dans Le Quotidien, tu fais tourner notre économie, tu crées de l'emploi pour tes enfants qui risquent de faire le choix de vivre ici dans la région et de faire tourner eux aussi l'économie régionale qui nous procure cette belle qualité de vie qui nous est si chère. Ton 1000 $ permet d'enrichir toute une population quand tu l'investis dans mon journal qui, soit dit en passant, rejoint plus de 80 000 personnes tous les matins. Tu n'as pas besoin de cliquer sur j'aime quand tu le lis, car on sait que tu l'aimes. Tu l'achètes tous les matins.
Alors, quand tu me dis que tu songes à acheter de la publicité sur Facebook, tu me déprimes un peu, car sans le savoir tu te tires un peu dans le pied. Les 1000 $ que tu donnes à Facebook seront empochés par Facebook et il ne restera plus rien pour l'économie d'ici.
Les réseaux sociaux ont beau t'offrir toute la visibilité que tu voudras, si ton 1000 $ va à Facebook, dans un avenir pas très lointain, il y aura moins de gens dans la région pour acheter les produits et services que tu veux faire connaître. Acheter local, c'est aussi acheter de la publicité locale, nous sommes tous dans le même bateau.