Dominique Simard, préventionniste au Service de police de Saguenay, révèle que 1500 jeunes sont sensibilisés chaque année.

Sextos et sexfies: la prévention ne suffit pas

CHRONIQUE / Les préventionnistes du Service de police de Saguenay traitent le phénomène des sextos et des sexfies chez les jeunes en maximisant les interventions dans les écoles avec des outils comme les Couloirs de la violence amoureuse (un outil multimédia), la trousses contre l’intimidation pour les élèves du secondaire I et la trousse Gang de choix pour les jeunes de 6e année.

« La cybercriminalité est présente dans toutes les écoles. L’an dernier, nous avons rencontré 1500 jeunes dans 65 écoles pour les sensibiliser et tous les deux ans nous revenons avec l’activité des Couloirs de la violence amoureuse, un outil qui transporte les jeunes dans l’intimité des premières expériences amoureuses, qui a été présenté à plus de 4000 jeunes », fait valoir l’agent de prévention Dominique Simard.

Les Couloirs de la violence amoureuse ont été développés en partenariat avec la Sûreté du Québec, la maison d’hébergement La Passerelle et la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean et circulent dans de nombreuses écoles au Québec. Ce couloir d’information mesure 20 pieds x 36 pieds (6 x 11 mètres) et invite les élèves à circuler à l’intérieur d’un univers d’effets spéciaux et multimédias qui permet d’être témoin de l’évolution de la vie amoureuse du couple.

Quelques cas par mois

« Quand il y a des cas de crimes sexuels avec les téléphones intelligents, les directeurs d’école se retrouvent avec le problème sur les épaules. La consigne est de placer le téléphone du jeune dans une voute scellée. Le policier responsable de l’école se rend ensuite dans l’établissement pour rencontrer les jeunes et mener son enquête et ensuite transférer le dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPDP) », explique Dominique Simard, que j’ai rencontré dans les bureaux du SPS à Arvida.

L’agent de police confirme sans être précis qu’il y a quelque cas par mois de sextos et sexfies qui sont traités par les enquêteurs. « Je ne peux pas dire que c’est une tendance à la hausse, mais ce sont des infractions qu’on voit régulièrement », indique Dominique Simard.

Le cas de l’an dernier au Séminaire des Pères Maristes de Québec, où des élèves ont été trouvés coupables de leurre informatique en plus d’avoir partagé des photos à caractère sexuel d’adolescente, a fait couler beaucoup d’encre. Le ministre de l’Éducation a même demandé une enquête et a reconnu que les directions scolaires n’étaient pas outillées pour gérer ce genre de dossier qui n’aurait pas dû, selon lui, se rendre devant les tribunaux.

La lenteur des procédures et la judiciarisation du dossier ont permis la médiatisation des crimes, ce qui a eu des conséquences néfastes pour les jeunes victimes. Malgré la médiatisation des cas, les campagnes de sensibilisation et les trousses de travail mises en place dans les écoles, le partage de photos érotiques de filles entre garçons n’est pas sur le point de cesser.

Jeu risqué des sexfies

Pour en ajouter une couche sur le dossier du sextage, à l’heure où des campagnes de prévention et de sensibilisation à la cyberintimidation se déroulent dans nos écoles, la station VRAK.TV a publié sur son site web Vrak.tv et sur les réseaux sociaux, au début du mois de février, un article qui donnait 10 trucs pour réussir ton sexfie sans ruiner ta réputation. La publication a été supprimée à la mi-journée étant donné les réactions de quelques personnalités.

Prendre des égoportraits à moitié nue pour ensuite les envoyer à notre amoureux est un jeu de l’amour qui comporte des risques, car un jour l’amoureux va devenir un ex et il n’aura pas plus de jugement. Le meilleur conseil sur les égoportraits sexuels est venu de la part du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, en disant que le meilleur truc pour réussir son sexfie, « c’est de ne pas en faire du tout ».

Avec tout le marketing et la mise en marché de la beauté féminine qui se retrouvent dans tous les domaines de la société, ça va prendre des méchantes campagnes de sensibilisation pour faire comprendre aux filles de ne pas faire de sexfie. Il y a trop de gars pas fiables pour se laisser aller à ce genre de jeux sexuels.