Jean-Pierre Blackburn.

Sensible et poli, Blackburn veut servir

CHRONIQUE / Le chroniqueur Roger Blackburn s’est invité dans la course à la mairie de Saguenay, en prévision des élections municipales du 5 novembre. Il a passé une journée avec chacun des candidats pour vivre le quotidien d’une campagne électorale. Il a côtoyé Jean-Pierre Blackburn, le bon père de famille doté d’une grande sensibilité, Josée Néron, une femme organisée et structurée, Dominic Gagnon, un verbomoteur inspiré par les saines habitudes de vie, et Arthur Gobeil, l’anti-politicien à l’écoute du milieu. Une chronique par jour rédigée pour chacun d’eux.

Quand Jean-Pierre Blackburn entre dans un restaurant, il fait systématiquement le tour des tables. Il se présente, serre des mains, met les gens à l’aise, entame une conversation soit en leur racontant ce qu’il a fait dans les dernières heures ou en leur posant des questions. Il aime faire campagne, ça paraît.

« On fait de belles rencontres. Sur le plan humain, c’est enrichissant. De façon générale, les gens nous font un bel accueil, peu importe pour qui ils ont l’intention de voter. Ils répondent à nos questions et nous parlent de ce qui les préoccupe. J’aime ça aller vers les gens, mais ça me fait toujours de quoi quand quelqu’un refuse de me serrer la main. J’ai toujours eu de la sensibilité, heureusement que ça n’arrive pas trop souvent », confie le politicien d’expérience.

Il prend le temps de s’informer, demande aux gens où ils demeurent et aborde avec eux les différents enjeux de leur environnement. Il parle des politiques qu’il veut mettre de l’avant comme le transport gratuit dans les autobus de la STS et le 5000 $ de subventions pour des rénovations aux gens qui achèteront des maisons construites avant 1998.

La carte de Jonquière

La semaine dernière, il a rencontré, à Jonquière, les membres de l’Association québécoise des retraités, comme les trois autres candidats. Il aime bien parler de son projet de réaménagement du parc de la Rivière-aux-Sables, au coût estimé de 15 millions $, et les gens de Jonquière l’applaudissent quand il dit que l’arrondissement a été négligé ces dernières années. Il aime bien jouer la carte de Jonquière, ce qui ne manque pas de plaire aux gens du secteur.

J’ai passé une partie de la journée avec Jean-Pierre Blackburn, le lendemain du débat de Radio-Canada. Même si c’est un politicien d’expérience, il trouve que les débats tirent beaucoup d’énergie. 

« On ne se lance pas en politique pour faire des débats, mais je me prête au jeu. Je trouve qu’on n’a pas beaucoup de temps de réflexion pour répondre aux questions, mais je considère que je m’en tire assez bien. Je suis assez fier de ce que j’ai fait au débat télévisé », dit-il.

Jean-Pierre Blackburn ne refuse aucune entrevue. Sur l’heure du midi, au restaurant Pizza Rodi de Jonquière, il accordait une entrevue au journaliste de La Presse+ venu faire un bilan de l’après-Jean Tremblay. C’est un homme franc, il témoigne de ce qu’il sait et pose des questions pour mieux comprendre. 

Le Café jeunesse de Chicoutimi avait demandé une rencontre pour parler de son projet d’habitation communautaire pour les 18 à 30 ans. 

« Vous avez parlé à qui à la Ville ? Quelle réponse on vous a donnée ? Voici comment je vois votre projet... », discute le candidat qui agit souvent en bon père de famille avec les gens qui l’interpellent en prenant soin d’expliquer son point de vue.

Grande sensibilité

Jean-Pierre Blackburn refuse de revenir sur l’ancienne administration municipale avec les électeurs, il préfère parler d’avenir.

« Je ne suis pas un “gamiqueux”, je vais composer avec les élus qui veulent travailler avec moi », dit-il. Il promet aux gens de les accompagner dans leurs projets.

« Si vous tombez dans l’oubli, c’est votre devoir de venir voir le maire pour lui rappeler qu’un projet est toujours dans l’air », leur conseille-t-il en montrant beaucoup d’écoute.

Homme d’une grande sensibilité, gentil, poli et aimable, il parle de sa conjointe comme sa Douce. 

« Ce n’était pas son choix que je me présente comme candidat à la mairie, mais elle me supporte et me surprend de jour en jour », raconte le père de deux enfants. 

Sa Douce l’aide à conjuguer travail-famille, mais il trouve toujours difficile de parler à ses deux petits-enfants par Skype, car son fils travaille à Edmonton, en Alberta.

Jean-Pierre Blackburn a le goût de diriger Saguenay. « Je me vois à côté de Régis Labaume à Québec et Denis Coderre à Montréal (s’ils sont élus) pour faire valoir Saguenay, la capitale du Nord. J’aime ça des projets, j’en mange », de confier le candidat indépendant.