Sébastien Lessard a pris l’initiative de fonder une troupe de scouts à Larouche pour transmettre ces valeurs traditionnelles aux enfants de 5 à 7 ans.

Scout un jour, scout toujours

CHRONIQUE / Un éclaireur de longue date, originaire de Dolbeau, a décidé de former une troupe de scouts dans le village de Larouche. « Ce n’est pas la nouvelle de l’heure », m’écrit Sébastien Lessard dans un courriel, « mais si vous souhaitez en parler ce serait grandement apprécié », ajoute-t-il.

L’idée a piqué ma curiosité, je croyais que le mouvement scout était chose du passé. « J’ai deux enfants, un garçon de sept ans et une fille de quatre ans et comme parents, on cherche toujours des activités pour les occuper et leur faire découvrir différents intérêts », lance celui qui été louveteau et éclaireur dans sa jeunesse.

« Mon fils a assisté à une réunion des scouts à Jonquière il y a quelques mois et, de retour à la maison, il avait plein de choses à raconter. Il ne voulait plus aller à l’école, il voulait faire du scoutisme », raconte le père de famille en riant, ravi que son fils ait apprécié sa soirée consacrée au bricolage.

« C’est un mouvement qui permet le développement personnel des jeunes, qui leur donne confiance en eux alors que leur progression dans la vie, dans différents domaines, est récompensée par des badges qu’ils cousent sur leur veste. Nous avons déjà recruté 12 garçons et filles de 5 à 7 ans à Larouche pour former une troupe de castors. La municipalité nous a trouvé un local, nous sommes parrainés par le Club optimiste et nous avons un comité de parents », explique Sébastien Lessard, qui tiendra la première réunion des scouts en septembre.

Ça facilite l’adolescence
Pour ma part, le scoutisme a été très bénéfique dans ma préadolescence. J’étais membre de la 27e troupe Saint-Joachim à l’époque. Nous étions une vingtaine de jeunes, nous avions un local au sous-sol de l’église et on se rencontrait tous les samedis matin pour la rencontre hebdomadaire et un soir ou deux par semaine pour la pratique d’activités sportives.

La préparation des camps d’été était toujours un long processus. Les quatre patrouilles, les Aigles, les Ours, les Panthères et les Loups devaient trouver un thème. Souvent, c’était la guerre, les Romains contre les Gaulois, les cow-boys contre les Indiens ou les Allemands contre les alliés. On devait présenter notre thème, documenté, devant la troupe avec des maquettes ou des saynètes de théâtre. On partait ensuite se battre dans le bois avec des fusils à l’eau.

On vérifiait les équipements de camping, on allait faire réparer les tentes chez le cordonnier, et on allait monter notre campement au domaine du scoutisme, sur les terres de Conrad Martel à L’Anse-Saint-Jean, sur le chemin qui mène aujourd’hui au Mont-Édouard.

Les jeunes décidaient de ce qu’ils voulaient faire et les parents, avec notre chef Daniel Villeneuve à l’époque, prenaient les moyens pour que ça se réalise. On nous confiait des responsabilités et des tâches à accomplir dans le cadre de nos projets. On fabriquait nos costumes et nos engins de guerre. Je me souviens qu’on avait fabriqué des catapultes pour lancer des balounes pleines d’eau dans un célèbre combat des Romains contre les Gaulois.

Développer ses qualités personnelles
Le scoutisme m’a permis de développer de belles amitiés, d’avoir un contact avec la nature, de développer un goût pour le plein air. Ça m’a permis de développer des qualités comme le travail en équipe, le leadership, l’estime de soi, la confiance en soi et différentes habiletés dans plusieurs domaines.

J’entends encore souvent aujourd’hui des gens se moquer des scouts en culottes courtes, mais la plupart des gens qui ont fait partie de ce mouvement sont fiers de le souligner à l’âge adulte. Ça me réjouit de savoir que le mouvement n’est pas complètement éteint et j’espère que les gens de Larouche sauront profiter des belles valeurs d’entraide du scoutisme.

« Les castors débuteront cette année, mais nous avons l’intention de créer une troupe de louveteaux pour permettre aux jeunes qui auront 8 à 12 ans de continuer dans le mouvement », exprime Sébastien Lessard qui sera animateur de la troupe avec trois coanimatrices.

L’initiateur du mouvement scout à Larouche soutient que ce sont toujours les mêmes valeurs qui sont mises de l’avant, inspiré par le fondateur Robert Baden-Powell, un soldat britannique qui a voulu mettre en valeur le travail des éclaireurs.

Fierté brodée sur le cœur
Vous ne pouvez pas vous imaginer comment c’est motivant et gratifiant, pour un jeune, de recevoir une badge après avoir complété le développement d’une compétence. On se sent tellement bon et important, c’est le principe de la récompense, et on ressent beaucoup de fierté quand le chef de troupe nomme notre nom lors de la cérémonie de remise des badges. On se lève devant nos amis pour recevoir notre badge de la main de notre chef avec une poignée de main et des félicitations, ça fait du bien de se sentir important.

Que ce soit la badge du curieux, du débrouillard, du travail d’équipe, de la baignade, de la bonne humeur, de l’implication, de l’explorateur, du musicien, du sportif, peu importe les qualités que vous avez développées, ça demeure que c’est de la fierté que votre maman aura cousu sur votre uniforme et ça reste dans le cœur toute une vie.

Bonne chance aux scouts de Larouche.