Vladimir Antonoff de la microbrasserie l'HopEra de Jonquière, Michaël Boily de l'Érudit café et Félipé St-Laurent, des passionnés passionnants.

Savoir, amour et passion sur l'étiquette

CHRONIQUE / Quel bonheur de se retrouver dans un café situé sur la rue Racine Ouest, dans le bas de la ville. Quand j'étais jeune, certains parents des quartiers riches de Chicoutimi disaient à leurs enfants de ne pas traverser la rue Saint-Anne, au centre-ville, la rue qui sépare l'Est de l'Ouest. La rue Racine Ouest et les rues environnantes n'étaient pas recommandables disait-on, c'était un peu le Bronx de Chicoutimi.
Michaël Boily et ses partenaires d'affaires sont très heureux d'offrir leurs cafés, leurs vins d'importation privés et leur spiritueux dans cette maison centenaire. « Il nous a fallu un an pour préparer nos locaux. Nous ne cuisinons rien ici, nous offrons des fromages, des charcuteries, des sandwichs et des produits de nos fabricants locaux. Cette maison située en plein coeur du centre-ville de Chicoutimi est un endroit extraordinaire et nous avons respecté l'architecture intérieure en conservant toutes les boiseries et tous son cachet original », vante le tenancier.
Michaël Boily de l'Érudit café à ouvert les portes de son nouveau commerce dans l'anciennen maison d'accueil de Chicoutimi au 24, rue Racine Ouest.
L'Érudit café situé dans l'ancienne maison d'accueil de la Ville de Chicoutimi au 24 rue Racine Ouest accueillait mardi le roi de la saucisse au Québec Félipé St-Laurent qui est sur les routes du Québec pour rencontrer de grands chefs pour son émission de Zeste télé et faire découvrir des endroits qui sortent de l'ordinaire dirigés par des gens hors de l'ordinaire.
« C'est ma cinquième visite ici au Saguenay. C'est Vlad (Vladimir Antonoff) de la microbrasserie l'HopEra de Jonquière qui me fait découvrir des passionnés et des gens au grand coeur. Prends ici dans ce café, tout est magnifique, on se croirait au Ritz-Carlton ou dans un édifice de Westmount, c'est à couper le souffle. Regarde ce café, je le mangerais avec une cuillère et une fourchette, c'est du sérieux », s'exclame l'épicurien qui recherche les gens avant des endroits.
« Ce qui m'étonne ici avant tout c'est la gentillesse des gens. Il y a vraiment deux réalités entre Montréal et les régions. Ici j'ai l'impression qu'on a de belles discussions de coin de rue, les gens vont plus loin que la vente de leur produit, font plus que le commerce en demande, c'est beaucoup plus sympathique que dans les grands centres », convient le propriétaire de l'entreprise « Ils en fument du bon », un concept de charcuteries haut de gamme à la couleur de son propriétaire.
En virant une brosse
« Quand j'ai rencontré Vlad de l'HopEra, ça a commencé par un coup de téléphone et je me suis tapé cinq heures de route pour venir le rencontrer. On a un goût pour l'alcool en commun et on a viré une brosse solide, on a fêté comme des Vikings. Ensuite on a fait une bière ensemble et depuis ce temps, il me fait découvrir les beautés artisanales de sa région », raconte l'animateur et charcutier.
C'est vrai que l'alcool fait partie des moeurs au Québec. Le vin, la bière et les spiritueux coulent à flots et des événements comme le festival des vins et le festival de la bière ont depuis longtemps supplanté le festival du bleuet, le festival de la patate et le festival de la gourgane. « De nombreux projets ont pris naissance derrière une bière au Québec », convient Félipé St-Laurent.
L'animateur qui est en mission pour débusquer le terroir québécois croit que les petits artisans occuperont de plus en plus de place au Québec. « Si on regarde l'industrie des microbrasseries présentement, ça mousse de plus en plus dans toutes les régions, il y a une tonne de producteurs. Et bien tenez-vous bien, il va y en avoir deux et trois tonnes de plus à l'avenir. Les petits artisans seront encore plus nombreux et après ça vous allez voir exploser les distilleries, nous sommes déjà les meilleurs dans bien des domaines à cet égard », fait valoir celui qui s'est taillé une place avec ses charcuteries artisanales.
« J'ai commencé à vendre mes saucisses dans mon char il y a quatre ans. J'aurai pu signer un contrat avec des supermarchés d'alimentation et distribuer en grande quantité partout au Québec et faire une passe d'argent, mais j'ai préféré aller à la rencontre des gens, côtoyer des artisans producteurs, je crois que ça goûte meilleur », dit-il.
L'avenir aux artisans
« Quand les produits sont de qualité et que même si les ingrédients savoir, amour et passion ne sont pas écrits sur l'étiquette, les consommateurs québécois ne chialent pas longtemps et ça leur fait plaisir de payer un peu plus cher pour de la qualité, pour le goût du terroir », estime-t-il précisant tout de même que les grandes surfaces de l'alimentation occupent toujours les principales parts de marché.
Comme pour le vin, les produits sont meilleurs quand on rencontre les producteurs et les artisans. Dans sa virée, Félipé St-Laurent, outre L'Érudit café, a visité le Temaki Sushi (dans le top-5 du Québec selon lui), la Distillerie du fjord de Falardeau, la microbrasserie l'HopEra de Jonquière et la Boucannerie d'Henri à La Baie.