Rodrigue Langevin a laissé sa trace dans l’histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le domaine sportif et dans l’industrie touristique.

Rodrigue Langevin: un homme inspirant

CHRONIQUE / Les funérailles de Rodrigue Langevin ont été célébrées dimanche midi à l’Alliance funéraire du Royaume à Chicoutimi. Son épouse, Adèle Copeman, lui a rendu hommage devant une centaine de personnes.

Rodrigue Langevin a laissé une trace indélébile de son passage dans la région en tant qu’athlète, comme professeur en éducation physique, pour l’organisation des Jeux Timi en 1972 à Chicoutimi, pour les Jeux du Canada en 1983, pour la sécurité dans les sports et dans le tourisme régional.

Originaire de Kénogami, il s’est démarqué dès son jeune âge comme joueur par excellence au hockey et au baseball. Il a connu les années d’or du baseball senior régional dans les années 1960 alors qu’il jouait aux côtés de coéquipiers comme Jean-Yves Loubier, Yves Tremblay, Claude Lizotte, Bernard Langlois, Gaston Sénéchal, Yvon Pilote, Paul Dufour, Jean-Paul Collard, André Ringuette, Yvon Pilote et Gerry Tremblay.

Un sportif naturel

« Il était frappeur ambidextre, mais ce n’était pas naturel chez lui. Il était droitier, et je me rappelle qu’il a passé un été à s’entraîner à frapper de la gauche. Pour lui, c’était une question stratégique, il voulait déstabiliser les lanceurs et il excellait à toutes les positions » a témoigné Gilles Angers, un ami de longue date qui était présent aux funérailles.

« Quand ma fille Claude est née, il a frappé deux coups de circuit pour souligner sa naissance », a rappelé son épouse Adèle Copeman dans l’adresse qu’elle a prononcée devant les amis et les proches. Elle a rappelé ses qualités de sportif, de son goût pour la lecture, la science, la musique et la philosophie.

Au début des années soixante, Rodrigue Langevin faisait partie des premiers éducateurs physiques à graduer de l’Université d’Ottawa, pour entamer une carrière d’enseignant. Il a été représentant provincial de la Fédération des éducateurs physiques.

Jeux du Québec

En 1972, il était directeur général de Finale des Jeux du Québec à Chicoutimi. « Le dossier de candidature de l’été 1972 a été soumis par un groupe d’hommes d’affaires de Chicoutimi composé de Marcel Claveau, Gaston Sénéchal, Jean Laflamme et Jean-Paul Lessard. L’événement d’envergure provinciale qui en était à sa troisième édition était dirigé par Rodrigue Langevin. Même 42 ans (47 ans en 2019) après la présentation d’une Finale des Jeux du Québec à Chicoutimi, les jeunes sportifs de cette ville en bénéficient encore. Depuis 1975, la Fondation Timi, créée avec les surplus de la Finale de 1972, offre annuellement des bourses aux athlètes de Chicoutimi. L’événement avait réuni un peu plus de 3000 athlètes et 3000 bénévoles dans le Centre Georges-Vézina pour la cérémonie d’ouverture», peut-on lire dans un cahier souvenir célébrant les 40 ans des Jeux du Québec réalisé par Le Droit d’Ottawa.

Rodrigue Langevin a été un des premiers commissaires à siéger sur la Régie sur la Sécurité dans les sports.

Le président de l’époque Gilles Néron, un homme originaire de Kénogami qui était présent lors des funérailles, avait recruté Rodrigue Langevin. Je le connaissais personnellement et je connaissais ses grandes capacités. C’est avec lui qu’on a jeté les bases de la sécurité dans les sports au Québec », a-t-il relaté.

Tourisme européen

En 1976, il a travaillé en collaboration avec Normand Delisle, Laval Ménard et Gilles Delisle du Pavillon sportif de l’UQAC pour l’arrivée de l’équipe de hockey universitaire Les INUK. Il a également participé à la tenue des Jeux du Canada dans la région.

Il est ensuite devenu fermier avec la maraîchère de Saint-Fulgence. C’est lui qui a fait découvrir le fjord aux investisseurs français qui ont développé la pourvoirie Cap au Leste sur la rive nord du Saguenay. Il a également été gestionnaire du site touristique de Bardsville à Sacré-Coeur pendant deux ans. Il fut parmi les premiers acteurs touristiques à développer le tourisme européen dans la région.

« Rodrigue s’est tourné vers la terre en fin de carrière, car il savait qu’il devait se mettre à genoux pour faire pousser et cueillir des légumes. C’était un homme inspirant qui arrivait à influencer les gens autour de lui », de confier avec émotion le « bat boy » de l’équipe de baseball des années 60, Jean-Rock Achard, qui assistait aux funérailles dimanche midi à Chicoutimi.