Le party des années 90 à l’hôtel Le Montagnais a attiré 1500 personne en 2017. En mortaise, on reconnait le promotteur Robert Hakim, en 1990.

Retour à l’époque du Tamagotchi

CHRONIQUE / Le promoteur Robert Hakim récidive avec son Party des années 1990, samedi prochain, à l’hôtel Le Montagnais. « Tant que les gens ne s’essoufflent pas, on va continuer à l’organiser, tout comme celui des années 80. C’est l’événement le moins difficile à organiser », finit-il par avouer, lors d’une rencontre dans son bureau orné de photos de Paul McCartney.

« On choisit une date et un endroit et ça part en fou sur les réseaux sociaux. Les billets s’envolent comme des petits pains chauds et les gens s’approprient l’événement. Sur la page Facebook du party, les participants écrivent des commentaires, se relancent entre eux, se rappellent des souvenirs, publient des photos de l’époque et suggèrent les chansons qu’ils veulent entendre », fait savoir le promoteur, avouant que l’élément nostalgie mobilise bien du monde.

Le party des années 90 à l'hôtel Le Montagnais a attiré 1500 personne en 2017. Courtoisie Rober Hakim

Musique et retrouvailles

« La soirée est axée sur la musique, mais c’est aussi et surtout une occasion de retrouvailles. Ceux qui sortaient dans les bars à cette époque vont se retrouver sur la piste de danse. Musicalement, ce fut une belle décennie avec les Spice Girls, REM, les Backstreet Boys, Greenday, Britney Spears, Nirvana et U2 », rappelle Robert Hakim.

Au Québec à cette époque, on carburait avec les Colocs, Les BB, Céline Dion et le Titanic, Le plus fort c’est mon père de Linda Lemay, Tue-moi de Dan Bigras, Sauvez mon âme de Luc De Larochellière, Tu m’aimes-tu de Desjardins, 1990 de Jean Leloup et N’importe quoi d’Éric Lapointe. On chantait aussi Tomber la chemise de Zebda et La tribu de Dana pendant que nos enfants jouaient au Tamagotchi. C’était l’époque des pagettes (téléavertisseurs), le monde se trouvait esclave avec ce bidule qui permettait de nous rejoindre en tout temps. La population n’avait aucune idée qu’un jour, Facebook et Google seraient au cœur de nos vies.

Le party des années 90 à l'hôtel Le Montagnais.

Une bonne dizaine pour le cinéma

On va s’entendre, ce n’est pas la décennie du siècle, mais quand même, dans ces années-là on écoutait La petite vie à la télé le dimanche soir, en plus de suivre Les filles de Caleb au petit écran. Lucien Bouchard a fondé le Bloc québécois, il y a eu le référendum de 1995, la crise d’Oka, la dernière Coupe Stanley du Canadien, la fin du groupe Rock et Belles Oreilles, la vente des Nordiques de Québec pendant que Jacques Villeneuve gagnait des Grands Prix de Formule un à travers le monde. C’est aussi la décennie du déluge du Saguenay avec le Bye Bye en direct de Chicoutimi.

L’industrie du cinéma nous a fourni quelques chefs-d’œuvre au cours de cette décennie. Tom Hanks nous a livré Forrest Gump, Il faut sauver le soldat Ryan, La ligne verte et Apollo 13. Kevin Costner propose Il danse avec les loups et JFK. Robin William occupe le grand écran avec Capitaine Crochet, Jack, Jumanji, Madame Doubtfire, Le destin de Will Hunting et le docteur Patch Adam. C’est aussi la décennie de Jurassik Parc, Le jour de la marmotte, Titanic, La Liste de Schindler, À l’ombre de Shawshan et l’inoubliable Dîner de con. Les photos de Léonardo Dicaprio et Keanu Reeves tapissent les murs des chambres à coucher des jeunes adolescentes pendant la décennie 90.

Le promoteur Robert Hakim en 1990.

Il y a assez de contenu pour faire un party, étant donné que c’est aussi la dernière décennie des discothèques et les gens de cette époque en sont un peu nostalgiques. « Il n’y a plus d’endroit où les gens peuvent se retrouver pour danser. Le party des années 90 permet ce genre de folies que les gens souhaitent retrouver », estime Robert Hakim, qui a été propriétaire de bar à cette époque.

« Il y a aussi le phénomène de la rareté. Ça arrive une seule fois dans l’année, donc si tu manques cette soirée, il faudra attendre à l’an prochain. Alors les gens se préparent sur les réseaux sociaux et en profitent pour faire une grande sortie en ville. Ils sortent en groupe au restaurant avant le party, les salons de coiffure ont beaucoup de rendez-vous la journée même du party, les gens se déguisent, il y a vraiment un buzz en ville ce soir-là », assure Robert Hakim, qui avoue candidement ne pas avoir le contrôle sur cette soirée.

« Les participants prennent le contrôle de la piste de danse et ça n’arrête pas jusqu’à deux heures du matin. Ça chante, ça danse, ça prend des photos avec leur téléphone, ça rit, les gens ont du fun. C’est l’événement qu’on a le plus de plaisir à organiser, on s’amuse autant que les participants », termine le nostalgique dans l’âme.