Résolution de découvrir

CHRONIQUE / Je l’ai prise au moins une dizaine de fois sans jamais la tenir, alors à quoi bon se conter des histoires. Je me revois au gym avec mes culottes courtes et mon t-shirt, chaussé de mes espadrilles blanches, en train de faire de la bicyclette stationnaire en regardant RDI sur la télé accrochée au plafond.

L’expérience durait de deux à trois semaines seulement, avant que je manque des rendez-vous et que je finisse par abandonner. J’étais pourtant très motivé au départ, mais la persévérance n’y était pas. Je finissais par perdre mon investissement. J’ai toujours résisté à faire l’achat d’équipements pour la maison, sachant très bien qu’ils allaient finir sous le lit, dans le placard ou dans une vente de garage.

Cette année, je prends la résolution de découvrir de nouveaux endroits dans la région et de vivre de nouvelles expériences. Malgré le fait que j’ai grandi ici et que je compte plus de 30 ans de carrière au journal, je n’ai jamais visité le Musée de la Défense aérienne de Bagotville, je n’ai jamais mis les pieds au Musée du Poste de traite de la Métabetchouane de Desbiens et je n’ai jamais vu le Centre d’histoire Sir-William-Price de Jonquière.

Je me promets donc de visiter ces trois sites et d’en faire l’objet d’une chronique, une résolution du Nouvel An qui ne devrait pas être difficile à réaliser. C’est tout de même incroyable. Moi qui ai toujours considéré la route des fourrures comme l’un des éléments essentiels de l’histoire de la région, je n’ai jamais pris la peine d’arrêter au Poste de traite de la Métabetchouane. J’ai pourtant visité avec grand intérêt ceux de Tadoussac, de Chicoutimi et de l’Ashuapmushuan, mais pas celui du Lac, même si je passe en face plusieurs fois par été. Allez donc comprendre ; je corrigerai ce manque à ma culture cet été.

Je prends aussi la résolution de vivre des expériences différentes en 2019. Par exemple, je n’ai jamais participé au Festival du cowboy de Chambord. Je vais y faire une virée pour au moins voir une activité de rodéo. La dernière fois, c’était au Festival western de Dolbeau et je devais avoir 20 ans.

Je prends aussi la résolution de fréquenter de nouveaux restaurants. On a souvent l’habitude de marcher dans les mêmes trails, d’aller aux mêmes endroits, par habitude, parce que le personnel nous connaît, parce qu’on sait à quoi s’attendre. Je prends la résolution en 2019 de découvrir de nouvelles adresses pour sentir de nouvelles odeurs, voir de nouveaux décors, pour apprécier de nouvelles ambiances. La nouveauté est une belle sensation, et je vous en souhaite un paquet pour l’année qui vient de commencer.

Une autre résolution que j’entends respecter en 2019 est de prendre mon temps. Prendre le temps. À quelques occasions, j’ai pris le temps, l’an passé, d’aller chez le fermier pour y acheter des produits frais. Ça goûte meilleur dans la bouche quand les légumes passent directement de la terre à la table, sans avoir parcouru des milliers de kilomètres à bord de bateaux ou de camions.

Prendre le temps de passer au kiosque fermier, c’est prendre du temps pour soi, et ça fait du bien à l’âme, beaucoup plus que de pousser un panier dans le département des légumes du supermarché. J’ai l’intention en 2019 d’élargir mes connaissances en matière d’agroalimentaire régional, car il se fait plein de bonnes choses et on en connaît trop peu.

Je vous souhaite, à vous, en 2019, de mieux connaître votre coin de pays, passez par les rangs au lieu de rouler sur la route principale, allez vous promener dans les nouveaux quartiers ou dans ceux que vous ne connaissez pas.

Tournez à gauche, si vous avez l’habitude de tourner à droite, allez vous perdre dans la ville voisine, allez marcher ailleurs qu’au même endroit de vos habitudes.

Pas de changement, pas d’agrément, disait quelqu’un qui n’aimait pas l’ennui.

Je nous souhaite aussi de belles histoires à vivre, de belles histoires à raconter. C’est ce qui nous reste de plus précieux. Je vous souhaite audace, changement, bonheur, plaisir et santé. Ne ménagez pas votre monture pour le retour, profitez en tant que ça dure.

Bonne année !