Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
Des zones de distanciation ont été aménagées à l’extérieur pour séparer les groupes de classe.
Des zones de distanciation ont été aménagées à l’extérieur pour séparer les groupes de classe.

Rentrée scolaire: enfin les amis!

CHRONIQUE / Les enfants, les enseignants et le personnel du Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay avaient tous hâte à cette rentrée scolaire 2020.

Les professeurs et les directions avaient prévu accueillir les élèves à l’extérieur pour regrouper les classes et les diriger lentement vers leurs locaux, mais une pluie diluvienne a forcé la mise en place du plan B à l’école Jean-Fortin de Saint-Honoré.

Les élèves ont été accueillis à l’intérieur, pour ensuite être dirigés dans leur classe. Il y avait un peu de renoncement dans les yeux des parents qui conduisaient leur enfant en classe. « Vas-y ma fille, je n’ai pas le droit d’y aller avec toi. Entre dans l’école, ils vont te dire quoi faire, let’s go », lance une maman, derrière la clôture, à sa petite qui entre en première année.

Des sourires et des pleurs

On voyait des jeunes avec le grand sourire qui saluaient des amis. « On est dans la même classe, c’est super », pouvait-on entendre de la cour de récréation. Des parents appuyés sur la clôture observaient la scène. « C’est un peu émotif, d’habitude on les accompagnait jusque dans leur classe. Là, on doit les laisser s’organiser tout seul. On se prive de ce moment, car ça n’aurait pas été possible de respecter une distanciation avec les parents dans les classes. Ils vont à l’école pour acquérir de l’autonomie, qu’ils disent; eh bien! ils sont autonomes ce matin », convient cette maman qui n’avait pas le choix, pandémie oblige.

À l’autre bout de la cour de récréation, un papa laisse aller sa fille qui court rejoindre sa mère qui l’attendait sur le trottoir. On imagine un couple séparé qui se partage la garde des enfants. Dans un autre coin, on remarque une maman qui console sa fille en larmes qui ne veut pas aller à l’école en ce matin de rentrée. Juste devant la porte de l’école, des professeurs et la directrice aident une maman. Son garçon refuse de la laisser et ne veut pas entrer. Le personnel attentionné prend la situation en main. La maman me dit que c’est comme ça depuis trois ans pour son fils. « Ça va se placer, il va aller dire bonjour à la secrétaire, ça va le rassurer », dit-elle avec le coeur serré.

Marie-Josée Villeneuve, directrice de l’École Médéric-Gravel et du pavillon Au Millénaire à La Baie.

Au débarcadère des autobus scolaires, un chauffeur klaxonne et fait savoir à un enseignant masqué qu’il n’a pas pu faire sa « run » au complet parce qu’il y avait un fil électrique tombé dans la rue. Ça fera partie de la liste d’imprévus à gérer pour la journée.

Notre métier ne nous amène pas souvent dans la cour d’école des jeunes, mais je dois avouer que c’est beau de voir une bande de marmots, pas plus haut que trois pommes, avec leur sac à dos et des imperméables de toutes sortes de couleurs, s’aligner pour aller en classe. Les cris et les rires des enfants ont quelque chose de vivifiant.

Des jeunes habitués à la pandémie

À 10h, la directrice du pavillon Au Millénaire et de l’école Médéric-Gravel, à La Baie, nous attendait à l’extérieur pendant la récréation du matin pour faire le point sur ce moment important de la rentrée automnale.

« Les enfants étaient contents. Il y a des amis qui ne s’étaient pas vus depuis cinq mois », met en relief la directrice d’école, Marie-Josée Villeneuve. Joie, bonheur, sourire et bonne humeur sont les sentiments qui régnaient ce matin. »

« Des mesures adaptatives ont été mises en place. Il n’y a pas de distanciation dans les classes titulaires, mais nous avons pris des mesures dans les aires communes pour que les jeunes ne se rencontrent pas », explique la directrice.

La rentrée scolaire à l’école La Source de Saint-Honoré a été perturbée par une pluie abondante.

« Nous avons installé des tables pour les services de garde pour séparer les enfants et nous avons créé des sous-familles qui peuvent se côtoyer. Les élèves de 3e et 4e années, par exemple, peuvent se côtoyer dans les services de garde », dit-elle.

À l’extérieur, des zones de distanciation ont été délimitées pour séparer les groupes de classe, de sorte que les élèves peuvent s’amuser seulement avec ceux de leur groupe.

« Ce ne sont pas des règles qui étonnent les enfants. Ils sont habitués des mesures à prendre quand ils vont à l’épicerie ou dans les commerces avec leurs parents. Ils sont habitués de se laver les mains en entrant et sont aussi familiers avec des adultes qui portent des masques. Ils n’en font pas de cas », fait valoir Marie-Josée Villeneuve.

« On sent que tout le monde fait le nécessaire pour que ça fonctionne bien. Les élèves, les professeurs, les parents et le personnel sont mobilisés dans le même sens », fait-elle remarquer.

Une rentrée réussie

Selon la porte-parole du Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay, Claudie Fortin, la rentrée s’est bien déroulée pour les 11 061 élèves qui retournaient sur les bancs d’école mardi matin. « La pluie a compliqué un peu les choses pour l’heure de la rentrée, mais pour l’ensemble des 32 écoles primaires et des quatre écoles secondaires, tout s’est bien déroulé », assure-t-elle. Seulement 41 élèves sont demeurés à la maison et ne se présenteront pas en classe, soit pour des raisons de santé ou en raison d’une décision personnelle des parents.

La rentrée se déroulera au cours de la semaine prochaine pour les trois autres centres de services scolaire de la région. Les 32 530 élèves retrouveront un semblant de vie normale, malgré les contraintes de la crise sanitaire.