L’auteure-compositrice-interprète Marisol-Josée Beauchesne et la coordonnatrice de la bibliothèque de Sainte-Rose-du-Nord, Marie-Josée Paradis, préparent l’événement Je me souviendrai, lequel sera présenté le samedi 14 décembre, à 11 h 30.

Rencontres intergénérationnelles à La-Descente-des-Femmes

CHRONIQUE / « Je me souviendrai. » C’est le titre de l’événement hommage au temps passé qui se tiendra le samedi 14 décembre à la bibliothèque de Sainte-Rose-du-Nord.

La coordonnatrice de la bibliothèque a eu la bonne idée d’envoyer les jeunes du primaire piquer une jasette avec leurs grands-parents pour découvrir ce qui s’est passé dans leur passé.

« Nous avons demandé à un groupe de 23 jeunes de la maternelle à la sixième année d’organiser une rencontre avec leurs grands-parents pour leur poser une trentaine de questions sur leur vie d’antan. Les questions étaient très variées : quelle musique ils écoutaient, qu’est-ce qu’ils mangeaient, leur travail, leurs déplacements, leurs loisirs, des confidences sur leur vie amoureuse, s’ils croyaient aux fantômes, aux extra-terrestres, etc. Nous leur avions préparé un petit guide avec une trentaine de questions pour alimenter notre projet d’histoire », fait savoir Marie-Josée Paradis, initiatrice de l’exposition.

Les vieux de l’époque ne connaissaient rien des extra-terrestres et vivaient principalement de chasse et de pêche. Le travail forestier et l’agriculture font partie de leurs souvenirs passés.

« Les jeunes nous ont rapporté de vieilles expressions et des vieux mots qui ne se disent plus aujourd’hui, comme godendard », rapporte Marie-Josée Paradis.

En parole et en musique

Les auteurs-compositeurs-interprètes Ovide Coudé et Marisol-Josée Beauchesne ont passé deux semaines intensives à parcourir les notes recueillies par les enfants auprès de leurs grands-parents pour composer huit chansons originales qui seront présentées samedi.

« Nous racontons en parole et en musique la teneur historique des propos recueillis par les jeunes. On a mis ça ensemble et nous le racontons durant 30 minutes », explique Marisol-Josée Beauchesne, qui était à la bibliothèque, jeudi après-midi, pendant l’installation de l’exposition.

Les artistes se sont également inspiré du livre Le rêveur de la Descente des Femmes, écrit par Jean-Claude Grenon et Agnès Villeneuve. J’ai d’ailleurs appris, dans le cadre de cette rencontre, que le vrai nom du village de Saint-Rose-du-Nord était La-Descente-des-Femmes. Le toponyme Descente des Femmes est indiqué en 1801 dans le journal de Neil McLaren, commis au poste de Chicoutimi de la Compagnie de la Baie d’Hudson. On peut le constater à la page 109 du livre Quatre années dans la vie du poste de traite de Chicoutimi (1800-1804), de l’auteure et historienne Russel-Aurore Bouchard. Le nom Descente des femmes est consigné les 9 et 10 août 1801.

En l’honneur de Rose de Lima

C’est en 1901 que les autorités ecclésiastiques, qui trouvaient ce toponyme inapproprié, ont donné le nom de Sainte-Rose de Lima au village, en l’honneur de Rose de Lima (Isabel Flores de Oliva) – la première sainte du Nouveau Monde, une religieuse de Lima, au Pérou.

Les artistes ont identifié au moins six légendes pour déterminer l’origine du nom La-Descente-des-Femmes. Quelques-unes sont d’origine autochtone. Les hommes pêchaient le saumon sur le bord du Saguenay et les femmes se laissaient glisser sur les fesses du haut de la montagne pour rejoindre leurs hommes. Une autre raconte que des femmes autochtones portagaient un canot à travers les bois et sont sorties à cet endroit pour naviguer sur la rivière. Ce nom se retrouve sur des cartes datant de 1825.

C’est le 1er janvier 1942 que la Commission municipale recommandait la création de la municipalité de la paroisse de Sainte-Rose-du-Nord. Il ne reste de La-Descente-des-Femmes que le nom d’une rue dévalant une grande côte jusqu’à l’anse de la Descente des Femmes dans le Saguenay.

Pour partager l’oralité de l’histoire, l’événement qui porte sur le patrimoine, la transmission de connaissances et l’intergénérationnalité, auquel ont participé les musées de la Nature (Agnès Villeneuve), du Patrimoine (Laval Villeneuve), Guy Villeneuve et Frédéric Villeneuve, n’aura lieu qu’une seule fois. II commencera par une prestation musicale à 11 h 30, suivie de l'exposition jusqu'à 17 h. Après 17 h, cette exposition de photos, d’objets et de tableaux, bref cet hommage au temps passé, fera partie... du passé.