Le Marché Goodfood est un concept intéressant pour les couples sans enfant et les personnes seules.

Recettes pré-préparées à cuisiner

OPINION / Je reçois un courriel de ma fille de 30 ans qui vit à Montréal. « Elle reçoit des ingrédients frais et des recettes originales chaque semaine du Marché Goodfood et a pensé que vous aimeriez cuisiner avec nous aussi. Le Marché Goodfood rend la cuisine facile en livrant tous les ingrédients dont vous avez besoin en proportions exactes pour préparer des repas délicieux à la maison. Elle vous a envoyé une livraison gratuite de la part du Marché Goodfood ! Pour recevoir votre livraison gratuite, suivez le lien ci-dessous pour créer un compte. Il n’y a pas d’obligation à continuer après l’essai gratuit. »

Mon premier réflexe a été de supprimer le courriel. Ben voyons, voir que je vais me faire livrer, à partir de Montréal, une boîte avec trois gousses d’ail, deux carottes, un oignon, une pincée de paprika fumé et deux cuillerées à thé de vinaigre balsamique avec de la viande emballée sous vide.

Pour la curiosité

Mais bon, par curiosité, comme j’aime bien cuisiner, j’accepte l’offre gratuite et je commande des repas pour deux autres semaines, au coût de 65 $ par boîte. Leur site Internet est très bien fait, et les photos sont très appétissantes. Je sélectionne donc trois repas : poulet au paprika fumé avec kalettes et pois chiches croustillants, banh mi au porc avec légumes marinés et mayonnaise épicée, et aiglefin en croûte d’olive avec risotto d’orge et fenouil rôti.

Le mardi suivant, je rentre à la maison après le travail et je trouve une boîte sur le perron. J’avais hâte de voir comment tout ça s’était comporté pendant la livraison. J’ouvre la boîte de carton pour découvrir qu’il s’agit d’une glacière, une boîte isotherme, et que tous les aliments peuvent être gardés au froid. Les pièces de viande et de poisson sont placées au fond de la boîte, et les sacs de glace («ice packs») par-dessus. Le reste est emballé dans des sacs de plastique, un repas par sac.

Honnêtement, j’ai été surpris. C’est vraiment bien fait. Le poulet est emballé sous vide, le paprika et les kalettes étaient dans de petits sachets transparents, et les pois chiches dans la boîte de conserve. Je n’avais aucune idée de ce qu’était de la kalette (chou frisé non pommé, un croisement entre le kale et le chou de Bruxelles). Je n’avais, non plus, jamais cuisiné du fenouil.

Facile à préparer

Les recettes, simples, sont très bien indiquées avec les étapes de préparation bien illustrées. C’est facile, il suffit de suivre les instructions, alors que tous les ingrédients sont mesurés selon les quantités. Comme disait l’autre : « Si tu sais lire, tu sais cuisiner ». Il ne vous reste qu’à tailler les légumes. J’avais l’impression de me faire tenir la main par un cuisinier. Je prends la gousse d’ail que je dois hacher finement, je ris un peu, car la gousse d’ail, généralement, on l’arrache au bulbe, alors que là, elle est déjà pelée et prête à hacher.

Dans une autre recette, il y avait deux carottes ; dans l’autre, une tasse de pâtes alimentaires pour faire bouillir. Il nous suffit d’ajouter du sel, du poivre, une cuillère de beurre ou un filet d’huile d’olive. J’ai découvert de nouvelles saveurs et de nouveaux légumes. 

Le concept est parfait pour les personnes vivant seules, qui aiment cuisiner. Même pas besoin d’avoir du talent.

Je n’ai pas renouvelé l’expérience, mais c’était toujours un plaisir de recevoir la boîte les jours de livraison. Je trouvais ça drôle d’éplucher les deux carottes et la gousse d’ail pour la recette, alors que j’ai déjà deux livres de carottes et une dizaine de têtes d’ail au frigo.

Ça reste quand même une belle expérience d’affaires. L’entreprise Marché Goodfood dit employer plus de 150 personnes et livrer plus de 200 000 repas chaque mois à travers le Québec, l’Ontario, les Maritimes et l’Ouest canadien.

Tout le contenu de la boîte repas est recyclable et biodégradable. Les menus sont variés et bien équilibrés. Ça manque un peu de goût parfois, mais ça ne nous empêche pas de « pimper » un peu la recette de base. Le magazine Protégez-Vous estime qu’en moyenne, chaque repas coûte 27 % de plus que si vous achetiez les ingrédients à l’épicerie.

Je me questionnais un peu sur notre empreinte environnementale, mais finalement, je me disais que ça ne pouvait pas être pire que tout ce qui se fait livrer de partout dans le monde dans nos épiceries, par Amazon et tout le commerce en ligne.