La maraîchère Marion Côté-Potvin et son père Réjean Côté, spécialiste en agrotourisme chez Merci la terre à Métabetchouan.

Quand ça goûte meilleur

CHRONIQUE / C’est le temps des récoltes et il y a des produits maraîchers d’ici un peu partout dans les kiosques fermiers de la région. J’ai fait une halte au kiosque fermier Potager Merci la terre de Métabetchouan, sur le bord de la route 169, tout près du Camp musical.

Le samedi, c’est la fête au potager. Nous avons fait la connaissance de Marion, la maraîchère, et de son père Réjean Côté, et le charme a opéré immédiatement. De bonnes miches chaudes sortaient tout juste du four à pain, des partenaires et amis du potager arrivaient pour participer à diverses activités et faire le plein de bons légumes bios.

J’ai été surpris de constater que cette entreprise maraîchère vend plus de 300 paniers de légumes par semaine. « Les gens veulent manger mieux et veulent consommer local. Les jeunes familles, surtout, sont très sensibles à la nourriture qu’ils préparent à leurs enfants et nous on se déplace à quatre pattes dans les cultures pour désherber et sarcler », raconte la maraîchère qui n’était pas du tout prédestinée pour ce genre de travail.

De physiothérapeute à maraîchère

« Avant de venir travailler avec mon père sur la terre familiale en 2014, j’étais physiothérapeute à Montréal. Je suis partie en Asie pendant huit mois et à mon retour, je ne voulais plus retourner à mon travail et je suis revenue dans la région pour travailler la terre. Je ne pourrais plus travailler pour quelqu’un d’autre », raconte la jeune maman d’un couple de jumeaux.

Pour Réjean Côté, le père de Marion, c’est un cadeau de la vie. « Ici, avant, c’était la terre de mes parents. Ils ont vendu en 1976 et trois propriétaires se sont succédé en 35 ans. En 2010, je cherchais un terrain pour me bâtir une maison. Je ne cherchais pas une terre agricole, mais je ne pouvais pas résister à la tentation de reprendre la terre de mes parents », confie celui qui a enseigné l’agrotourisme pendant près de 20 ans au Cégep de Saint-Félicien.

« Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais, alors j’ai planté un verger, des cerises, des framboises et des légumes. En 2011, j’ai vu sortir mes premières framboises et j’ai vendu mes premiers paniers bio. Pour ce premier été, j’avais 27 clients qui m’achetaient un panier de légumes par semaine. Je lavais la salade à la main dans un plat domestique et je préparais les paniers. L’année suivante, j’avais 60 clients et en 2015, je préparais 110 paniers de légumes », raconte Réjean Côté.

Jérôme Fortin et Marie-Christine Gagnon travaillent chez Merci la terre à la production de légumes bios.

Du grand bonheur

Ce fut une belle nouvelle pour lui quand ses enfants, Marion et Charles, lui ont fait savoir qu’ils aimeraient travailler avec lui sur la ferme. « Marion a pris en charge tout le côté maraîcher de l’entreprise alors que moi je me concentre sur les vergers, le poulailler, les abeilles et les arbres fruitiers. C’est du grand bonheur de voir mes enfants de retour sur la terre », dit-il en se préparant à faucher du seigle avec une faux manuelle.

« Faire pousser des légumes bio c’est une passion, les journées sont longues, il faut gérer les plantations et accueillir les gens au kiosque pendant au moins 18 semaines. Je vais continuer de faire pousser des légumes en serre jusqu’en décembre, certaines variétés peuvent pousser même s’il fait froid, je n’aurai donc pas besoin de chauffer la serre. Je pourrai ainsi offrir de la laitue bio plus tard en saison », fait savoir la jeune maraîchère.

Plus que la passion

Mais il faut plus que la passion pour la terre pour se lancer dans ce genre d‘aventure. « Il faut aussi une fibre d’entrepreneur, car c’est toute une entreprise à gérer. Il y a la comptabilité, la mise en marché, la gestion des réseaux sociaux, la supervision des employés et les relations avec les différents partenaires », élabore la femme d’affaires.

« Pour faire du bio, il faut être sur la coche. Les inspecteurs du gouvernement vérifient régulièrement notre production, demandent à voir nos factures pour savoir où on achète nos plants et si toutes nos démarches respectent la certification bio que nous avons depuis 2012 », fait valoir le spécialiste en agrotourisme.

Ça goûte meilleur

Le positionnement du kiosque, au bord de la route régionale à Métabetchouan, et les réseaux sociaux sont les principaux outils de mise en marché de l’entreprise agrotouristique maraîchère, fruitière et apicole Merci la terre. « Il y a plus de 3000 abonnés qui nous suivent sur les réseaux sociaux et nous collaborons également avec le concept de l’écomarché en ligne Nord-Bio ».

Nord-Bio a une boutique en ligne où les gens peuvent commander des produits régionaux certifiés biologiques durant toute la période hors-saison. Les clients passent leur commande avant le lundi matin 9 h pour une livraison le jeudi suivant aux deux points de chute d’Alma et Chicoutimi.

C’est vrai que ça goûte meilleur quand on connaît le producteur. Nous avons acheté un panier de légumes de Marion et notre bouilli avait meilleur goût, il avait une histoire. Nous avons fait connaissance avec la maraîchère et dans ce temps-là, ça goûte meilleur et ça vient d’ici.

Arrêtez en passant, vous allez vivre toute une expérience.