De gauche à droite, Richard Banford, scénariste, Jean-Marie Gagnon, metteur en scène, Roger Blackburn, chroniqueur au Quotidien et au Progrès, Jean-Pierre Girard, animateur l’émission Y’a des matins à Radio-Canada, font partie de l’équipe du Procès à l’ancienne de la Société historique du Saguenay.

Procès sur la prohibition

Pour une deuxième année, j’essaie d’être comédien en jouant dans le Procès à l’ancienne, une activité de financement de la Société historique du Saguenay. Outre le fait de se rendre disponible pour une bonne cause, c’est aussi une occasion de replonger dans notre passé et de suivre une leçon d’histoire.

Selon la tradition du Carnaval souvenir de l’époque, nous plongeons 100 ans en arrière pour reprendre un procès qui a véritablement eu lieu à Chicoutimi. En 1918 nous sommes en pleine période de la prohibition alors que la vente d’alcool est interdite. Les pharmaciens et les médecins de la ville vendent et prescrivent des médicaments sous forme liquide qui font plaisir et grand bien à leurs patients.

Des plaintes de citoyennes et des dames de la Ligue de tempérance, appuyées par le clergé, souhaitent que Chicoutimi devienne une « ville sèche ». Des accusations de ventes illégales de boissons sont portées contre le docteur Alphonse Hamel et le pharmacien Edgar Casgrain. Les deux accusés ont déjà été condamnés à des amendes de 300 $ et à 30 mois de prison en première instance et ils en appellent de la décision devant le juge Quiry de la Cour du Banc du Roi.

Un vrai procès avec humour

Il s’agit d’un vrai procès d’époque avec de vrais personnages campés par des comédiens amateurs qui ont bien voulu se prêter au jeu. Évidemment, l’auteur de la pièce, Richard Banford, et son complice metteur en scène, Jean-Marie Gagnon, se sont permis quelques largesses pour adapter le scénario et faire quelques clins d’oeil à l’actualité de 2018. Ça pourrait nous faire penser à ce qui se passe dans le dossier du cannabis par les temps qui courent.

Audrey Naud et Joëlle Hardy, de la Société historique du Saguenay, ont fouillé dans les documents historiques pour trouver la trame de fond du Procès à l’ancienne avec des personnalités publiques très connues en ce début de siècle, à la fin de la Première Guerre mondiale. Ça se déroule à une époque où un avocat pouvait être maire de la ville et représenter des clients qui contournent les règlements municipaux sans se soucier des conflits d’intérêts.

Je camperai le rôle du maire de Chicoutimi de l’époque, Me Elzéar Lévesque, qui agit à titre d’avocat de la défense et je serai opposé au procureur de la ville de Chicoutimi, Me Laurent Alain dit Bradette, qui sera joué par le producteur Robert Hakim. C’est l’avocat jonquiérois, Charles Cantin, qui personnifiera le juge Quyri, qui a maille à partir avec son greffier (le chef Daniel Pachon) qui est un peu dur de la feuille. 

Des témoins tels que le Dr Edmond Savard (Me Sylvain Morissette) ; le forgeron Henri Tremblay (Marc Dickey de KYK radio) ; le maître tailleur Michel Gagnon (Jean-Pierre Girard de Radio-Canada) ; Onézime Tremblay, greffier de la ville (Élise Gagnon-Girard) ; Albertine Lemay, ménagère (Jennifer Paré), les frères Eugène et Amédée Boivin, témoins : (Me Frédéric Michel et Me Guillaume Desautels) feront partie du procès, où, avouons-le, l’alcool coule à flots.

Le rideau s’ouvrira, dans le premier acte, pendant une réunion de la Chambre de commerce de Chicoutimi où les gens d’affaires discutent des projets économiques de l’époque. Le clergé, avec Mgr Eugène Lapointe et les dames de la Ligue de tempérance, viendra perturber l’assemblée pour mettre à l’ordre du jour le dossier de la prohibition. Vous ferez la connaissance de l’épouse de J.E.A. Dubuc, Mme Anne-Marie Palardy (Jennifer Paré) qui verse dans le féminisme prohibitif.

Il y a toute une équipe derrière cette campagne de financement de la Société historique du Saguenay et les représentations auront lieu les 5 et 6 avril à la salle François-Brassard du Cégep de Jonquière. Les billets sont à 20 $ et disponibles sur réservatech.net.

D’autres comédiens font aussi partie de la distribution dont l’épouse du Forgeron Tremblay (Mylène Lavoie) ainsi que Marc Larocque, Jean Villeneuve, Eugénie Bédard, Denis Lepage, Élise Gagnon-Girard, Laurence-Gagné-Girard, Jeanne-Gagné-Girard, Sandrine Bédard, Aurélie Grenier, Édouard Lavoie, William Morissette, Dominique Gravel et Stéphanie Girard.

Je camperai Me Elzéar Lévesque, avocat de la défense et maire de Chicoutimi.
Photo d’époque de l’intérieur d’une pharmacie de Roberval en 1918.