Une carte pour ceux qu’on aime à la Saint-Valentin.

Pour l’amour sororal

CHRONIQUE / Ma grande sœur nous a fait parvenir une carte par la poste en début de semaine. Une belle enveloppe rouge. J’avais reconnu son écriture manuscrite avant même de voir le petit autocollant avec son nom pour l’adresse de retour dans le coin gauche de la missive.

Ma grande sœur est le genre de personne qui est caractérisée par l’altruisme. Elle trouve souvent son bonheur dans celui des autres. J’ai grandi dans cette atmosphère de Saint-Valentin au quotidien. Outre ma mère qui me vouait un amour sans borne, j’ai été élevé par mes cinq sœurs qui me chérissaient tout autant ; ça faisait beaucoup d’amour au pouce carré dans notre petite maison familiale où vivaient aussi mes huit frères.

Élevé dans l’amour
On me raconte souvent que je n’ai pas touché au plancher de la maison avant l’âge de huit mois, quand j’ai commencé à marcher, parce ce que j’étais toujours dans les bras de mes sœurs qui m’ont cajolé durant toute mon enfance. Je vais vous faire une confidence, elles me cajolent encore aujourd’hui et je me sens toujours aspergé par une pluie d’amour quand je me retrouve en leur compagnie.

C’est fort l’amour sororal, c’est inconditionnel. Quand je les vois, elles sont toujours contentes. Elles rient, s’informent, écoutent mes histoires, s’intéressent, me parlent de mon travail, me complimentent, ne manquent pas une occasion de me rappeler leurs beaux souvenirs de mon enfance.

Ce sont elles qui ont élevé mes enfants. J’ai été travailleur autonome durant des années et à statut précaire au journal quand mes enfants étaient jeunes. J’étais souvent appelé à la dernière minute pour travailler les soirs et les fins de semaine. Qui s’occupaient de mes enfants pensez-vous ? Ma mère et mes sœurs étaient toujours disponibles ; elles ont aimé mes enfants autant qu’elles m’ont aimé. Ce n’est pas pour rien que mes enfants, qui ont autour de 30 ans aujourd’hui, prennent toujours un peu de temps pour rendre visite à leurs « matantes » quand leur vie montréalaise les pousse au Saguenay lors des longs congés.

Mes grandes sœurs ont semé de l’amour de génération en génération autour d’elles et elles le font encore avec leurs neveux et nièces et les enfants de leurs neveux et nièces. Ça, c’est la Saint-Valentin comme je l’imagine. C’est de l’amour condensé. Ce qu’il y a de beau dans l’amour, c’est que ce n’est pas seulement réservé aux amoureux. Ça appartient à tous ceux qui sont prêts à en recevoir et à ceux qui peuvent en donner.

Ha oui ! La carte
Je me demandais bien ce qu’il y avait dans cette carte. Ma grande sœur nous gratifie souvent de ce genre de gentillesse à l’occasion de notre anniversaire ou d’événements spéciaux dans nos vies. Elle découpe des titres de magazines qui nous sont apparentés et les collent au-dessus d’une photo qu’elle a placée dans une carte de souhaits. C’est une de ses nombreuses façons de nous dire qu’elle nous aime.

J’ouvre donc cette enveloppe pour savoir quelle occasion spéciale l’avait inspirée pour avoir posté une lettre adressée aussi à ma conjointe. J’en sors donc une carte de souhaits remplie de cœurs intitulée : « Pour vous deux ». À l’intérieur de la carte, j’y découvre une photo de ma blonde et moi avec des vœux de Saint-Valentin et un collage d’un titre de magazine disant : « Une belle histoire d’amour depuis... ». Elle a ajouté le mot TOUJOURS ! et a signé « Je vous aime », Christ, (Christiane).

Ça m’a tiré une larme et ça me réconcilie avec la Saint-Valentin que je considère beaucoup plus comme la fête des fleuristes, des restaurateurs et des vendeurs de chocolat que la fête des amoureux. Je préfère associer la Saint-Valentin à la fête de l’amour plutôt qu’aux amoureux.

On s’aime tous les jours
J’aime à penser que j’aime ma blonde tous les jours. Il n’y a pas une journée qui passe sans que ma conjointe me dise : « je t’aime ». Les textos ou les courriels qu’on échange à l’occasion se terminent souvent par les mots « je t’aime ». On se témoigne d’amour le plus souvent possible par des gestes ou des paroles, alors quand arrive la Saint-Valentin, je ne nous sens pas très concernés.

Quand ma grande sœur profite de la Saint-Valentin pour nous dire « je vous aime » avec une belle carte, ça me touche et on devrait profiter de cette journée pour dire à ceux qu’on aime qu’on les aime. Car malheureusement, on ne dit pas assez « je t’aime » ou « je vous aime » à ceux qui nous entourent, que ce soit nos frères, nos sœurs, nos parents, nos enfants, nos proches ou nos amis.

Heureuse Saint-Valentin !