Sur la rue des Jaseurs, dans le quartier des Oiseaux à Chicoutimi, les maisons sont à une tempête de neige de devenir des igloos.

Plus de place pour la neige

Je les vois de ma fenêtre, les jours de tempête, ils sont trois ou quatre le long de la rue, de compagnies différentes, et ils font la valse du déneigement, de quoi inspirer les plus grands compositeurs. Avec les forts vents du début de semaine, la poudrerie provoquée par les souffleuses se dispersait sous les reflets des lampadaires, et ça donnait lieu à un beau spectacle. Vu de l’intérieur, face au feu de foyer, on se dit qu’on est bien au chaud.

Ce n’est pas évident, cependant, de circuler dans les rues de quartier quand ils sont à l’oeuvre. Il faut surveiller leurs manoeuvres, les bancs de neige sont aussi hauts que les maisons, et la visibilité est nulle. 

« Quand mes gars sortent d’une entrée en marche arrière, la souffleuse est déjà dans la rue avant même qu’ils puissent voir par-dessus les bancs de neige s’il y a une voiture qui s’en vient. C’est arrivé à un de mes chauffeurs, un moment donné, de monter sur le capot d’une voiture en reculant et de fracasser le pare-brise. La madame dans l’auto ne trouvait pas ça drôle », raconte Nathalie Tanguay, de l’entreprise Déneigement Morin de Chicoutimi.

« Ça devenait frustrant »

Le début de semaine a été particulièrement mouvementé pour les déneigeurs privés, alors que près de 30 centimètres de neige nous sont tombés sur la tête.

« Ça devenait frustrant pour mes gars. Ils déneigeaient les entrées dans une rue, et quand ils repassaient au bout d’une heure, c’est comme s’ils n’avaient pas gratté. Des clients appellent pour me dire que le déneigeur n’a pas passé. J’ai beau leur dire le contraire, ils ne veulent rien entendre. On dirait que l’abondance de neige les rend irritables, et ils ne se gênent pas pour nous réprimander. J’ai maintenant une belle étampe sur mes factures précisant que la violence verbale ne sera pas tolérée », exprime Nathalie Tanguay. 

« Mes gars ne sont pas fâchés de reprendre un peu d’heures de sommeil », confie la répartitrice de Déneigement Robin Morin.

La neige qui s’accumule cause des ennuis aux propriétaires de maison qui confient leur déneigement à un entrepreneur. Évidemment le « grattage » des entrées se fait en fonction d’un horaire normal de travail. « Mes gars commencent très tôt la nuit. Il faut que les clients puissent sortir le matin pour aller au travail. Pour les gens qui travaillent de 4 h à minuit, ça peut arriver que ce ne soit pas déblayé en soirée », explique celle qui travaille depuis plusieurs années avec son conjoint à gérer le déneigement hivernal.

C’est un gros hiver pour les déneigeurs privés. « Il y a des endroits où on ne sait plus où mettre la neige. Sur la rue des Roitelets et sur la rue des Jaseurs, dans le quartier des Oiseaux à Chicoutimi, c’est rendu problématique. On a beau souffler sur la butte, un moment donné, la neige finit par redescendre. Proche de la maison, il y a les fenêtres, et la Ville nous surveillent pour qu’on n’empiète pas dans la rue. Souvent, on n’a pas le choix. On rapetisse l’entrée pour empiler la neige », fait valoir celle qui a trouvé les journées longues cette semaine.

Rue des Jaseurs

Je suis allé faire un tour sur la rue des Jaseurs dans le quartier des Oiseaux. Les maisons sont à la veille de devenir des igloos. 

C’est dommage pour les propriétaires qui perdent toute la belle lumière qui entre dans nos maisons le matin. 

Il me semble que ça doit être déprimant d’avoir une grosse butte de neige, aussi haute que la maison, devant la fenêtre du salon.

Avec la réglementation de Saguenay, qui interdit le stationnement dans les rues la nuit pendant l’hiver, de nombreux propriétaires ont opté pour des entrées d’auto de neuf mètres de large pour stationner les voitures. 

Ces élargissements d’entrée utilisent la moitié du terrain avant des propriétés et génèrent, évidemment, plus de neige à disposer dans moins d’espace. Il me semble que si j’avais une montagne de neige devant la maison, nous privant ainsi des rayons du soleil qui entrent dans nos maisons, avec les jours qui commencent à allonger, je trouverais ça triste. Nathalie Tanguay m’informe que pour moins de 150 $, on pourrait s’arranger avec un voyage de camion 12 roues pour débarrasser le devant d’une résidence. Ils ont déjà eu des demandes en ce sens par le passé. 

La question qui tue : est-ce que ça vaut 50 $ par mois (il reste trois mois à l’hiver) de laisser entrer le soleil dans la maison ? Ça dépend des budgets...