Philippe Lapeyrie, porte-parole du Festival des vins de Saguenay pour une 12e année, soutient qu’il s’agit du plus important festival de vin grand public au Canada.

On achète du vin plus coûteux

CHRONIQUE / « J’aurais tellement aimé ça que mes parents achètent une caisse de vin de l’année de ma naissance », me lance Philippe Lapeyrie en regardant vers le ciel. « Il m’en aurait fait cadeau à mes 18 ans et j’aurais pu les boire quand j’aurais voulu », explique le porte-parole de la 12e édition du Festival des vins de Saguenay.

Âgé de 44 ans, le spécialiste des vins s’imaginait déguster de grands crus hors de prix pendant notre entretien lors de la rencontre de presse qui avait lieu à la Place du Citoyen pendant qu’un employé municipal tondait le gazon avec son bruyant tracteur.

C’est vrai, on n’y songe pas, mais acheter une caisse de vin de l’année de naissance de notre enfant est une méchante bonne idée et ça fait un cadeau très original à offrir pour ses 18 ans, en espérant qu’il le partage avec nous. Imaginez-vous recevoir une douzaine de bouteilles de vin de garde âgées de 18 ans dont certains crus seraient hors de prix. Ça donne des idées pour les petits-enfants, mais la caisse de vin devra être dans un coffre barré dont la clé a été jetée. On a tous déjà ouvert de belles bouteilles de vin, qu’on voulait garder, en fin de soirée bien arrosée alors que les réserves normales avaient été épuisées.

Bernard Landry, l’ancien premier ministre du Québec, possède une cave à vin bien garnie. Il disait, lors d’entrevues, qu’il boit du vin aujourd’hui qu’il ne pourrait pas s’offrir en raison de l’augmentation de la valeur des bouteilles avec les années. Ce serait une bonne habitude à prendre pour les amateurs de vin d’acheter un vin de garde par mois pour les conserver quelques années et les ouvrir pour les belles occasions.

On paye plus cher
Philippe Lapeyrie est porte-parole du Festival des vins de Saguenay pour une 12e année. Quand on lui pose la question : qu’est-ce qui a changé dans notre rapport avec le vin en 12 ans ? Il répond : « les gens acceptent de payer un peu plus cher. Quand j’ai commencé mes chroniques à Énergie avec Richard Courchesne à l’époque, je proposais des vins à 15 $ et il me disait que c’était trop coûteux et on optait pour des vins à 12 $. Maintenant on propose des vins à 20 $ et 25 $ et ça convient parfaitement pour les amateurs », dit-il.

« Les gens se gâtent un peu plus à la maison. Au restaurant, les clients se sont rendu compte qu’il payait 38 $ ou 40 $ (plus taxes et plus le service) pour une bouteille qui se vend 15 $ ou 20 $ à la SAQ, mais n’osaient pas payer ce prix pour une bouteille consommée à la maison. Maintenant, on n’hésite plus à se faire plaisir pour un bon repas en finissant la bouteille avec son amoureuse devant la télé », fait remarquer le chroniqueur et auteur de guides des vins.

Plus important festival au Canada
Pour ce qui est du Festival des vins de Saguenay, Philippe Lapeyrie en fait une certitude, c’est l’événement grand public dans le vin le plus important au Canada. Ça n’existe pas, un festival extérieur comme on le fait sur la rue Racine qui attire 40 000 visiteurs et une quarantaine d’exposants de partout dans le monde. Le festival de Saguenay est unique et je parle en connaissance de cause, car j’en fréquente plusieurs par année », assure le sommelier qui déguste plus de 3000 vins par année pour rédiger son guide des vins coups de cœur.

L’événement, dit-il, est couru par des personnalités importantes du monde du vin. « Emanuel Cazes du Roussillon, qui cultive le plus grand vignoble au monde en biodynamie, sera à Saguenay, François Chartier et la journaliste du prestigieux magazine français Terre de vins, Pauline Gonnet, seront aussi sur place », ébruite le chroniqueur de vin. Notons que le chanteur et producteur originaire de Dolbea-Mistassini Mario Pelchat viendra présenter son rosé et un blanc lors de l’événement.