Bruno Tremblay, maire de Saint-Honoré, conjugue ses activités d’homme d’affaires et de premier magistrat de la ville. Il n’apprécie guère les candidats à la mairie de Saguenay qui considèrent les percées démographiques de Saint-Honoré comme un problème.

«Non, mais ils se prennent pour qui ?»

CHRONIQUE / Le maire de Saint-Honoré, Bruno Tremblay, est furieux contre les candidats à la mairie de Saguenay. « Non, mais ils se prennent pour qui ? Le premier qui en a parlé sur les ondes de la radio, c’est Jacques Fortin, je suis bien content qu’il ne soit plus de la course à la mairie. Ensuite Dominic Gagnon et Arthur Gobeil ont ramené Saint-Honoré dans la campagne électorale », fulmine le maire élu par acclamation.

«Dans Le Quotidien du 26 septembre, on peut lire ça dans un texte avec Arthur Gobeil », me fait voir le maire de la ville voisine en me montrant une photo de l’article sur son téléphone cellulaire. Le texte se lit comme suit : « La ville de Saguenay fait face à une nouvelle réalité alors que plusieurs jeunes ménages choisissent de s’établir dans des municipalités où les terrains se vendent beaucoup moins cher. Le cas de Saint-Honoré illustre bien ce problème alors que 400 familles ont choisi de s’y établir au cours des dernières années. Pour contrer ce phénomène, Arthur Gobeil propose la création d’un programme d’accès à la propriété. »

Mauvais départ

« Je trouve qu’ils commencent mal leur carrière en politique municipale. Saint-Honoré, ce n’est pas le plan B de Saguenay. Nous avons mis des politiques de l’avant pour attirer des familles chez nous. Les gens ne viennent pas ici par dépit. Ce n’est pas tout le monde qui veut rester en ville, de nombreuses personnes aiment la qualité de vie qu’on offre au nord de Saguenay », peste le maire que je n’ai pas vu souvent lever le ton de la sorte.

« Ils pensent qu’on se croise les bras en disant à ceux qui ne sont pas contents de Saguenay “envoyez-nous-les, on va les prendre ! ”. Ben voyons, c’est n’importe quoi ! Les gens choisissent Saint-Honoré parce qu’il y a une belle qualité de vie à 10 minutes du centre-ville de Chicoutimi. Nous avons neuf classes de maternelle et plus de 600 élèves dans nos écoles primaires. En plus, les candidats de Saguenay sont mêlés dans leurs chiffres; ce ne sont pas 400, mais 600 familles qui sont venues s’installer ici depuis 2010 », s’emballe le maire qui se préparait à rouler en direction de Roberval pour la rencontre énergétique Naturallia.

« On ne fait pas une campagne électorale en disant que la réussite de la ville voisine est un problème. Les candidats de Saguenay devraient se réjouir de notre réussite. Les gens du village dépensent 80 % de leur argent à Saguenay, on ne leur vole pas des familles, on a attiré des résidants qui choisissent une qualité de vie avec des terrains plus grands pour construire des maisons, des rues bien asphaltées et des écoles remplies d’enfants », fait valoir Bruno Tremblay qui ne décolérait pas lors de notre entrevue, mardi après-midi.

Cinquante baptêmes

« Au mois d’août cet été, on avait dénombré 50 baptêmes d’enfants à l’église du village et on estime à environ 80 les naissances pour l’année 2017. On compte 140 jeunes qui jouent au baseball l’été, plus de 90 qui jouent au soccer et ce n’est pas fini. On va continuer à recevoir une quarantaine de nouvelles familles chaque année. Saint-Honoré est en plein développement, la moyenne d’âge de notre population est de 38 ans et nos citoyens s’impliquent dans la vie municipale tant du côté des loisirs que des actions sociales », continue Bruno Tremblay, qui souhaite travailler en collaboration avec la ville de Saguenay après les élections.

Dynamisme

« Au cours des quatre dernières années, nous avons asphalté plus de 90 % de notre réseau routier et nous comptons huit secteurs de développement résidentiel. La vie est dynamique à Saint-Honoré et j’ai l’intention de proposer au prochain conseil municipal de réaliser un projet de complexe sportif multidisciplinaire dans notre ville. Nos jeunes vont avoir le goût de jouer au hockey dans leur village et de pratiquer différentes activités sportives près de chez eux », déclare le maire qui veut continuer d’attirer des familles au cours des prochaines années.

Le premier magistrat de la ville voisine apprécie tout de même de ne pas avoir besoin de faire campagne pour cette élection, ça lui permet d’exercer son métier de boucher à son Centre de coupe de viande et voir au développement de son entreprise, Ébénisterie 4000. « Si j’avais eu un opposant à la mairie, j’aurais fait campagne, je n’ai pas peur de prendre les bouchées doubles », a conclu le maire de Saint-Honoré, un peu plus calme en fin d’entrevue.