Marie-Lise Chrétien-Pineault et Émilie Lapointe, d'Eurêko, en compagnie des maires des municipalités nourricières, Éric Simard, de Labrecque, Lucien Boivin, de Saint-Prime, et Gilbert Simard, de Saint-Fulgence.

Municipalité nourricière

CHRONIQUE / Pendant que vous mangez des fraises du Mexique qui sont dures comme de la roche et de gros bleuets pâteux du Chili en hiver, les jeunes de l'organisme Eurêko réalisent des projets pour mettre en valeur et rendre accessibles les produits d'ici. Ils s'associent avec des maires de village pour transformer leur milieu de vie en une Municipalité nourricière.
Ils ont reçu 60 424 $, sur un total de 97 000 $, du Fonds vert dans le cadre d'Action-Climat Québec, un programme créé avec le Plan d'action 2013-2020 sur les changements climatiques. Vous verrez, à l'avenir, il y aura de plus en plus d'argent disponible en lien avec les changements climatiques, même les climatoseptiques seront confondus.
Eurêko s'est associé aux municipalités de Labrecque, Saint-Prime et Saint-Fulgence pour les préparer aux impacts des changements climatiques et pour mobiliser les citoyens et les producteurs à l'importance d'avoir accès à des aliments frais et de qualité au coeur même de leur village.
«Nous allons accompagner les comités dans leur démarche et nous débuterons par faire un portrait alimentaire, le plus complet possible, de ce qui se produit dans le village. Quels sont les aliments disponibles, les lieux de distribution et les différentes initiatives mises en place pour en faire la promotion et optimiser leur disponibilité», explique Émilie Lapointe, chargée de projet chez Eurêko. L'organisme a lancé l'initiative mercredi en conférence de presse avec les trois maires des Municipalités nourricières en plus d'un appel de candidatures pour intégrer une quatrième municipalité au projet. «Les citoyens sont invités soumettre la candidature de leur municipalité via la page Facebook Municipalité nourricière et nous choisirons la quatrième municipalité en fonction des projets proposés et de l'intérêt des élus», fait savoir la chargée de projet.
La réalité d'un village nourricier peut se traduire de différente façon. Les citoyens peuvent choisir de transformer les aménagements paysagers publics en plantant des plantes comestibles pour remplacer les fleurs ou autoriser la présence de petits animaux comme les poules et les moutons. «Les projets peuvent aussi être de grande envergure comme l'aménagement de vergers, de jardins ou de serres communautaires. On peut également initier des campagnes en donnant des plantes comestibles et des arbres fruitiers aux citoyens», élabore Émilie Lapointe.
Le maire de Saint-Prime, Lucien Boivin, donnait l'exemple d'une forêt nourricière aménagée dans son village tout près d'une garderie. «Une façon intéressante d'initier les jeunes aux cultures alimentaires», dit-il.
Le maire de Saint-Fulgence, Gilbert Simard, travaille depuis 2013 avec l'organisme Eurêko dans ce genre d'initiative. «L'été je mange des fraises tous les matins, je les cueille devant la porte de mon bureau dans des anciens bacs à fleurs», témoigne le Fulgencien.
«Quand les gens d'Eurêko sont venus me rencontrer il y a quatre ans pour me vendre des plates-bandes commerciales, je ne m'attendais pas à entreprendre un tel virage. Nous avons l'intention d'aller plus loin en trouvant des incitatifs pour remettre en culture des terres en friche dans le village où l'on bénéficie d'un microclimat très propice à la culture», détaille Gilbert Simard.
«En encourageant et en soutenant les commerces, les écoles, les organismes communautaires et les restaurants à avoir leur propre jardin, c'est un peu comme revenir à nos traditions. Il y a un savoir d'antan qui s'est perdu au cours des 50 dernières années alors que les gens avaient des jardins pour nourrir leur famille nombreuse», laisse entendre la chargée de projet qui espère que les gens seront prêts à faire face aux changements climatiques qui modifieront nos façons de s'alimenter.
Le maire de Labrecque, Éric Simard, se réjouit de cette initiative alors que les MRC parlent de vieillissement des populations et d'isolement des personnes âgées. «Des passerelles aménagées à proximité des résidences sont de beaux exemples pour briser l'isolement», fait-il valoir.