Josée Gagné, à gauche, avec sa tante Louise, sa mère Jacynthe et son père Alain, au kiosque du rang Saint-Joseph, près de la Fromagerie Boivin à La Baie, l’endroit où il pousse du cantaloup et du melon miel.

Melon miel et cantaloup à La Baie

CHRONIQUE / Vous ne me croirez pas, mais j’ai mangé du melon miel, du melon canari et du cantaloup qui poussent dans des champs du rang Saint-Joseph, à La Baie. Ce n’est pas croyable quand même. « Pour moi, c’est un rêve de jeune fille d’être jardinière. J’avais cinq ans et je disais à ma mère qu’un jour je voudrais être jardinière. C’est ce que je fais aujourd’hui et ça me rend très heureuse », confie Josée Gagné, propriétaire des Jardins Baielactée que j’ai rencontrée au kiosque fermier de son immense jardin.

« Nous ne sommes pas dans la zone agricole idéale pour faire pousser des melons, mais j’aime relever des défis. Quand on me dit qu’il faut être fou pour faire pousser ça ici, ça me motive, j’adore les défis », dit-elle.

Ça fait trois ans que la maraîchère se fait la main avec les melons miel et le cantaloup. « L’an dernier, j’en ai récolté suffisamment pour faire goûter à mes clients qui se présentaient au kiosque, mais cet été, avec les 80 jours de soleil, la récolte a été excellente, ce qui me permet d’en vendre », laisse tomber la productrice qui est assez fière de sa production.

Conséquence d’un été chaud
Les gens qui entrent au kiosque sur le bord de la route, pas loin de la Fromagerie Boivin, n’en croient pas leurs yeux et lui demandent si ses fruits ont réellement poussé ici. « C’est la conséquence de l’été très chaud que nous avons eu. Les carottes, les betteraves et le maïs ont trouvé l’été difficile, mais les melons ont profité. On les a arrosés tout l’été avec un petit boyau d’arrosage, ce sont des cultures qui ont besoin de beaucoup d’eau. Nous avons finalement investi dans un système d’irrigation à la fin de l’été, l’arrosage à la main nous demandait trop de temps », explique celle qui a grandi sur la ferme et qui est la digne représentante de la cinquième génération à exploiter l’agriculture.

Je vous parle des melons miel et du cantaloup parce que je les ai goûtés et comme il n’y a rien de meilleur que ce qui passe du champ à l’assiette, j’ai croqué dans du bonheur pur. Il y a bien d’autres légumes qui garnissent les étagères du kiosque. Évidemment, Josée Gagné a un secret pour réussir ce genre de culture dans une région où ce n’est pas très indiqué. J’ai promis de ne pas en parler. « J’ai appris sur le tas et je lis beaucoup sur le sujet. J’ai fait beaucoup d’essais et erreurs, mais je finis par arriver à mes fins », confie cette jardinière hyperactive qui a toujours des projets plein la tête.

Cours d’espagnol
« Quand les catalogues de semences arrivent à la maison, je suis aussi excité qu’un jeune de l’époque avec les catalogues de jouets. Je pense toujours un an d’avance. Présentement, je suis des cours d’espagnol à l’UQAC, des fois que... Je ne suis pas rendu là, mais si je dois embaucher des travailleurs du Mexique un jour, bien je saurai parler leur langue et me faire comprendre », lance celle qui a toujours aimé l’école.

Une fois que mon étonnement de voir des cantaloups pousser au Saguenay a passé, Josée Gagné s’est mise à me parler des poivrons qu’elle cultive en serre. « Pour avoir des poivrons en septembre, je dois commencer à semer en janvier », dit-elle. Comment vous chauffez vos serres, que je lui demande ? Elle répond avec un large sourire : « Merci Fromagerie Boivin ! Ils ont passé le gaz naturel pour la fromagerie alors nous profitons de ce carburant et ça coûte beaucoup moins cher que d’autres formes d’énergie », exprime la maraîchère.

Avec une production aussi diversifiée que sont les melons, les poivrons, les aubergines, les céleris, les carottes, les betteraves, les oignons, les concombres, le maïs, le chou-fleur et le brocoli, j’ose lui demander quelle est sa préférence ? Elle me regarde et se met à rire alors que nous faisions le tour des cultures au champ à bord d’un véhicule côte à côte. « Les tomates, c’est ce que je réussis le mieux, et le pire, c’est que je n’en mange pas, je n’aime pas ça », rigole la femme de 38 ans.

Aimer son travail
On arrête dans le champ et elle me montre ses fraises d’automne, une autre affaire que je ne connaissais pas. « Ce sont des plants annuels, il faut les replanter chaque année, mais ils donnent deux récoltes, une au printemps et une autre à l’automne », me montre-t-elle pendant que je croque dans les juteux fruits.

Ça fait seulement cinq ans que les Jardins Baielactée se sont lancés dans la culture maraîchère. Josée Gagné a suivi des cours de gestion en agriculture à Saint-Hyacinte par le passé pour se consacrer pendant 10 ans à l’activité laitière. « J’étais une “fille à vache”, j’ai fait le tour du Québec pour faire de l’insémination artificielle pendant 10 ans. J’ai vendu la production laitière il y a trois ans et je n’ai aucun regret. Je ne fais plus des journées de 15 heures et je fais ce que j’aime », convient la mère de deux jeunes filles.

Mais comme elle aime les défis et que c’est une fille de La Baie, elle a accepté de s’occuper des animaux vedettes de La Fabuleuse histoire d’un Royaume. « J’ai un costume à mon nom au Théâtre du Palais municipal et je monte sur scène à l’occasion en plus de prendre soin de la vache, de la chèvre, des canards et des oies », raconte celle qui s’occupe aussi de la serre et des cultures de l’École du millénaire à La Baie.

« Je ne peux pas dire que je suis passionnée, je fais simplement ce que les gens qui aiment leur travail font, c’est-à-dire bien faire mon travail », conclut-elle.

Je vous parlerai de ses confitures une autre fois...