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Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
La boulangerie Médard chauffe ses fourneaux tous les matins.
La boulangerie Médard chauffe ses fourneaux tous les matins.

Médard au coeur de l’agrotourisme local

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La Fromagerie et boulangerie Médard de Saint-Gédéon seront sans contredit le rendez-vous agroalimentaire touristique de l’année au Lac-Saint-Jean. Déjà on se bouscule au portillon de la boulangerie pour découvrir, ce que j’appellerais, l’authentique épicerie bleue du Québec.

Je vous raconte. Il y a quelques jours, on arrête en passant à la fromagerie Médard. COVID-19 oblige, j’attends dans l’auto que ma blonde aille acheter quelques bons produits. De retour dans l’auto, elle s’assoie et me dit : « Va voir. »

Va voir quoi ? J’ai déjà vu la boulangerie.

« Va voir ça », qu’elle me dit.

Rose-Alice Boivin-Côté (photo) et sa soeur Justine ont choisi des meubles antiques pour mettre en valeur les produits régionaux dans l’épicerie fine, locale, de la boulangerie Médard.

Je suis allé voir. Ce que j’ai vu, en entrant dans la boulangerie, ça m’a fait grand bien. C’est comme une mini-épicerie de produits locaux. Sur de beaux meubles antiques, ils ont étalé des produits faits ici. Des confitures, du ketchup, de la moutarde, de la mayonnaise, des sauces, des croustilles, du saumon, de la viande, des saucisses, des terrines, du miel, du sirop d’érable, des gâteries, du pain, des brioches, des fromages, de la bière et une belle collection de bouteilles de vin du Québec.

« Si ça ne vient pas d’ici, alors ça vient du Québec et c’est fabriqué par des gens qu’on connaît », m’informe Rose-Alice Boivin-Côté, une des cinq membres de la ferme familiale Médard, cinquième de sa génération.

Les produits locaux sont en vedette dans l’épicerie fine de la boulangerie Médard à Saint-Gédéon.

La fermière-fromagère m’a reçu, dernièrement, pour me faire visiter la nouvelle fromagerie et la boulangerie-épicerie. « La pandémie nous a amenés à nous questionner. Nous avons décidé de fermer le restaurant, impossible à tenir avec la COVID, et nous avons commencé à vendre en ligne. Le Panier bleu, l’achat local, ce sont des valeurs qui nous ressemblent. Nous faisons notre fromage avec notre lait produit ici et nous cuisons notre pain. Nous avons pris la décision d’ouvrir une épicerie fine régionale. C’est étonnant de constater tout ce qui se fait ici dans la région », se réjouit-elle.

« Il fallait que les étalages soient beaux. Ma soeur Justine, qui s’occupe de la boulangerie, a fait des visites à l’extérieur et, dans le Vermont, elle s’est surprise à acheter des produits parce que l’étalage était beau et les produits bien présentés. Nous avons un ami antiquaire. Il nous a prêté des meubles pour exposer les produits et ça lui permettait aussi d’exposer ses meubles pour les vendre. Mais là, on perdait tous nos beaux meubles achetés par des clients. On a fini par les acheter pour meubler notre épicerie », raconte la fromagère fermière et jeune femme d’affaires.

C’est une surprise chaque fois qu’on s’approche pour lire l’étiquette d’un produit et de constater que ça vient d’ici. Juste avant d’arriver dans la boulangerie, où ça sent bon le pain, on se retrouve devant nos bières de microbrasseries régionales et une collection de bouteilles de vin du Québec.

L’épicerie fine de la boulangerie Médard compte une belle collection de bouteilles de vin québécois.

« Nous avons notre permis de boisson pour l’épicerie et la seule condition pour vendre du vin produit au Québec, c’est d’aller le chercher chez le vigneron. Nous sommes donc partis avec un livreur et un sommelier pour trouver les meilleurs vins faits au Québec. Nous avons passé déjà plusieurs commandes pour cet été. Il y aura des accords met-vins de proposés, tout comme on proposera des accords fromage et confiture », fait savoir Rose-Alice Boivin-Côté.

Même des produits du Cercle des fermières ont été écoulés, l’été dernier. « Je leur ai dit qu’elles avaient intérêt à tisser beaucoup cet hiver parce que nous attendons une bonne réponse de la clientèle cet été. Il y a peu d’endroits où tu peux acheter une catalogne, il faut connaître quelqu’un qui tisse au métier. Ces produits régionaux seront aussi disponibles », ajoute-t-elle.

« Les gens ont bien répondu, nous recevons beaucoup de clients. Cet été, nous prévoyons toutes sortes d’activités agrotouristiques. Les visiteurs pourront assister à la sortie des vaches de l’étable pour aller manger au champ, il y aura des activités de dégustation de produits, les gens pourront pique-niquer sur la ferme et pourront assister, par une grande fenêtre, à la fabrication du fromage dans la nouvelle fromagerie », dit-elle.

Les fromages Médard occupent une place de choix dans l’épicerie fine de produits locaux.

« Saint-Gédéon occupe une place privilégiée avec le passage de nombreux touristes. Nous profiterons également de la clientèle du nouveau terrain de camping de la SEPAQ et du développement de l’Auberge des Îles. Nous allons organiser nos espaces pour que les gens puissent manger leurs produits sur place dans un décor enchanteur. Le but est de leur faire vivre une belle expérience », confie l’artisane en agrotourisme.

Une nouvelle fromagerie

« Nous allons produire quatre fois plus de fromage qu’avant », explique Rose-Alice Boivin-Côté, en me faisant visiter la nouvelle usine. L’air du bâtiment est entièrement contrôlé, ce sera un robot qui affinera les fromages et de nombreuses tâches ont été mécanisées.

« Ce sera encore des gens passionnés qui fabriqueront le fromage, mais ils auront de l’aide. Au lieu de vider les seaux à la main, ils le feront à l’aide d’un treuil. La qualité de vie est très importante pour nos employés. Leur travail sera aussi important qu’avant, sauf qu’ils auront de l’aide mécanique », fait valoir la fromagère.

La nouvelle usine de la fromagerie Médard de Saint-Gédéon.

« Nous avons 85 vaches suisses brunes à la ferme et nous ne voulons pas augmenter notre cheptel, on veut que ça demeure artisanal. Nous avons cependant approché un éleveur qui est prêt à utiliser les mêmes méthodes d’élevage que nous avec du foin sec comme nourriture et la sortie au champ chaque jour pour les vaches. Nous allons acheter son lait avec une prime au foin sec », dit-elle.

Au cours de la dernière année, Rose-Alice Boivin-Côté a visité des fromageries en France et en Italie, en plus de suivre des cours de formation, avant de se lancer dans la confection de plans et la construction de la nouvelle fromagerie qui a nécessité l’investissement de plus de deux millions de dollars. Toute l’usine est à la fine pointe de la technologie, du caillage à l’expédition en passant par la pasteurisation, l’affinage et l’emballage, tout est fait dans un environnement contrôlé.

« Le nouveau comptoir de vente et la nouvelle usine seront opérationnels dans quelques jours. Nous avons la chance de faire affaire avec un entrepreneur exceptionnel qui terminera les travaux en avance de l’échéancier prévu. Nous sommes prêts pour la prochaine saison estivale », assure Rose-Alice Boivin-Côté.

Les produits Médard sont même disponibles à Saguenay, depuis le 5 mars, alors qu’une entente a été conclue avec la crèmerie Fabbrica de la rue Racine à Chicoutimi qui distribuera du pain frais de la boulangerie et du fromage en grains les vendredis.

Cet été, on n’arrêtera pas en passant, on va passer par la fromagerie Médard.