Adrien Boivin, aujourd’hui âgé de 96 ans, a été capturé par les Allemands en octobre 1944 à Oostburg, au nord de la Hollande, et fait prisonnier pendant dix jours à Knokke, au nord de la Belgique, avant d’être libéré par les troupes canadiennes. Il avait 21 ans à la fin de la guerre.

L’un des derniers anciens combattants

CHRONIQUE / En 1944, Adrien Boivin a participé à la libération de la France comme soldat canadien lors de la Deuxième Guerre mondiale. Il est débarqué en Normandie en juillet, un mois après le jour J. Il a été capturé par les Allemands en octobre 1944 à Oostburg au nord de la Hollande et fait prisonnier pendant 10 jours à Knokke, au nord de la Belgique, avant d’être libéré par les troupes canadiennes.

« On a été bien traités, les Allemands savaient que la guerre tirait à sa fin, que les Alliés allaient remporter la victoire et que dans quelques jours ce seraient eux nos prisonniers, ce n’était qu’une question de temps », se rappelle l’ancien combattant de Chicoutimi, un des rares survivants, aujourd’hui, des soldats régionaux qui ont participé à la libération des Pays-Bas.

75e anniversaire du jour J

Le 6 juin sera célébré le 75e anniversaire du jour J et du débarquement sur les plages de Normandie en France, baptisé opération Overlord. Adrien Boivin s’enrôle en 1938, à l’âge de 15 ans, dans la Réserve (Régiment du Saguenay) et en 1940 dans les forces actives canadiennes. Il arrive en Angleterre en 1943, où il rejoint le Régiment de Maisonneuve (2e Division). Il débarque en France le 6 juillet 1944, à Courseulles-sur-Mer, et rejoint le Régiment de la Chaudière quelques semaines plus tard.

« Vous savez, les Allemands, on leur parlait quand on était prisonnier ; c’était du monde comme nous autres. On était inquiet, on ne voulait pas se voir mort. Quand un soldat te pointe sa .303 sur le côté de la tête, tu fais le saut ; tu penses à ta mère », relate l’homme de 96 ans que j’ai rencontré dans le confort de sa maison à Chicoutimi.

En forme et allumé sur le plan intellectuel, Adrien Boivin garde tout de même de bons souvenirs même s’il a connu les horreurs de la guerre. Quand on rencontre un ancien combattant, il nous vient en tête le syndrome post-traumatique qui touche de nombreux soldats. « Je fais encore des rêves, mais je ne me bâdre pas avec ça. Ça arrivait plus souvent au début, mais j’ai apprécié ce que j’ai vécu, même si ce n’est pas souhaitable », indique celui qui a été décoré de plusieurs médailles.

« C’est dur à raconter, mais ce fut une belle expérience. J’ai rencontré des gens de toutes sortes de nationalités. J’ai perdu des amis, mais je m’en suis fait d’autres avec qui j’ai gardé contact », précise l’homme qui est retourné à plusieurs reprises en Europe au cours de sa vie.

Moralement dur de vivre une guerre

« C’est moralement dur de vivre une guerre. Ce n’est pas drôle, mais une fois que c’est passé, c’est une belle expérience », témoigne Adrien Boivin. Il soutient que ce serait semblable sur le plan humain s’il y avait une troisième guerre mondiale, mais que les nouvelles technologies feraient toute la différence.

Rappelons que le débarquement de Normandie fut le début de 11 mois de luttes acharnées et que les soldats canadiens ont joué un rôle important dans les durs combats qui eurent lieu à l’Escaut, en Rhénanie et aux Pays-Bas et qui allaient conduire à la victoire des Alliés sur les Allemands le 8 mai 1945. Plus de 45 000 Canadiens y ont perdu la vie.

À Orbec, Calvados, 27 août 1944. À droite, Adrien Boivin.

Hommage aux anciens combattants

Le dimanche 2 juin, la Légion royale canadienne, filiale 209 Arvida, rendra hommage aux anciens combattants de la région sur le site du cimetière protestant d’Arvida à compter de 11 h. Deux chasseurs CF-18 feront un passage à basse altitude pour souligner la cérémonie.

En outre, 40 vétérans de plus seront honorés cette année par le biais d’oriflammes qui seront financées par la famille des vétérans et la Ville de Saguenay. Vingt nouveaux ancrages ont été achetés par Saguenay et seront déployés le long du boulevard Mellon dans le site patrimonial d’Arvida, ce qui portera au nombre de 80 personnalités arborant chacune leur photo ainsi que leur élément (armée, aviation, marine, marine marchande, GRC ou autre) et les états de service de celles-ci. Les oriflammes seront installées du début octobre jusqu’à la mi-novembre de chaque année.