En poussant ses recherches on peu même tomber sur le contrat de mariage de ses arrière-grands-parents.

L'ivresse de la généalogie

CHRONIQUE / J’ai eu la piqûre de la généalogie. J’ai effectué une visite à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à Chicoutimi, mardi, pour en savoir plus long sur leur journée porte ouverte prévue pour le samedi 18 novembre. On m’a expliqué que la généalogie est un phénomène de plus en plus populaire et que le goût pour retrouver ses racines est très marqué dans la population. Toutes les semaines, des gens se présentent pour faire des recherches et pour trouver d’où ils viennent.

Myriam Gilbert, archiviste-coordonnatrice de la BAnQ, s’est assise à côté de moi devant un écran d’ordinateur dans la salle de consultation publique et m’a demandé les noms de mes grands-parents. Je ne connaissais pas le nom de ma grand-mère, c’est gênant, mais elle est morte en 1918 de la grippe espagnole, c’est tout ce que je savais d’elle.

« On va se partir avec le nom de vos parents », me dit Myriam Gilbert pendant que Joëlle Hardy de la Société historique apporte un petit document de la grandeur d’un napperon de restaurant intitulé « Mon arbre généalogique ».

Un arbre en quelques clics

En quelques clics sur l’ordinateur, nous avons créé mon arbre généalogique jusqu’à mon arrière-arrière grand-père. J’avais entendu parler de Hugh Blackburn, ce soldat du 78e régiment Highlander originaire d’Écosse qui s’est installé à La Malbaie et qui est à l’origine de la plupart des Blackburn de la région. Le magazine de la Société historique, Saguenayensia, en avait déjà fait l’objet d’une publication.

Notre éducation judéo-chrétienne a fait qu’on se souciait surtout du nom de famille du père quand venait le temps d’établir une descendance, le nom de la mère tombant simplement dans l’oubli. En cherchant un peu du côté de la mère et de la grand-mère, on fait des découvertes extraordinaires. On se rend compte tout d’un coup qu’on a dans le sang de l’ADN de Leclerc, de Doucet, de Gravel, de Richard ou de Gagnon. J’ai découvert tout un intérêt à parcourir mon arbre généalogique et tout ça gratuitement, au bout d’un clic, avec l’aide d’une spécialiste qui peut vous orienter dans vos recherches.

Caverne d’Ali Baba

« C’est la journée idéale pour les gens qui veulent initier une recherche généalogique, pour faire les premières démarches. Après ça, on met les pieds dans un engrenage qui n’a plus de fin pour qui veut s’y intéresser », avise l’archiviste.

« Les raisons qui motivent les gens à faire des recherches généalogiques sont diverses. Ça peut être pour le bénéfice des petits-enfants, alors que des parents veulent tracer l’histoire de la famille. Pour d’autres, c’est une démarche personnelle, mais la généalogie, c’est une véritable caverne d’Ali Baba. Parfois, on découvre des personnages mystérieux dans notre famille et on veut investiguer pour en savoir davantage », fait valoir Joëlle Hardy.

Non seulement on peut retracer nos ancêtres, mais on peut aussi mettre la main sur leur contrat de mariage, leur certificat de naissance ou leur certificat de décès. On peut même pousser les recherches dans les archives de photos dont vous ignorez l’existence. Vous pouvez aussi avoir accès à des contrats notariés, des rapports de coroners, des procès-verbaux, des articles de journaux, vente de terrains ou d’entreprises, les sources sont un puits sans fond.

Le nombre de documents disponibles aux Archives nationales est impressionnant. Le plus vieux livre des archives date de 1517, il a 500 ans cette année. « Nous avons du travail encore pour 100 ans devant nous. Nous recevons chaque année les documents des palais de justice, des corps policiers, des commissions scolaires, des firmes d’architectes, bref de tous les organismes publics. Nous n’avons pas suffisamment de personnel pour traiter toutes ces informations en même temps », estime l’archiviste Myriam Gilbert.

En plus des archives nationales, la Société historique reçoit tous les fonds privés des familles ou des entreprises de la région. « Il faut identifier et classer les photos et divers documents. Dans le domaine des archives, ce que l’on fait doit être bien fait, car on ne peut pas le refaire. Si un document ou une photo est égaré dans les archives sans être indexé, il y a de fortes chances qu’il soit perdu pour toujours », explique Myriam Gilbert pendant notre visite de l’entrepôt où reposent des milliers de boîtes de documents, de microfilms et d’archives numériques.

Profitez-en donc, samedi, pour découvrir cette bibliothèque. C’est gratuit et elle vous appartient. Vous y ferez peut-être des découvertes extraordinaires.

Joëlle Hardy, directrice générale de la Société historique du Saguenay, et Myriam Gilbert, archiviste, coordonnatrice pour BAnQ Saguenay.