Le feu de la Cathédrale de Chicoutimi en 1919 a été raconté en détail dans le Progrès du Saguenay pour témoigner d’un événement important de cette époque.

L’histoire s’écrit au Progrès

CHRONIQUE / Nous recevons beaucoup de témoignages depuis deux semaines sur l’importance et la pertinence des journaux régionaux. Parmi les commentaires, on entend entre autres qu’on ne peut pas imaginer notre vie de tous les jours sans notre journal quotidien.

Je vous comprends, ça fait 132 ans que le Progrès du Saguenay vous raconte vos vies, votre histoire, ce qui se passe dans votre communauté et qu’on prend le pouls de la population. Si vous voulez savoir ce qui s’est passé dans votre communauté il y a 100 ans par exemple, en 1919, la principale source de référence est le Progrès du Saguenay.

J’ai vécu l’expérience l’automne dernier, alors qu’on m’avait confié la tâche d’écrire bénévolement le Procès à l’ancienne pour l’activité de financement de la Société historique du Saguenay. C’est dans le Progrès du Saguenay que l’histoire du Saguenay en 1919 était écrite.

C’est dans les journaux de 1919 qu’on a raconté le feu de la cathédrale de Chicoutimi, qu’on a raconté comment s’articulait la colonisation de la région, les besoins en matière d’agriculture, la vision de l’Église sur l’instruction obligatoire et les enjeux municipaux de l’époque. C’est à travers les petits événements, les avis de nomination et même les publicités de l’époque qu’on pouvait découvrir la mode de l’époque, le prix des voitures et la vie de tous les jours. C’est dans le journal qu’on traite d’exploitation forestière, de progrès technologiques, de problèmes sociaux, de moralité, d’industrialisation et de politique.

Pluralité de l’information

« La plupart des recherches qui se font à la Bibliothèque des Archives nationales du Québec ou à la Société historique du Saguenay commencent par la consultation des journaux. Il y a une pluralité d’informations, c’est l’histoire globale qu’on retrouve. C’est dans les journaux qu’on trouve les premières clés d’une recherche, les références, les dates et les sujets », explique Joëlle Hardy, directrice de la Société historique du Saguenay.

« Les journaux sont des documents ultras précieux, on investit énormément d’argent pour les conserver et les numériser. Le papier est très complexe à conserver et on met les énergies nécessaires pour le faire, car ce sont des documents d’une grande importance, c’est le miroir de la société », indique-t-elle.

Quand vous faites des recherches sur Google ou dans les archives nationales, ce ne sont pas les contenus sonores des stations radio de CJMT ou de CKRS qui apparaissent, ce sont très souvent des articles de journaux qui figurent dans les références de recherche.

« Le contenu des journaux est parfois la seule trace qui existe dans l’histoire pour plusieurs événements. Il y a des histoires, des faits et des événements qui ont été consignés seulement dans les journaux et ce sera encore comme ça à l’avenir », estime Joëlle Hardy.

« Le fonds photographique du Progrès du Saguenay contient une banque inestimable d’information. Nous avons conservé non seulement la banque de photos publiées, mais également les photos qui n’ont pas été publiées. Il s’agit d’une masse inimaginable de photos qui n’existent pas ailleurs, ce sont des documents uniques », assure-t-elle.

Notre histoire qui se raconte

Depuis 1887, l’histoire de la région est racontée dans les journaux et ces histoires sont archivées et accessibles à la Bibliothèque des Archives nationales du Québec. Les débats publics, les annonces, les nouvelles, les avis publics, les nominations, les résultats sportifs et les événements ne sont souvent racontés que dans les journaux. Ce témoin de l’histoire régionale peut être interrogé, consulté et lu en texte intégral grâce au plan de numérisation de Bibliothèque des Archives nationales du Québec.

C’est de notre histoire qu’il s’agit. Je ne sais pas si dans 100 ans, les étudiants en histoire consulteront les archives de Facebook, Instagram ou Twitter pour se documenter. J’en doute. Les journaux régionaux sont le miroir de leur collectivité et leur contenu est essentiel, non seulement pour la démocratie, mais pour l’histoire de nos collectivités.

Si vous continuez à nous soutenir, on va continuer à vous raconter vos histoires.