Justin Trudeau a accepté toutes les demandes de photo. Au moins 300 personnes ont pu poser en sa compagnie mercredi lors de son passage à l'Exposition agricole de Chicoutimi.

Les selfies de Justin

CHRONIQUE / Quand il est entré par la porte principale du centre Georges-Vézina, à peine avait-il fait dix pas qu'il avait déjà une vingtaine de photos prises avec les gens qu'il rencontrait. On a beau tourner en dérision son habitude de se laisser prendre en photo pour des égoportraits, Justin Trudeau le fait avec gentillesse, ne le refuse à personne et se prête au jeu, c'est sa façon 2017 de serrer des mains et rencontrer les gens. C'est la poignée de main version 2.0.
«Est-ce que je peux faire une photo avec vous?», demande la jeune fille. «Bien sûr», répond-il en souriant. Il prend tout le temps qu'il faut, pose ses mains sur les épaules des gens, se laisse prendre par la taille, se penche quand les gens sont plus petits, il ne fait pas ça à la sauvette, il en fait une marque de commerce.
À l'image de bien des Canadiens, le chroniqueur du Quotidien a son selfie avec le premier ministre Justin Trudeau.
Toutes les personnes qu'il a rencontrées et qui lui ont demandé de prendre une photo, il a dit oui. Si une personne a de la difficulté avec son téléphone, il prend l'appareil et fait la photo lui-même, il aide les gens gênés comme cet homme qui n'osait pas lui demander, «je ne suis pas capable de demander ça moi», me lance-t-il après mon selfie avec le premier ministre.
Je disais à la blague avant d'aller à l'Exposition agricole de Chicoutimi pour le bain de foule de Justin Trudeau, qui a été invité par le député de Chicoutimi-le-fjord Denis Lemieux, que j'allais faire un selfie avec le premier ministre du Canada, une habitude dont il a la réputation.
Honnêtement je croyais qu'il allait faire un égoportrait ou deux à l'occasion, tout en serrant des mains au passage, mais je fus surpris de constater que c'était systématique, à chaque pas, si des gens lui demandent, il dit «oui bien sûr» en souriant.
Même si les jeunes filles semblaient plus nombreuses et plus excitées d'avoir leur photo avec Justin, tant les hommes que les femmes ont apprécié le geste. «Placez-vous devant lui madame, il ne se tournera pas derrière lui, il faut être devant pour la photo, ne vous gênez pas ça lui fera plaisir», a lancé un garde du corps à une dame qui cherchait à attirer l'attention de l'homme d'État.
Il embrasse une grand-maman, prend un bébé dans ses bras, écoute les gens qui lui parlent, prend le temps de planter son regard dans les yeux des gens et ça n'a pas l'air de gestes politiques, on aime croire qu'il aime vraiment les gens de son pays.
Des jeunes
Appelez ça du charisme si vous voulez, mais j'ai tendance à croire que c'est de la gentillesse, du savoir-vivre, du prendre soin, des qualités qui sont de plus en plus rares chez les hommes politiques. Il prend des bains de foule, se mélange aux gens, n'hésite pas à faire un détour pour saluer quelqu'un qui lui envoie la main un peu à l'écart de son trajet.
Même si quelques politiciens se sont pointés pour sa visite, c'est agréable de constater que ce sont des jeunes principalement qui se trouvaient sur le chemin du premier ministre. C'est probablement le phénomène des photos qui provoque cet intérêt pour le jeune premier ministre, Trudeau est un homme de son temps et il a trouvé ce qui charme les gens.
Avant Justin Trudeau, qui au Canada pouvait se vanter d'avoir une photo de lui en compagnie du premier ministre en plus de lui serrer la taille ou de lui passer le bras autour du cou? Peu de gens, c'est certain. Mercredi à l'Exposition agricole de Chicoutimi, au moins 300 personnes ont eu la chance de poser en sa compagnie. J'ai l'impression qu'il est le seul à faire des bains de foule de cette façon. Il n'a pas cessé de le faire depuis ses célèbres selfies dans le métro de Montréal au lendemain de son élection pour remercier ses électeurs.
Je l'ai suivi tout au long de ses déplacements à l'Expo agricole, j'ai trouvé qu'il avait la stature d'un homme d'État, même en pleine séance de photos. Une seule personne lui a demandé un autographe. J'ai l'impression que ses selfies ont beaucoup plus d'impact chez les jeunes électeurs qu'un discours à la nation.
À l'époque on disait, pour un politicien en campagne, qu'une poignée de main signifiait un vote, alors on peut se demander quels sont les impacts des selfies sur les intentions de vote.