Simon Blais, Vincent Lessard, Celia Meighen-McLean et Émilie Côté-Dubé font partie de la nouvelle vague de torréfacteurs locaux qui émerge un peu partout au Québec.

Les microtorréfacteurs s’installent

CHRONIQUE / Après l’avènement des microbrasseurs et des microdistillateurs, voici que la vague des microtorréfacteurs émerge dans la région. J’ai rencontré quatre Arvidiens bien ancrés dans leur milieu qui se sont lancés dans l’aventure de la torréfaction il y moins de six mois sous le vocable Arvida Roasting Company.

L’idée a été lancée par Celia Meighen-McLean à l’issue de voyages de volontariat international au Costa Rica et en Indonésie, entre autres. « Ça sent bon un caféier et j’ai toujours rêvé de marcher dans une caféière. Ce sont des cultures qui ne sont pas très accessibles, ce ne sont pas des lieux touristiques comme des vignobles, par exemple. Il faut connaître quelqu’un qui va vous faire visiter », raconte Celia Meighen-McLean, qui a découvert, lors de ses voyages, que torréfier son propre café était une chose possible.

Un projet accessible

Son conjoint Vincent Lessard avait profité d’un voyage en Indonésie pour visiter une production de café pour constater que c’était possible de torréfier du café dans sa région. Dès leur retour au Saguenay, Celia Meighen-McLean a demandé sur son blogue si quelqu’un avait un torréfacteur ? Une seule personne s’est manifestée au bout de quelques mois.

« Je connaissais Celia depuis le secondaire et je suis un fan fini du café, j’en déguste, je lis sur le sujet, je m’intéresse aux différentes variétés et à la torréfaction. Avec ma conjointe Émilie, nous avons rencontré Celia et Vincent. Nous sommes tous les quatre amateurs de voyage et amateurs de café et nous avons mis de l’avant le projet d’acheter un torréfacteur pour torréfier les grains de café de notre choix », raconte Simon Blais qui peut maintenant vivre à plein sa passion pour le café.

« Le café c’est plus complexe que le vin, il faut compter avec le pays d’origine, la composition des sols, la variété et les techniques de torréfaction », résume le passionné. « Le goût d’un café dépend aussi de la grosseur des grains de café moulu, de la qualité et de la température de l’eau, si on le prend noir ou avec du lait », explique Simon Blais qui préfère son café noir pour en apprécier toutes les nuances.

Une nouvelle vague de torréfacteurs

Pour Celia Meighen-McLean, la tendance des torréfacteurs locaux ira en grandissant au cours des prochaines années. « Au même titre que les microbrasseurs et les microdistillateurs, les microtorréfacteurs locaux occuperont de plus en plus de place et nous voulons faire partie de cette vague. Ça s’inscrit dans la tendance de l’achat local. Comme le vin, les amateurs de café seront à même de choisir leur variété préférée comme on choisit un cépage pour le vin, l’origine des grains de café comme on choisit une région de vignoble et un torréfacteur local qui saura torréfier le café à son goût », fait valoir la jeune entrepreneure.

Pour l’instant, Celia Meighen-McLean, son conjoint Vincent Lessard, Simon Blais et sa conjointe Émilie Côté-Dubé torréfient leurs grains dans un atelier aménagé dans le garage d’une maison privée un peu comme de nombreuses entreprises qui ont commencé leurs activités dans le garage résidentiel. « On ne sait pas si un jour il y aura un Salon du café comme il y a un salon des vins ou un festival des bières, mais c’est certain qu’on sera là pour faire connaître nos produits et parler de café avec les gens », assure Celia Meighen-McLean. Les torréfacteurs d’Arvida se présentent tous les samedis au marché des Fleurs Maltais dans le rang Sainte-Famille pour y proposer des dégustations et vendre leurs grains de café. Les jeunes entrepreneurs torréfient de cinq à dix kilos de grains par semaine et s’approvisionnent auprès de producteurs qui partagent les mêmes valeurs qu’eux.

Du café torréfié à Arvida

Pour ce qui est du nom de l’entreprise, « Arvida Roasting Company » c’est un clin d’oeil à la ville industrielle d’Arvida. « On affiche nos racines du quartier des Anglais d’Arvida. Ça fait allusion à Aluminium Company, c’est notre couleur locale, nous sommes fiers de cette ville industrielle qui possède une belle histoire. Le carré Davis est un beau milieu de vie et la ville est en démarche pour faire partie du patrimoine mondial de l’UNESCO » a fait part Émilie Côté-Dubé, une Arvidienne bien ancrée, comme ses partenaires de torréfaction. Le chroniqueur a d’ailleurs été invité à réaliser son entrevue sous la gloriette du piano communautaire du Carré Davis à Arvida, un milieu de vie apprécié par ces jeunes entrepreneurs.