Michel Boivin, à droite, et son frère Robert remonteront sur scène pour faire revivre les Blue Velvet pour un soir à l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi.

Les Blue Velvet de retour pour un soir

CHRONIQUE / Ça se passait dans le temps, dans les années 1990 à Chicoutimi, le samedi soir au Vio Rest-O-Rang, qui était situé en face de Rona, de l’autre côté du boulevard du Royaume. Une bande de joyeux lurons avait formé le groupe Les Blue Velvet et présentait une comédie musicale dans le cadre d’un souper spectacle axé sur l’humour et reprenant les grands classiques de l’époque yéyé du Québec.

Les musiciens et chanteurs présentaient un pot-pourri d’une soixantaine de chansons en caricaturant des artistes comme le petit gros des Classels, Johnny Farago en Elvis, René Simard, Les Baronnets, César et les Romains et d’autres artistes de partout dans le monde. Tous ceux qui ont vu ce spectacle se souviendront de l’imitation du regretté Jean-Guy Boulianne interprétant What a Wonderfull World en imitant Louis Amstrong à une époque où le « black face » ne faisait pas scandale et que tout le monde fumait dans les restaurants.

Retour pour un soir seulement

Eh bien croyez-le ou non, la bande remonte sur scène pour un seul spectacle qui sera présenté le samedi 12 octobre à l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi. « On se pratique depuis le 20 mai à raison d’une fois par semaine. On fait exactement le même spectacle qu’on faisait dans le temps à quatre chansons près avec les mêmes blagues et les mêmes imitations », fait savoir Michel Boivin, leader du groupe qui s’offre ce plaisir après une absence de 27 ans sur la scène.

« Ça va être notre 399e spectacle et il sera semblable au 398e, moins trois de nos anciens membres qui sont décédés. Nous avons retenu les services de musiciens professionnels pour les remplacer et il nous a fallu écrire toutes les partitions musicales sur des feuilles de musique pour que les musiciens puissent suivre la parade », précise Michel Boivin, qui lève son chapeau au professeur de musique Denis Caouette qui a écrit les partitions.

Les costumes ont manqué d’air

« On se fait plaisir, je m’offre un cadeau pour mes 65 ans. En 1992, j’avais 38 ans. La salle de l’hôtel La Saguenéenne contient 800 personnes et ce sera encore une fois à guichet fermé, il nous reste environ 80 billets à vendre (Réservatech) », fait savoir l’homme d’affaires propriétaire de l’entreprise Identification Sports.

« On a mis le paquet pour cette soirée. On a ouvert les boîtes de nos costumes de l’époque et ils sentaient encore la cigarette », relate Michel Boivin, faisant référence au fait que les spectateurs de l’époque fumaient pendant les représentations. « Des vêtements enfermés 27 ans dans des boîtes, ça laisse des traces, mais les vestons me vont encore même s’ils ont manqué d’air », dit-il, laissant sous-entendre qu’il a gardé la forme.

« On a refait nos costumes, nous avons prévu un écran géant dans la salle et une captation vidéo en HD. Il a fallu embaucher trois musiciens et un chanteur pour remplacer Jean-Guy Boulianne, qui est décédé depuis quelques années. Je commence à être nerveux, mais tout se place quand, à la huitième minute de show, je dis au chanteur qu’il est gros et qu’il me répond que je ne sais pas chanter. Les gens embarquent jusqu’à la fin », exprime le chanteur vedette.

Pourquoi refaire ce spectacle après 27 ans ? « Les gens nous en parlent encore après tout ce temps. Je rencontre des clients et des fournisseurs de partout dans la région et il ne se passe pas une semaine sans que quelqu’un nous ramène à ces souvenirs. “T’ennuies-tu des Blue Velvet ? On avait du fun à votre spectacle. On y allait chaque année, on riait tellement.” Les gens ont gardé un bon souvenir ; il y a quand même 100 000 personnes qui l’ont vu », relate Michel Boivin.

« On va refaire la soirée de noces. Après que les convives se soient levés, après avoir mangé leur vol-au-vent au poulet et des sandwichs pas de croûte avec du pain en couleurs, et que les gars prennent de la bière dans le stationnement, on va demander aux gens de se lever pour danser Le Yaya et tout le monde va se lever, assure Michel Boivin. Un ami a passé un extrait vidéo de ce segment aux noces de sa fille, il y a quelque temps, et les gens se sont levés pour danser », raconte Michel Boivin qui aime bien l’anecdote.

L’incendie à Rio, Cet anneau d’or, Le Yaya et tout le traditionnel des noces au Québec seront chantées sur scène pour le retour d’un soir des Blue Velvet. Parions qu’il y aura une 400e.