Roger Blackburn
Gabrielle Morin, Sandrine Morin et Florence Boucher se souviendront longtemps de leur sortie aux baleines avec Croisière Escoumins.
Gabrielle Morin, Sandrine Morin et Florence Boucher se souviendront longtemps de leur sortie aux baleines avec Croisière Escoumins.

Les baleines, un produit local

CHRONIQUE / J’ai été témoin du retour de trois jeunes femmes enchantées d’une excursion d’observation aux baleines sur le fleuve, à bord d’un Zodiac de l’entreprise Croisière Escoumins, près de Tadoussac.

Vous savez, quand trois jeunes, en même temps, se coupent la parole pour vous raconter ce qu’elles viennent de vivre, que les mots se bousculent à la sortie tellement ils ont de choses à dire ! Elles avaient le sentiment d’avoir vécu quelque chose d’unique et d’exceptionnel.

Gabrielle Morin, Sandrine Morin et Florence Boucher, âgées de 18 à 21 ans, cherchent à occuper leurs journées, en ces temps de pandémie. Mercredi matin, elles se sont levées et ont décidé d’aller aux baleines à Tadoussac. Elles ont choisi l’entreprise la mieux notée sur Internet. Et elles ont été impressionnées !

Spectacle des baleines à bosse

« C’était tellement “hot” ! Des baleines à bosse comme celle qui était dans le port de Montréal. Il faut voir ça ! Un vrai succès ! On entendait le souffle ; on était assez proches pour sentir. Ça puait le poisson pourri. On a vu sa queue et elle a fait claquer ses nageoires. La baleine a levé sa tête hors de l’eau, et le guide nous a dit que c’était très rare de voir ça ! On a vu une centaine de marsouins qui nageaient comme des dauphins. Nous étions cinq passagers partis sur l’eau à bord d’un bateau de 48 places », ont défilé, en guise de résumé, les jeunes femmes, encore tout excitées de leur sortie en mer.

J’ai eu droit aux vidéos, aux photos, à des commentaires sur le beau guide – Robin Meredith, qui s’y connaît au sujet des baleines.

« Il y avait des rorquals communs au loin, mais on ne pouvait pas s’en approcher à cause qu’il y avait des bélugas. Il faut se tenir à 400 mètres des bélugas. Ça nous a coûté 70 $ chacune pour la sortie en bateau et ça valait le coût », ajoutent-elles.

« Au début, nous avons vu des baleines au loin. On pensait que c’était ça, l’observation des baleines. On ne croyait pas voir tout ce qu’on a vu. Le guide connaît même le nom des baleines qu’on voit. C’était vraiment impressionnant ! C’est vraiment gros ces bêtes-là ! », soulignent-elles.

Les baleines à bosse se sont données en spectacle, avec des sorties hors de l’eau et des claquements de nageoires.

Saison des croisières

C’est en effet le début de la saison des croisières aux baleines sur le fleuve. Depuis le 1er juillet, les entreprises peuvent organiser des excursions en respectant les règles de santé publique liées à la COVID-19.

J’ai contacté le propriétaire de Croisière Escoumins, Gérald Harvey, un passionné de tourisme originaire d’Arvida.

« Nous avons mis seulement un de nos trois bateaux à l’eau pour commencer la saison. C’est un gros Zodiac de 48 places. Ce sera plus facile de respecter les règles de distanciation en limitant le nombre de passagers à 50 % de sa capacité », explique celui qui espère que les Québécois le visiteront cet été.

« Généralement, notre clientèle est composée à 85 % d’Européens. Nous allons essayer de faire une saison avec le 15 % qui reste », lance Gérald Harvey, qui a débuté sa saison un mois plus tard qu’à l’habitude.

« Nous allons offrir trois départs par jour pour commencer et on verra ce que sera la demande des touristes », fait savoir celui dont le secteur économique, l’industrie touristique, est très touché par la pandémie.

« Je garde confiance. Nous commençons à recevoir des appels. Nous avons une équipe de jeunes guides dynamiques, des fanatiques, des maniaques de baleines et de la mer, qui s’intéressent aux différentes espèces. Mercredi, mon guide, Robin Meredith, était bien content de sa sortie alors que les baleines ont joué des pectorales », exprime l’opérateur touristique.

Croisière Escoumins est située tout près de Tadoussac. « Nous avons un quai privé sur le fleuve, loin des grands opérateurs, et l’observation de baleines est garantie. Si vous ne voyez pas de baleines lors de votre sortie, nous vous remboursons », soutient-il.

Quand le premier ministre du Québec, Françoise Legault, et le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, demandent à la population de privilégier l’achat local, sachez que l’observation des baleines est un produit on ne peut plus local. Ça serait bien si on était plus de 15 % à faire une sortie sur l’eau cet été.

Je termine cette chronique avec un ver d’oreille dont se rappelleront les 50 ans et plus: « À bord, y avait le matelot et le vieux capitaine, cinq passagers partis sur l’eau, pour trois heures à peine... »