Le Centre d’histoire Sir-William-Price présente une collection de scies mécaniques de l’époque.

L’époque révolue des bûcherons

CHRONIQUE / Cette semaine, pour la première fois de ma vie, j’ai visité le Centre d’histoire Sir-William-Price, à Kénogami. J’ignore pourquoi je n’ai jamais pensé à découvrir ce lieu historique, qui raconte notre histoire du bois à travers la compagnie Price.

Si votre père ou votre grand-père a travaillé dans les chantiers, dans les scieries ou dans une usine de pâtes et papiers, c’est leur histoire que le musée raconte. Mon père, qui a passé près de 20 ans dans les chantiers comme bûcheron, m’a tellement raconté d’histoires sur ce dur métier qui a marqué mon imaginaire. Le musée Sir-William-Price les fait revivre.

Record de cordes de bois

Pierre Lavoie doit être fier d’y trouver la photo de son grand-père, Julien Lavoie, qui a été couronné du titre de champion des bûcherons pour la saison 1944-45 pour le chantier de Shipshaw, avec plus de 523 cordes de bois coupées en 135 jours d’ouvrage, pour une moyenne de 3,88 cordes par jour. À cette époque, on dit que seul un homme expérimenté doté d’une bonne capacité physique pouvait arriver à couper deux cordes de bois par jour.

Le musée nous raconte qu’à partir de 1930, la rémunération des bûcherons se faisait à la pièce dans les chantiers pour remplacer le salaire quotidien. Évidemment, ce système de paiement selon le nombre d’arbres coupés visait à augmenter la productivité et à diminuer les besoins de supervision du travail.

Ce mode de paiement a provoqué une plus forte compétition entre les bûcherons, exposant certains d’entre eux à l’épuisement.

Portraits des travailleurs

Une autre chose que j’ignorais, c’est que la compagnie Price offrait des portraits aux employés qui comptaient 25 années de service. Ces pastels ont été réalisés par deux artistes renommés, Francesco Lacurto et Katleen Shakleton, et sont au coeur de l’exposition permanente intitulée Oeuvres sur papier – Portraits de travailleurs de la compagnie Price Brothers (1930 à 1960).

Pendant plusieurs années, la compagnie Price Brothers a expédié des cartes du Nouvel An illustrées d’un portrait au pastel d’un de ses travailleurs. Plusieurs originaux sont exposés au musée.

On trouve une photo du grand-père de Pierre Lavoie en tant que gagnant du concours de bûcheron.

C’est donc autour des portraits d’employés du bois que se découvre la collection du musée. Il y a les portraits de contremaîtres, de chefs cuisiniers, de mécaniciens, de forgerons, de plombiers, de bûcherons, de draveurs et d’employés de bureau qui ont travaillé pour Price Brothers.

Scies mécaniques

J’ai été agréablement surpris d’y découvrir une belle collection de tronçonneuses, qu’on connaît mieux sous le nom de scies mécaniques ou scies à chaîne. Cet outil, qui a permis d’augmenter de 55 % la coupe de bois, a bien évolué au cours des années. À l’époque, il fallait être deux hommes pour le manipuler, tellement les tronçonneuses étaient lourdes. La préposée à l’accueil du musée, Julia Bergeron, m’a expliqué que même si les bûcherons coupaient plus de bois avec la scie mécanique, ils ne faisaient pas plus d’argent, car ils devaient payer leur scie et en assurer l’entretien, sans parler des nombreux cas de blessure.

Ma mère me racontait que dans sa jeunesse, elle a travaillé comme cuistot dans un chantier où mon père bûchait. Il y a un portrait consacré à un des chefs cuisiniers les plus célèbres de la compagnie avec les livres de recettes de chantiers. Ces travailleurs préparaient des repas sur des poêles à bois pour des centaines de travailleurs forestiers.

Ils vivaient dans des conditions médiocres avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale et ont trimé dur pour gagner leur vie. Les prisonniers de guerre étaient mieux traités que les bûcherons à l’époque, et c’est ce qui a permis d’améliorer leurs conditions de travail.

Histoire forestière de la région

Le Centre d’histoire Sir-William-Price nous fait donc mieux connaître l’histoire de la famille Price et de sa compagnie forestière.

Il est bon de se rappeler que le fondateur, William Price (1789-1867), est arrivé à Québec en 1810, à l’âge de 21 ans, avec le mandat d’acheminer du bois provenant des forêts de la colonie canadienne vers l’Angleterre, qui avait un grand besoin de madriers et de mâts pour ses navires.

Pour s’implanter dans la région du Saguenay, William Price s’est associé financièrement avec un groupe d’habitants de La Malbaie, la Société des Pinières du Saguenay, la fameuse Société des Vingt-et-Un à l’origine de la colonisation du Saguenay. Price a racheté la compagnie en 1842.

Oeuvres sur papier – Portraits de travailleurs de la compagnie Price Brothers (1930 à 1960) est une exposition à découvrir sur notre histoire du bois.

Depuis plus de 150 ans, le nom de la famille Price demeure bien ancré dans la mémoire des nos gens. Il était temps que je visite ce musée installé dans la petite chapelle anglicane St. James the Apostle, qui nous rappelle une époque révolue.

Chroniques

Économie contre faune et environnement

CHRONIQUE / Les erreurs du passé en matière de protection de la faune, des habitats fauniques et de l’environnement rattrapent les promoteurs de projets industriels qui, dorénavant, ne peuvent plus aller de l’avant sans prendre les mesures nécessaires pour ne pas mettre à risque des espèces de poissons, des animaux sauvages et la qualité de l’environnement.

Nous avons vu cette semaine se dresser un drapeau rouge concernant l’utilisation de la voie navigable sur le Saguenay relativement aux trois projets de développement industrialo-portuaires sur les rives du fjord. Ces projets de développement augmenteront le nombre de navires qui circulent sur le Saguenay et des scientifiques s’inquiètent pour la santé des bélugas, une population considérée comme en voie de disparition au sens de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Chroniques

Le Queen Mary 2 moins populaire

CHRONIQUE / La baie des Ha ! Ha ! a enfilé ses plus beaux atours, mardi, pour accueillir le bateau de croisière Queen Mary 2 qui en est à sa quatrième visite au quai d’escale de La Baie. Le paysage « fjordesque » n’a pas encore revêtu sa robe automnale, mais le temps était suspendu pour l’amarrage de ce grand hôtel flottant sous un lumineux soleil.

Le géant des mers attire moins les foules que lors de sa première visite en 2016. À peine quelques centaines de visiteurs s’étaient déplacés pour admirer le paquebot transatlantique britannique. Il y a trois ans, le maire Jean Tremblay et la direction de Promotion Saguenay avaient fait tout un événement de cette visite, en présentant des spectacles musicaux, en offrant des navettes d’autobus aux 15 minutes pour amener les curieux, des cartes postales, des drapeaux et des feux d’artifice. Des milliers de visiteurs s’étaient donné rendez-vous pour l’occasion.

Actualités

La toponymie autochtone du territoire

CHRONIQUE / L’anthropologue, écrivain, animateur et conférencier Serge Bouchard présentera une visioconférence sur la protection et la mise en valeur des toponymes autochtones le mardi 10 septembre à l’hôtel de Montagnais de Chicoutimi. Voilà déjà deux toponymes d’origine amérindienne dans la première phrase de cette chronique et force est de constater que notre région en compte plusieurs qui ont traversé le temps.

« Les Anglais avaient l’habitude de donner des noms royalistes aux sites et lieux alors que les Français catholiques avaient la maladie mentale de donner des noms de saints et de martyrs pour nommer les lieux. Le lac Pekuakami a été rebaptisé lac Saint-Jean par le père Jean Dequen, la première robe noire à mettre les pieds dans votre région. Des endroits qui portent le nom de Saint-Jean, on n’est plus capable d’en voir. Jacques-Cartier a rebaptisé la rivière Hochelaga ‘‘Saint-Laurent’’ parce que la journée qu’il s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un fleuve c’était la fête de Saint-Laurent, on commence à avoir fait le tour du martyrologe », lance d’entrée de jeu le grand admirateur des premières nations.

Roger Blackburn

Une visibilité qui explose

CHRONIQUE / Le parc national du Fjord-du-Saguenay est passé de 88 000 jours/visites en 2014 à 155 000 jours/visites en 2018. L’achalandage a presque doublé en quatre ans, une heureuse augmentation pour le directeur du parc, Jérôme Gouron.

« L’aménagement de la via ferrata sur les parois rocheuses du secteur de Rivière-Éternité a généré un véritable attrait pour le parc. On accueille environ 5000 personnes par année pour cette activité, et les photos spectaculaires publiées sur les réseaux sociaux ont fait exploser notre visibilité. Les points de vue exceptionnels du fjord constituent une vitrine incomparable pour le parc, et ce, partout dans le monde », fait valoir Jérôme Gouron, que j’ai rencontré au Café Summum de La Baie.

Chroniques

L’histoire s’écrit au Progrès

CHRONIQUE / Nous recevons beaucoup de témoignages depuis deux semaines sur l’importance et la pertinence des journaux régionaux. Parmi les commentaires, on entend entre autres qu’on ne peut pas imaginer notre vie de tous les jours sans notre journal quotidien.

Je vous comprends, ça fait 132 ans que le Progrès du Saguenay vous raconte vos vies, votre histoire, ce qui se passe dans votre communauté et qu’on prend le pouls de la population. Si vous voulez savoir ce qui s’est passé dans votre communauté il y a 100 ans par exemple, en 1919, la principale source de référence est le Progrès du Saguenay.

Chroniques

Rodrigue Langevin: un homme inspirant

CHRONIQUE / Les funérailles de Rodrigue Langevin ont été célébrées dimanche midi à l’Alliance funéraire du Royaume à Chicoutimi. Son épouse, Adèle Copeman, lui a rendu hommage devant une centaine de personnes.

Rodrigue Langevin a laissé une trace indélébile de son passage dans la région en tant qu’athlète, comme professeur en éducation physique, pour l’organisation des Jeux Timi en 1972 à Chicoutimi, pour les Jeux du Canada en 1983, pour la sécurité dans les sports et dans le tourisme régional.

Sports

Du CFP de La Baie à la Sépaq

CHRONIQUE / Les élèves du programme de protection et exploitation de territoires fauniques du Centre de formation professionnelle (CFP) du Fjord à La Baie constituent une véritable pépinière d’employés pour la Sépaq, qui embauche les finissants en les déployant sur ses territoires.

Lors d’une récente visite dans la Réserve faunique des Laurentides, j’ai rencontré Patrick Verreault, qui est maintenant gérant de secteur du Gîte-du-Berger, le long de la route 169. Le jeune guide de chasse et pêche en a fait du chemin depuis sa sortie du CFP du Fjord en 1997. « J’ai commencé comme homme d’entretien au camp Cyriac, mais après deux semaines, on m’a transféré comme guide pour la pêche et la chasse à l’orignal aux Portes-de-l’Enfer, un poste que j’ai occupé pendant 16 ans », raconte le passionné de chasse et de pêche, qui a aussi été guide de chasse à la Sépaq d’Anticosti pendant 17 ans.

Chroniques

Quand ça goûte meilleur

CHRONIQUE / C’est le temps des récoltes et il y a des produits maraîchers d’ici un peu partout dans les kiosques fermiers de la région. J’ai fait une halte au kiosque fermier Potager Merci la terre de Métabetchouan, sur le bord de la route 169, tout près du Camp musical.

Le samedi, c’est la fête au potager. Nous avons fait la connaissance de Marion, la maraîchère, et de son père Réjean Côté, et le charme a opéré immédiatement. De bonnes miches chaudes sortaient tout juste du four à pain, des partenaires et amis du potager arrivaient pour participer à diverses activités et faire le plein de bons légumes bios.

Actualités

La dame de la Petite Maison blanche

CHRONIQUE / Rose Laforest aura 90 ans le 30 août. Rose Laforest, c’est la dame de la Petite Maison blanche, celle qui a reproduit des milliers d’exemplaires de l’emblème du quartier du Bassin, à Chicoutimi, qui a résisté au déluge et que les touristes achètent en souvenir.

Je l’ai rencontrée dans le confort de sa demeure à Chicoutimi et je lui ai dit qu’elle semblait très en forme pour son âge. « Je fais encore toutes mes choses moi-même, je cuisine tous les jours, je fais des confitures avec les cerises et les petites pommettes qui poussent sur mon terrain, je m’occupe des fleurs et de l’entretien de la maison. J’ai renouvelé mon permis de conduire récemment sans aucune difficulté, je fais mes courses et je vois mes amis régulièrement », lance tout de go la vieille dame.

Sports

Le paradis aux Portes-de-l’Enfer

CHRONIQUE / Il reste encore des disponibilités jusqu’au 29 août pour un forfait de pêche en plan américain au pavillon des Portes-de-l’Enfer dans la Réserve faunique des Laurentides. Situé à 1 h 30 de Québec et à moins d’une heure de Chicoutimi, le secteur des Portes-de-l’Enfer est le seul forfait de pêche du réseau de la Sépaq en plan américain. C’est aussi la seule réserve faunique au Québec qui offre des repas en salle à manger en plus du forfait pêche.

À la fin août, le directeur des Portes, Marc Laperrière, se montre même plus flexible en ce qui regarde la capacité d’accueil. « Deux personnes peuvent réserver un chalet pour quatre ou quatre personnes peuvent réserver un chalet pour huit », informe le responsable du secteur, qui a constaté une augmentation de l’achalandage cette année.

La page blanche à Black

La vie tranquille au bord du lac

CHRONIQUE / Je reviens de trois semaines de vacances, bien ancré dans notre petit chalet d’été à Chambord sur les rives du lac Saint-Jean. Je ne suis pas sorti de la région, j’ai vagabondé entre Saint-Gédéon et Dolbeau-Mistassini.

Quoi faire quand nous sommes en vacances au Lac? D’abord, ne rien faire est une option intéressante, c’est-à-dire s’asseoir sur le bord de l’eau en sirotant un café le matin avec un bon livre. En commençant les journées de cette façon, ça m’a permis de lire Sapiens: une brève histoire de l’humanité, sortie en 2015, de l’auteur et historien israélien Yuval Noah Harari. Certains le considèrent comme le penseur le plus important du monde. L’histoire d’homo sapiens est assez passionnante quand elle est expliquée par ce professeur d’histoire. Ça faisait plus de trois ans qu’on me recommandait cette lecture, j’aurais dû m’y intéresser bien avant. Les vacances servent aussi à rattraper un peu de temps.

Sports

Les bars rayés du Saguenay s’alimentent de crustacés

CHRONIQUE / Le mystère du bar rayé dans la rivière Saguenay commencer à s’éclaircir. Selon la dernière mise à niveau réalisée par les spécialistes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), les deux espèces de bars du Québec remonteraient le fjord jusqu’à Chicoutimi en période estivale.

Il faut rappeler qu’il existe deux populations distinctes de bars rayés dans les eaux du Québec : la population du sud du golfe du Saint-Laurent (bars rayés du golfe), originaire du Nouveau-Brunswick, et la population du fleuve Saint-Laurent, résidante du fleuve (bars rayés du fleuve), réintroduite en 2002. Les deux populations n’ont ni les mêmes statuts légaux ni le même niveau d’abondance.

La page blanche à Black

Retour des cloches à Roberval

CHRONIQUE / Roberval a inauguré un superbe monument mercredi matin en faisant résonner les cloches retrouvées de l’Église Saint-Jean-de-Brébeuf. Cette église située en face de la Place de la Traversée a été désacralisée en 2008 et les cloches ont été vendues en 2010 à l’entreprise Léo Goudreau et fils de Laurierville à Québec, une firme spécialisée dans la réparation et la revente de cloches. «La paroisse avait besoin d’argent», a confié un membre du comité des cloches.

C’est une résidante de Roberval, Lise Dufour, qui vit maintenant à Québec, qui a sonné l’alarme en 2010, indignée d’apprendre que la fabrique avait vendu ses cloches qui font partie de l’histoire de Roberval. Les trois cloches ont été achetées par un marguillier de l’époque, Érice-Raoul Truchon, en 1934 au coût de 2615 $.

Chroniques

Les microtorréfacteurs s’installent

CHRONIQUE / Après l’avènement des microbrasseurs et des microdistillateurs, voici que la vague des microtorréfacteurs émerge dans la région. J’ai rencontré quatre Arvidiens bien ancrés dans leur milieu qui se sont lancés dans l’aventure de la torréfaction il y moins de six mois sous le vocable Arvida Roasting Company.

L’idée a été lancée par Celia Meighen-McLean à l’issue de voyages de volontariat international au Costa Rica et en Indonésie, entre autres. « Ça sent bon un caféier et j’ai toujours rêvé de marcher dans une caféière. Ce sont des cultures qui ne sont pas très accessibles, ce ne sont pas des lieux touristiques comme des vignobles, par exemple. Il faut connaître quelqu’un qui va vous faire visiter », raconte Celia Meighen-McLean, qui a découvert, lors de ses voyages, que torréfier son propre café était une chose possible.

Roger Blackburn

Le faux visage de Champlain

CHRONIQUE / L’artiste peintre et sculpteur Jérémie Giles de Jonquière s’indigne encore une fois que le buste en bronze de Samuel de Champlain dévoilé lors de l’inauguration du pont du même nom à Montréal soit encore une fausse image.

« C’est innacceptable de continuer à associer une image qu’on sait fausse à celui qui devrait être reconnu comme le père du Canada. C’est Champlain qui a jeté les bases du Canada qu’on connaît aujourd’hui et nous n’avons pas besoin de cette fausse image sur ce pont. C’est une insulte à l’intelligence », a dénoncé le peintre que j’ai rencontré dans une gloriette aménagée dans un sous-bois derrière sa maison.

Chronique

Desbiens: extrêmement historique

CHRONIQUE / L’embouchure de la rivière Métabetchouane à Desbiens est l’endroit le plus riche et le plus palpitant de l’histoire régionale. Bien avant l’arrivée du maire Nicolas Martel, Desbiens est extrême depuis au moins 6000 ans.

C’est ce qu’on découvre en visitant le Poste de traite sur le site de la Métabetchouane à Desbiens. C’est là que le père jésuite Jean Dequen, le premier homme blanc européen à s’aventurer dans la région, a posé les pieds, le 16 juillet 1647. C’est là que commence notre histoire régionale, la rencontre d’un Européen (né vers 1603 à Amiens, en Picardie au nord de la France) avec les nations autochtones qui vivaient sur le territoire du Pekuakami depuis des millénaires.

Actualités

On prend un p’tit deux sur le toit

CHRONIQUE / « Les gens sont gentils. En début de semaine, alors qu’une de nos équipes de couvreurs était en pause, une dame est venue leur déposer des serviettes d’eau froide derrière la nuque pour les rafraîchir », me raconte Frédéric Coulombe, couvreur professionnel, que j’ai rencontré sur la rue Saint-Jean-Baptiste à Jonquière.

C’est que la journée de jeudi était particulièrement chaude, à Saguenay, avec plus de 33 degrés au mercure. Je prenais des notes au soleil et la sueur me coulait sur les tempes. J’avais de la difficulté à imaginer comment des travailleurs de la construction pouvaient survivre sur une toiture à clouer du bardeau d’asphalte par une telle chaleur.

Actualités

La Reine du sébaste n’est plus

CHRONIQUE / « Le 28 juin 2019, est décédée au CIUSSS du Saguenay Lac-Saint-Jean Hôpital de La Baie, à l’âge de 88 ans, Mme Charlotte Perron, épouse de feu M. Henri Otis demeurant à La Baie. Elle était la fille de feu Mme Alice Fillion et de feu M. Wellie Perron », peut-on lire dans l’avis de décès ; les funérailles ont eu lieu le mardi 2 juillet à la Coopérative funéraire du Fjord.

Mme Charlotte Perron était aussi et surtout la « Reine du sébaste » sur les glaces de la baie des Ha ! Ha ! Son couronnement remonte au 4 janvier 1994, alors que mon ancien collègue et journaliste du Quotidien, Yvon Bernier, l’avait baptisée, en une du journal, la « Reine du sébaste » dans le cadre d’un reportage sur la pêche blanche sur le fjord du Saguenay. « L’an dernier, j’ai sorti 2056 sébastes des eaux du Saguenay, cette année, je devrais être en mesure de faire beaucoup mieux », avait-elle déclaré au journaliste avec son enthousiasme contagieux. Il y a de cela 25 ans et, tous les hivers, on raconte encore l’histoire de la « Reine du sébaste ».

Sports

Le plaisir d’une deux livres

CHRONIQUE / Ouf ! Que ça cogne dans les poignets quand une mouchetée de deux livres (1kg) se lance à l’attaque sur votre appât et que le frein de votre moulinet est très tendu. Il a fallu que je me raidisse les bras quand la truite a décidé de piquer vers le fond du lac avec beaucoup d’agressivité. C’est une belle sensation et ça n’arrive pas souvent dans une vie de pêcheurs d’omble de fontaine de se connecter avec une prise de cette taille. On a tous vu et entendu parler certain de nos amis et connaissances raconter la superbe prise qu’ils ont réalisée. À part quelques exceptions, les truites mouchetées qu’on capture entrent aisément dans notre panier de pêche, sans que la queue dépasse.

Un omble de deux livres, c’est costaud. Vous avez la possibilité de réaliser cet exploit dans les lacs de la Réserve faunique de Portneuf dans la région de Québec, non loin du village de Val-Cartier. Le territoire compte des lacs qui offrent la possibilité de capturer des truites de plus de deux livres.

Chroniques

Québécois ou Canadiens?

CHRONIQUE / Le Québec a beaucoup changé depuis les 50 dernières années. Il fut une époque, dans mon jeune temps, où la fête du Canada était boudée par un bon nombre de Québécois qui ne se disaient pas Canadiens. Même que les artistes québécois qui participaient au spectacle de la fête du Canada se faisaient discréditer sur la place publique. On les traitait presque de traîtres à la nation.

C’est que je suis né en 1961 et que la première fois que j’ai voté, c’était lors du référendum de mai 1980. J’ai donc passé une partie de mon âge adulte à débattre et à discuter de la séparation du Québec, jusqu’à l’autre référendum d’octobre 1995.

Chroniques

Découvrir l’histoire de la Défense aérienne

CHRONIQUE / Chose promise chose due, j’ai visité le musée de la Défense aérienne de Bagotville. À l’occasion du spectacle aérien, c’est une bonne occasion pour vous de faire ce que j’ai fait, une heure de visite intéressante qui permet d’en apprendre beaucoup sur l’histoire de l’aviation canadienne et sur la Base militaire de Bagotville.

Je vous suggère la visite guidée, car les préposés ont de petites anecdotes qui agrémentent la visite. Se faire raconter les débuts de l’aviation canadienne nous révèle des choses étonnantes. On apprend notamment que lors de la Première Guerre mondiale, les pilotes de chasse ne portaient pas de parachute à bord de leur avion. Les stratèges militaires craignaient que les pilotes abandonnent leur avion en sautant en parachute dès qu’ils arriveraient dans une zone de danger, pour sauver leur vie.

Actualités

Une table bistrot au Lac

CHRONIQUE / Les gens d’Imago Village, ceux qui opèrent, entre autres, une offre de restauration gastronomique dans une yourte avec vue panoramique sur le Valinouët, se lancent dans l’aventure d’un bistrot sur les berges de la Belle-Rivère, à Métabetchouan, le long de la route régionale.

Ça fait plaisir de renouer avec les talents culinaires du chef Claude Laprise, une vieille connaissance que j’ai vue évoluer au restaurant Inter sur la rue Racine, à Chicoutimi, pendant une douzaine d’années. Le bistrot La Boca, qui se traduit par « La Bouche », propose un menu qui nous fera oublier les multiples cabanes à patates frites de la route régionale.

Opinions

Consommation d’alcool dans les parcs

CHRONIQUE / De retour de voyages dans les pays scandinaves, on ne peut pas faire autrement que de faire des comparaisons avec notre style de vie. Par exemple, j’étais au coeur de la ville de Copenhague, la capitale du Danemark, dans le haut lieu touristique où j’ai vu le plus grand nombre de restaurants au pied carré ; il y a des terrasses tout au long de nos pas.

Histoire de prendre une pause en milieu d’après-midi et de flâner sur une de ces terrasses pour voir la planète défiler devant nous, on cherche à s’attabler quelque part. Face à un restaurant où la terrasse était bondée, on commande une bière et la serveuse nous demande si c’est pour boire sur la terrasse ou pour emporter ? Je réponds : « for take away ».

Chroniques

Comme les Norvégiens

CHRONIQUE / Salut Boss ! Je suis en vacances, comme tu le sais, mais il faut que je t’écrive, que je te raconte ! Je suis en Norvège, à Molde, sur le bord d’un fjord, comme à La Baie, mais en plus gros. Il est 23 h 50 et au moment d’écrire ces lignes, il fait soleil comme en plein jour. Ils appellent ça le soleil de minuit. On a beau fermer les rideaux de la chambre d’hôtel, on a juste le goût de regarder dehors.

De ma chambre d’hôtel, à Molde, on peut voir 222 sommets enneigés surplombant le fjord, un peu comme on peut voir le mont Valin et le mont Victor-Tremblay à partir de la rive nord du Saguenay, sauf qu’il faut que tu imagines 222 montagnes une à côté de l’autre. Tu n’as qu’à écrire « Molde fjord sommets » sur Google et tu vas comprendre de quoi je parle ; c’est incroyablement beau !

Actualités

L’un des derniers anciens combattants

CHRONIQUE / En 1944, Adrien Boivin a participé à la libération de la France comme soldat canadien lors de la Deuxième Guerre mondiale. Il est débarqué en Normandie en juillet, un mois après le jour J. Il a été capturé par les Allemands en octobre 1944 à Oostburg au nord de la Hollande et fait prisonnier pendant 10 jours à Knokke, au nord de la Belgique, avant d’être libéré par les troupes canadiennes.

« On a été bien traités, les Allemands savaient que la guerre tirait à sa fin, que les Alliés allaient remporter la victoire et que dans quelques jours ce seraient eux nos prisonniers, ce n’était qu’une question de temps », se rappelle l’ancien combattant de Chicoutimi, un des rares survivants, aujourd’hui, des soldats régionaux qui ont participé à la libération des Pays-Bas.

Roger Blackburn

Les frigos qui intoxiquent

CHRONIQUE / C’est le temps de l’année où les gens ouvrent leur chalet de villégiature pour la période estivale pour profiter des plaisirs de l’été, mais c’est aussi le moment de l’année où surviennent les cas d’intoxication au monoxyde de carbone (CO).

Le professionnel en santé environnementale du CIUSSS régional, David Simard, nous donne des frissons dans le dos quand il nous sensibilise sur les dangers sournois de ce gaz invisible et inodore qui fait partie de nos habitudes de vie. Il n’irrite pas non plus les yeux et les voies respiratoires, il est imperceptible.

Chroniques

Des jeunes qui aiment le papier

CHRONIQUE / Ça m’a vraiment fait plaisir de rencontrer les étudiants qui viennent de redémarrer le journal étudiant du Cégep de Chicoutimi, L’Oisif. Ils ont témoigné du plaisir qu’ils avaient de tenir entre leurs mains un journal papier et de toucher l’objet de leur travail.

C’est un plaisir quotidien que vivent la plupart des journalistes, celui d’ouvrir le journal papier dans lequel ils ont écrit, de voir le résultat de leur travail. «Ouvrir un journal papier, c’est comme faire jouer un disque vinyle sur une table tournante», a comparé Gabrielle Boutin, qui a signé une chronique intitulée «Ouvrez vos yeux: le CH est malade».

Roger Blackburn

Zigzaguer entre les fissures

CHRONIQUE / Richard Desrosiers, un retraité de 67 ans, a évité le pire lors d’une chute à vélo, sur la rue Vimy, dans le secteur nord de Chicoutimi, dimanche. Le sportif, qui pratique le vélo depuis plus de 25 ans à raison de 300 sorties par année, est tombé dans une imperfection de la route. Il s’est cassé l’os de l’omoplate, s’est fracturé deux côtes et a subi un décollement de la paroi du poumon.

Il a passé une nuit à l’urgence et est retourné chez lui le bras en bandoulière pour une convalescence de deux mois. « Une chance que j’avais mon casque, parce que je me serais retrouvé avec une sévère commotion cérébrale en plus », estime le cycliste, en montrant les grains de sable incrustés dans le plastique de son casque et la fêlure sur le côté.

Chroniques

Un bilan positif pour la pêche blanche

CHRONIQUE / Les nouvelles modalités de pêche blanche de la saison 2019 sur les deux sites de la baie des Ha ! Ha ! auront fait fuir 173 propriétaires de cabane à pêche comparativement à la saison 2018. La nouvelle tarification, qui a fait passer les coûts de 85 $ à 165 $ par cabane, plus les taxes, a incité certains pêcheurs à manifester leur mécontentement en désertant les villages de glace.

« Il y a eu de la grogne au début, il s’est dit beaucoup de choses sur les réseaux sociaux, mais je n’ai jamais douté qu’on relèverait le défi de la gestion des sites de pêche blanche », a fait valoir Dany Tremblay, président de l’organisme Contact-Nature à qui Saguenay a confié la gestion de la pêche. L’organisme a présenté le bilan de la dernière saison, mardi matin, au Pavillon des croisières de La Baie, en compagnie de la mairesse Josée Néron.