Julie Dubord, directrice générale de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le tourisme d’aventure en tête

CHRONIQUE / Le tourisme d’aventure, les festivals et les événements affichent les meilleures performances touristiques de la région selon une application informatique supportée par des algorithmes qui décodent les conversations et les commentaires des visiteurs sur les réseaux sociaux.

La directrice générale de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Dubord, a dévoilé les grandes lignes de cet indice de confiance, mercredi, lors du lancement du Forum touristique régional qui se déroule à l’hôtel Le Montagnais de Chicoutimi. L’application a traité plus de trois millions de conversations partout à travers le monde et provenant de 500 000 sources différentes, un nouvel outil qui vient documenter davantage le visage touristique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Avec les outils numériques, nous sommes en direct sur la planète et en continu. Avant, il y avait le bouche-à-oreille pour se faire connaître et recevoir les commentaires des gens. Maintenant, le client nous voit en direct avec les commentaires sur les réseaux sociaux, c’est un outil qui permet de nous ajuster aux besoins des gens », a fait valoir Julie Dubord devant plus d’une centaine de participants.

Des représentants de l’industrie touristique régional ont coupé le ruban officiel pour inaugurer le début du Forum touristique régionale.

Tourisme d’aventure

Cette nouvelle indication de la popularité du tourisme d’aventure réjouit ceux qui travaillent au développement de ce créneau d’excellence. « La motoneige, les parcs nationaux, les sports nautiques en eaux vives, les activités de plein air, le ski hors-piste, le ski alpin et la pêche au saumon font partie de ce qu’on appelle le tourisme d’aventure », indique Gilles Simard, directeur du Créneau d’excellence en tourisme d’aventure et écotourisme.

« On parle de plus en plus de “story telling” comme expérience touristique. Ils veulent se faire raconter des histoires et en savoir plus sur leur destination et leurs activités », fait savoir Gilles Simard. Pour paraphraser un humoriste bien connu, on pourrait dire : « On ne veut pas juste le voir, on veut aussi le savoir. »

« Des représentants de la Norvège nous accompagnent dans le cadre du Forum touristique et les principaux commentaires concernent la compétence des guides qui nous accompagnent lors des visites », souligne l’intervenant. Très souvent, un paysage est plus beau quand il est expliqué.

« Nos paysages sont des attraits importants pour les visiteurs. Le fjord, le lac et nos grandes rivières méconnues sont très intéressants à découvrir pour les touristes. Le tourisme hivernal commence à se tailler une place de choix et fait partie de la planification du développement tout comme les destinations autochtones », fait valoir Gilles Simard.

Tourisme d’hiver

L’hébergement expérientiel, le traîneau à chiens, la pêche blanche, les sports aérotractés, le ski alpin et la motoneige font partie de l’offre touristique hivernale au Saguenay-Lac-Saint-Jean. « Le village Imago, en face du Valinouët, au pied du mont Victor Tremblay, est un bel exemple de ce qui pourrait se développer autour du tourisme de motoneige. Des relais avec une possibilité d’hébergement et une expérience gastronomique de grande qualité. Ce genre de concept fait partie des produits qui vont rehausser l’offre touristique hivernale », fait valoir le directeur du Créneau d’excellence en tourisme d’aventure et écotourisme.

Il faut se rappeler qu’il y a 30 ans, le ministère du Tourisme considérait que l’hiver était une saison morte sur le plan touristique. Il y a donc encore beaucoup de chemin à faire, notamment avec la motoneige qui s’impose comme le leader de l’industrie touristique hivernale du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La pêche n’est pas une aventure

Curieusement, la pêche sportive ne fait pas partie du créneau d’excellence du tourisme d’aventure. Pourtant, avec une dizaine de zecs, une vingtaine de pourvoiries, deux réserves fauniques, des parcs nationaux, un fjord, le lac Saint-Jean et des milliers de lacs, c’est incompréhensible que cette activité ne soit pas dans le créneau d’excellence.

Pourtant, la démarche ACCORD (Action concertée de coopération régionale de développement) semble claire en indiquant que « le tourisme d’aventure vise une activité physique de plein air se déroulant dans un milieu naturel particulier (endroit inusité, exotique, isolé, inhabituel ou sauvage) qui fait intervenir des moyens de transport traditionnels ou non traditionnels (exemple : motoneige, VTT, marche, canot, kayak, etc.) et qui comporte nécessairement un niveau de risque plus ou moins élevé ».

Il me semble que des individus qui se rendent en forêt, qui naviguent sur un lac en chaloupe avec un petit moteur ou en canot avec des rames, qui conjuguent avec le vent, la pluie, qui observent la faune et la flore, qui pêchent à la mouche ou au lancer léger et qui cuisinent leurs prises sur un feu en bordure du lac est une activité qui paraît assez inusitée, exotique, isolée, inhabituelle ou sauvage.

Pouponnière de leaders en plein air

L’indice de confiance dévoilé en ouverture du Forum touristique régional a donc confirmé la décision de mettre en valeur le Créneau d’excellence en tourisme d’aventure et écotourisme qui caractérise indéniablement la région.

Le baccalauréat en plein air de l’UQAC, les formations en tourisme et en milieu naturel du Cégep de Saint-Félicien et le DEP de la polyvalente de La Baie en Protection et exploitation de territoires fauniques sont de véritables pouponnières pour le développement du tourisme d’aventure.

« Lors d’une rencontre des principaux intervenants en tourisme avec les partenaires de la Norvège, environ la moitié des personnes présentes avaient été formées à l’UQAC en plein air », a fait remarquer Gilles Simard, lui-même un diplômé de l’UQAC et un des premiers avec François Guillot, directeur du parc des Monts-Valin, à offrir des produits d’écotourisme dans la région avec leur entreprise Québec Hors-Circuit, au milieu des années 1990.

Les conférences et ateliers de discussions se poursuivent jusqu’à vendredi, toujours au Montagnais.