Le navire est toujours impressionnant avec ses 1310 cabines.

Le Queen Mary 2 moins populaire

CHRONIQUE / La baie des Ha ! Ha ! a enfilé ses plus beaux atours, mardi, pour accueillir le bateau de croisière Queen Mary 2 qui en est à sa quatrième visite au quai d’escale de La Baie. Le paysage « fjordesque » n’a pas encore revêtu sa robe automnale, mais le temps était suspendu pour l’amarrage de ce grand hôtel flottant sous un lumineux soleil.

Le géant des mers attire moins les foules que lors de sa première visite en 2016. À peine quelques centaines de visiteurs s’étaient déplacés pour admirer le paquebot transatlantique britannique. Il y a trois ans, le maire Jean Tremblay et la direction de Promotion Saguenay avaient fait tout un événement de cette visite, en présentant des spectacles musicaux, en offrant des navettes d’autobus aux 15 minutes pour amener les curieux, des cartes postales, des drapeaux et des feux d’artifice. Des milliers de visiteurs s’étaient donné rendez-vous pour l’occasion.

Toujours impressionnant

Le navire est toujours impressionnant avec ses 1310 cabines et fait rêver bien des gens qui aimeraient se retrouver à bord pour profiter des luxueux aménagements, dont une vingtaine de restaurants et cinq piscines.

Les comédiens bénévoles de La Fabuleuse histoire d’un Royaume étaient encore fidèles pour accueillir les croisiéristes. J’ai croisé un ami sur le quai qui était de passage dans le secteur pour des raisons professionnelles. « C’est la première fois que j’assiste à l’arrivée d’un bateau de croisière. J’espère que les touristes ne pensent pas qu’on vit de cette façon dans la région », me dit-il en référence aux personnages comme le curé, les Amérindiens et les jeunes qui dansent des sets carrés.

À leur descente du bateau, les croisiéristes sont invitées à déguster des « blueberry pie » et des bâtonnets de sirop d’érable et ne peuvent pas résister à la tentation de se faire photographier avec les personnages costumés en Amérindiens devant leur tipi.

Il faut rappeler que les citoyens de Saguenay payent depuis 11 ans plus de 1,3 million $ par année pour accueillir des bateaux de croisière. « On doit payer annuellement 839 854 $ pour la dette, plus 262 698 $ d’intérêts, des frais d’entretien de 194 000 $, des assurances de 46 598 $ et des frais d’administration de 5200 $ », m’avait détaillé la mairesse Josée Néron lors d’une entrevue sur le sujet l’an dernier.

Des visiteurs qui visitent

Pour la saison 2019 au port d’escale de Saguenay, quelque 60 bateaux largueront les amarres pour un total de 93 290 passagers et membres d’équipage. Les propriétaires de taxi proposent des tours de ville aux visiteurs. « Le Centre plein air du Bec-Scie, le secteur du Parc national du Saguenay à Rivière-Éternité (au coût de 295 $) et le Musée du Fjord sont très populaires », a fait savoir un des chauffeurs qui attendait des clients sur le stationnement du quai. Les excursions en direction du Zoo sauvage de Saint-Félicien et le Village historique de Val-Jalbert aux coûts de 445 $ ne sont pas très populaires, selon les chauffeurs de taxi que j’ai rencontrés. « C’est trop loin », disent-ils.

Pour Joseph Simard, de Tours Aventure Fjord et Monde, les bateaux de croisières représentent une opportunité intéressante. « On transporte les croisiéristes dans l’arrière-pays pour une sortie de deux à trois heures. La réponse est bonne, les visiteurs sont curieux. On les amène à L’Anse-Saint-Jean pour visiter le pont couvert, les maisons ancestrales et jusqu’au point de vue de l’Anse de Tabatière. Ceux qui sont friands de randonnées pédestres optent pour le Parc national du Saguenay dans le secteur de Rivière-Éternité », laisse entendre celui qui offre aussi des croisières sur le fjord.

Grâce à l’Internet

« Les croisiéristes font des recherches sur Internet pour voir ce qu’il y a d’intéressant à faire au Saguenay et vont acheter nos forfaits à 104 $ en ligne. Pour le 10 octobre prochain, nous avons déjà sept autobus qui prendront le départ, c’est plus de 150 personnes », fait-il savoir.

Son entreprise touristique est aux prises avec les mêmes problèmes que bien des compagnies qui œuvrent sur le plan international. « Je ne suis pas capable de collecter les taxes de vente quand je fais affaire avec des agences mondiales comme Viatour ou Trip Advisor. Quand les voyageurs font affaire avec nous directement, je vends mes forfaits 104 $ plus taxes. Quand Viatour vend mon forfait 104 $, ils prennent une commission de 15 % et me retournent 85 $. Mais moi, je ne suis pas capable de collecter les taxes sur leur transaction, mais je dois les payer quand même au gouvernement », explique l’homme d’affaires.

« C’est la même situation dans l’hébergement avec Airbnb qui vend de l’hébergement partout dans le monde dans des logements privés sans charger aucune taxe. Ce sont des pratiques qui ne pourront pas durer », estime le voyagiste.