Le premier élève à s’inscrire au cours de pilotage du Cégep de Chicoutimi, Bernard Gendron (à droite), a fait la connaissance du nouveau directeur général du Centre québécois de formation en aéronautique, Steeve Noreau, lors d’un déjeuner-conférence de la ville de Saint-Honoré.

Le premier élève du CQFA

CHRONIQUE / La ville de Saint-Honoré a invité des membres de la direction générale du Cégep de Chicoutimi, mercredi dernier, dans le cadre d’un déjeuner-conférence et de réseautage, une occasion pour l’établissement d’enseignement de faire connaître leurs services et de mieux faire connaissance avec la ville qui accueille le Centre québécois de formation en aéronautique (CQFA).

Le directeur général du cégep, André Gobeil, a d’ailleurs qualifié le CQFA comme étant une école dans un cégep. L’école de pilotage reçoit environ 360 demandes d’inscriptions par année pour suivre des cours de pilotage et le CQFA recrute seulement 40 étudiants en première année pour en diplômer environ 35 après trois ans de formation.

Le CQFA fait partie des cinq grandes écoles nationales du Québec qui offrent des formations techniques de haut niveau dans des spécialités exclusives au même titre que l’Institut maritime de Rimouski, l’École des pêches et de l’aquaculture en Gaspésie, l’École nationale d’aérotechnique de Montréal et l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Victoriaville.

De beaux projets sont en voie d’être réalisés au CQFA alors qu’un mémoire a été déposé au ministère de l’Éducation pour la construction d’un nouveau hangar, l’achat d’un simulateur de vol et de nouveaux avions pour la formation de pilotes de ligne, de pilotes de brousse et de pilotes d’hélicoptère pour former la crème des pilotes du Québec.

La crème des pilotes

En parlant de la crème des pilotes, j’ai fait la connaissance de Bernard Gendron, le premier pilote à s’inscrire au cours de pilotage du Cégep de Chicoutimi. « Il n’y avait pas de comité de sélection en 1968. J’ai appris en écoutant les nouvelles à la télévision que le cégep allait offrir des cours de pilotage. Le lendemain matin, j’étais dans le bureau du premier directeur général, Robert Papillon, qui était en train d’accrocher ses diplômes sur les murs de son nouveau bureau », raconte l’homme de 69 ans qui vit maintenant sur les rives du lac Docteur, à Saint-Honoré.

« Je lui dis que j’ai vu aux nouvelles que le cégep donnerait des cours de pilote et que je voudrais m’inscrire. Il a pris mon nom en note et il m’a dit de me présenter le 5 septembre dans le local. Voilà, j’étais inscrit et accepté », raconte celui qui a été pilote de brousse pendant 40 ans.

« En sortant de l’école, j’ai travaillé sept ans pour Air Saguenay pour faire le transport des chasseurs et pêcheurs dans les pourvoiries. C’était une belle époque. On volait à vue, évidemment, et il arrivait parfois que les clients restaient dans le bois quelques jours de plus avant que le temps se dégage. Dès que le soleil se pointait, on allait chercher les clients qui donnaient de bons pourboires. Parfois on pouvait se faire jusqu’à 500 $ de “tips” par semaine. C’était beaucoup d’argent pour un jeune pilote en 1970 », relate celui qui a confié ne pas aimer la pêche et ne pas manger de poissons.

Après sept ans pour le compte d’Air Saguenay, Bernard Gendron a été 20 ans à titre de pilote exécutif pour la compagnie Sher-Wood qui fabriquait des hockeys à Sherbrooke. « L’été, je transportais des vedettes de hockey dans les camps de pêche luxueux de la compagnie et l’hiver j’étais représentant pour la compagnie et je vendais des hockeys partout en Amérique », met en relief le premier élève du cours de pilotage.

Il a fait ce travail de 1977 à 1997 avant de travailler trois années à Havre-Saint-Pierre et donner quelque cours de formation. Il est encore aujourd’hui un des rares spécialistes des appareils à roues de queue, qui donne encore de la formation reconnue par Transports Canada.

Le pilote de brousse a plusieurs anecdotes en tête et une carrière bien remplie. « À cette époque, il y avait plusieurs compagnies qui fabriquaient des hockeys à Sherbrooke », dit-il. Les plus âgés d’entre nous se souviendront du commentaire de Jean Perron, alors qu’il était entraîneur du Canadien, qui s’en prenait à ses défenseurs qui avaient de la difficulté à gérer le trafic en avant du filet. « Un bon coup de Sher-Wood dans le dos, ça fait du bien de temps en temps » avait-il déclaré devant les journalistes, en faisant référence aux célèbres bâtons de hockey.

Vol à basse altitude

J’ai réussi à lui tirer un peu les vers du nez en rapport avec une légende urbaine concernant les élèves pilotes de la première cohorte du Cégep de Chicoutimi. La rumeur veut que des pilotes se soient amusés à faire des vols à basse altitude au-dessus du cégep, comme Tom Cruise dans le film Top Gun. Un des pilotes aurait même fait voler un des appareils entre les deux clochers de la cathédrale de Chicoutimi, ce qui avait mis en beau fusil les autorités du Cégep. Les jeunes pilotes auraient même déclenché une enquête de la GRC.

Bernard Gendron a confirmé les vols à basse altitude, mais ne se souvient pas de la passe entre les deux clochers de la cathédrale. La première cohorte comptait environ 25 élèves-pilotes et ils doivent être âgés de 69 ou 70 ans aujourd’hui. Si vous en connaissez un, faites-vous compter l’histoire et dites-moi si la passe entre les clochers de la cathédrale est vraie. J’aimerais juste savoir.