Daniel Bédard a acheté le Mcdonald’s du boulevard Talbot en 1978.

Le McDo Talbot a 40 ans

CHRONIQUE / Quand le restaurant McDonald’s du boulevard Talbot à Chicoutimi a ouvert ses portes le 26 juin 1978 il n’y avait pas un chat pour le matin de l’ouverture. « Je me rappelle que je paniquais un peu. Nous n’avions pas les menus déjeuner que nous avons aujourd’hui, c’était des œufs brouillés comme les Américains, les gens n’aimaient pas ça. Il n’y avait que les membres de ma famille dans le restaurant. J’ai descendu dans mon bureau au sous-sol afin d’appeler les stations de radio pour acheter de la pub en direct pour faire savoir aux gens que le McDonald’s ouvrait aujourd’hui. Pendant que je parlais au téléphone, mon gérant est descendu pour me dire de monter voir ça. Le restaurant était plein, les gens attendaient l’heure pour les hamburgers », se rappelle le propriétaire, Daniel Bédard, que j’ai rencontré autour d’un café sur une banquette à l’entrée du restaurant qui fêtera bientôt ses 40 ans.

10 cents pour un hamburger
« Le hamburger se vendait dix “cennes”, le cheeseburger 15 “cennes” et le Big Mac 0,95 $. À part ça, sur le menu, il y avait le petit et le gros frite, et le filet de poisson. Il y avait une file de voitures jusqu’en face de l’hôtel le Montagnais. Les clients se stationnaient tout autour, car il n’y avait pas beaucoup de commerces autour du restaurant », raconte l’homme d‘affaires de 72 ans qui se souvient entre autres de la grande enseigne géante de M. Mufler de l’autre côté de la rue.

L’arrivée d’un McDo à Chicoutimi était un grand événement. On avait l’impression de faire partie des grandes villes de la planète. « Au début, les gens sont venus par curiosité et la population a fini par adopter le restaurant. La première semaine d’opération, nous avons vendu pour 78 000 $ (277 885,35 en dollars d’aujourd’hui), ce fût un record de vente d’ouverture pour un McDonald au Canada », fait valoir Daniel Bédard, qui a précisé en cours d’entrevue que le restaurant réalise aujourd’hui pas moins de 70 000 transactions par mois. « Ça fait beaucoup de monde », dit-il.

D’avocat à restaurateur
En 1978, Daniel Bédard était associé dans un bureau d’avocats à Granby. « J’œuvrais dans le droit commercial et j’avais comme client le franchisé du restaurant McDonald’s de Granby. Un dimanche matin, alors que je travaillais à mon bureau, je décide d’aller jouer au golf pour me changer les idées et je me suis retrouvé sur le même départ que mon client. Au 19e trou, il me dit que je ferais un bon gars pour diriger une franchise McDonald’s. J’ai considéré son offre et il m’a mis en contact avec le siège social de Toronto où j’ai rencontré des membres de l’exécutif qui m’ont offert une franchise », plonge dans ses souvenirs celui qui ignorait, à ce moment, qu’il s’installerait à Chicoutimi.

Le bureau chef de McDonald’s avait déjà acheté le terrain du boulevard Talbot. « On m’avait proposé un site à l’Ancienne Lorette, mais je préférais une grosse ville comme Chicoutimi », confie celui qui a vendu ses parts dans la firme d’avocats pour venir s’installer avec ses quatre enfants à Chicoutimi.

« Les gens du siège social de Toronto cherchaient quelqu’un qui était prêt à s’impliquer personnellement dans une franchise. Il y avait des investisseurs intéressés à mettre de l’argent à Chicoutimi, mais pas de propriétaires prêts à s’investir sept jours par semaine », met en relief celui qui a contracté un emprunt à la banque en plus d’investir personnellement pour allonger les 500 000 $ (1 984 895,33 $ en dollars d’aujourd’hui) nécessaires pour devenir franchisé.

De la poutine et de la pizza
Daniel Bédard a ensuite ouvert des franchises à La Baie en 1981, à Chicoutimi-Nord en 1987, à Place du Royaume et chez Walmart en 1992. Il a vendu ces franchises à son fils Jean-Daniel, au cours des dernières années, avant que ce dernier ouvre une franchise sur le boulevard Saint-Paul.

Daniel Bédard se qualifie de « workoolique » et que ça n’a jamais été un effort de se rendre au restaurant tous les matins. « McDo est une chaîne extraordinaire. Grâce à mon travail, j’ai pu voyager à travers le monde. À une certaine époque, quand une nouvelle succursale ouvrait dans le monde, on faisait une fête et on se rendait dans le pays du nouveau restaurant. La chaîne respecte énormément ses franchisés et organise des rencontres annuelles où nous sommes consultés sur les nouvelles tendances et les plans de développement de mise en marché et de marketing », fait valoir celui qui s’est impliqué à différents niveaux au sein de l’organisation au cours de sa carrière. « Je me souviens des discussions quand nous avons intégré des pizzas et la poutine dans nos franchises. La pizza était un succès dans les franchises en région, mais pas dans les grandes villes où il y avait une forte concurrence », se souvient-il, précisant que la poutine est offerte seulement au Québec pour le moment, mais qu’il y a des projets pour les franchises canadiennes.

Un autre contrat pour 20 ans
Le restaurant du boulevard Talbot a subi des transformations en 1983, 1991 (jeux pour enfants), 1997 et une transformation majeure de deux millions de 2010 à 2012. « On veut demeurer les premiers et il faut s’améliorer constamment et suivre les tendances alimentaires en offrant de plus en plus de choix santé. Les méthodes de gestion et les relations avec les employés sont toujours au cœur des préoccupations », précise le gestionnaire qui est encore tous les jours dans son restaurant.

« Je vais signer mon troisième contrat de 20 ans avec McDonald’s d’ici quelques jours », lance fièrement celui qui se considère privilégié d’avoir fait carrière au sein de cette organisation.

« En 1978, j’étais le plus jeune franchisé McDo au Canada et maintenant je fais partie des trois plus anciens », dit-il avec fierté.

Des retrouvailles
Le restaurateur n’a pas l’intention de célébrer de façon particulière ce 40e anniversaire, mais ce sont des employés de la première heure qui ont manifesté l’intérêt de faire des retrouvailles. Jean-François Aubé de Chicoutimi avait 15 ans quand le McDo Talbot a ouvert ses portes. « Je m’en rappelle comme si c’était hier, on ne voyait plus les fenêtres tellement il y avait du monde. Ce fut une expérience de travail extraordinaire. On se souvient toujours de notre premier emploi. Nous avons appris la rigueur, le travail d’équipe, les relations avec la clientèle, on conserve tous un bon souvenir », dit-il.

« On organise des retrouvailles pour les employés des cinq premières années. On se donne rendez-vous chez McDo le samedi 7 juillet à 16 h pour une visite des lieux et déguster les nouveaux produits. Ensuite on se rend au club de golf de Chicoutimi pour finir la soirée. Une quarantaine de personnes ont déjà confirmé leur présence », détaille l’organisateur.

Ceux qui n’ont pas été contactés peuvent joindre Jean-François Aubé, au 418 693-2264 ou à jf@concassdalfa.ca, pour participer aux retrouvailles et se rappeler leur premier Big Mac.