Roger Blackburn
Yvon Bouchard fait partie des maniaques de pêche installés au Camping de la pointe, à Mashteuiatsh. Il pose devant la quarantaine de monte-bateaux à la disposition des pêcheurs.
Yvon Bouchard fait partie des maniaques de pêche installés au Camping de la pointe, à Mashteuiatsh. Il pose devant la quarantaine de monte-bateaux à la disposition des pêcheurs.

Le lac Saint-Jean, un des plus beaux lacs de pêche au Canada

CHRONIQUE / C’est la Semaine nationale de la pêche, du 4 au 12 juillet. « Avec plus d’un million de lacs, rivières et ruisseaux et trois océans, le Canada peut à juste titre se vanter d’être l’un des environnements naturels les plus diversifiés de la planète », précise le communiqué de la Fondation canadienne de la pêche sportive.

Alors quoi de mieux que d’aller rencontrer des maniaques de pêche sportive sur un des plus beaux lacs de pêche du Canada, le lac Saint-Jean, sur un site où on pêche la ouananiche depuis plus de 5000 ans, au Camping de la pointe, à Mashteuiatsh.

L’emplacement, campé dans un décor magnifique, au creux d’une baie avec une plage sablonneuse, compte 86 emplacements de roulottes et 40 rampes de bateau. « Il y en a déjà eu plus, mais la moitié de nos campeurs sont des maniaques de pêche. Tous les jours, quand la température le permet, les bateaux sortent sur le lac et les amateurs reviennent avec leurs poissons », raconte le responsable du terrain de camping, Gaétan Simard.

« Les autochtones se sont installés ici à l’époque, car ils savaient que c’était le meilleur endroit pour la pêche », soutient Yvon Bouchard, un pêcheur d’expérience qui connaît bien le Piékouagami.

« On fait toutes nos pêches ici en face, deux kilomètres à gauche ou à deux kilomètres à droite », confie Yvon Bouchard en pointant du doigt la magnifique vue qui s’offre à eux.

Du lac à l’assiette

Sa conjointe Josée Fortin, elle aussi une mordue de la pêche, s’invite dans la conversation pour dire que les ouananiches sont grosses et dodues, cette année. « La première que j’ai capturée cette saison pesait cinq livres et deux onces. Nous avons la chance de manger du poisson frais, du lac à l’assiette, c’est un privilège extraordinaire », dit-elle.

Gaétan Simard, responsable du Camping de la pointe, à Mashteuiatsh, et Yvon Bouchard, devant l’évier qu’il a aménagé à sa roulotte servant à éviscérer les poissons qui sont pris quotidiennement.

« Le doré qu’on mange au restaurant n’a rien à voir avec celui qui sort du lac, ici; ça ne goûte vraiment pas pareil. Je le cuisine avec des amandes grillées ou je le fais pocher dans le lait avec des fines herbes. Pour moi, c’est le meilleur poisson à manger », assure celle qui partage ses prises avec ses proches quand la pêche est bonne.

Secrets de pêche

Yvon Bouchard n’hésite pas à partager ses techniques de pêche. « Je pêche la ouananiche au “downriger” entre 15 et 20 pieds (5 et 7m), avec des cuillères ondulantes (des trôles) chromées, longues et minces avec un grappin sans appât. Elles se comportent comme un éperlan blessé qui nage de manière erratique comme quand une ouananiche le mord en l’attaquant avant de le bouffer », explique-t-il.

« Pour le doré, j’utilise des marcheurs de fond avec un hameçon et des vers de terre. Pour ce poisson, tout est dans la présentation du leurre. Il faut bien enfiler son ver sur l’hameçon pour qu’il garde sa forme. Avant, je les piquais avec une seringue pour les gonfler d’air », détaille celui qui pêche depuis l’âge de cinq ans.

« Il faut être attentif avec le doré, car il prend le ver dans sa bouche, dans un premier temps, il ne faut pas le ferrer tout de suite, et ensuite il l’aspire pour le manger, et c’est là qu’il faut le piquer, sinon on lui enlève le ver et on le manque », révèle le pêcheur d’expérience qui consacre au moins 200 heures pêche par saison et une trentaine de ouananiches.

Camping adapté pour les pêcheurs

« Il a fallu adapter nos services en fonction des pêcheurs, sur le terrain de camping. Quand une cinquantaine de pêcheurs reviennent du large avec des centaines de dorés et de ouananiches, ça fait beaucoup d’abats de poisson dans les vidanges et ce n’est pas long que les odeurs deviennent insoutenables. Nous avons installé des congélateurs pour les restes d’éviscération. On fait congeler les déchets et on se coordonne avec la cueillette des vidanges pour mettre les restes de poissons congelés le jour de la collecte. De cette façon, on évite les mauvaises odeurs, et quand un congélateur brise, on s’arrange pour le remplacer rapidement », explique Gaétan Simard, le responsable du terrain de camping, qui est un peu plus avare de commentaires sur ses bons « spots » de pêche.

Comme dans l’ensemble de l’industrie de la pêche, la relève se fait rare. Ce sont encore des 50 ans et plus qui pratiquent l’activité, à part quelques exceptions. « Nous sommes vraiment privilégiés d’avoir un lac aussi extraordinaire que le lac Saint-Jean. C’est le paradis de la pêche et un décor magnifique. Et vraiment, cette année, tous les pêcheurs sont d’accord pour dire que c’est une année exceptionnelle pour la pêche », conclut Yvon Bouchard, qui fait partie de ces pêcheurs qui collaborent avec le ministère pour documenter ses prises et récolter des écailles pour les biologistes.

Josée Fortin, maniaque de pêche, pose avec sa première ouananiche capturée sur le lac Saint-Jean cette été. Elle pesait cinq livres et deux onces.

Bonne Semaine nationale de la pêche à tous les amateurs.