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Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
Gerry Simard, superviseur, et Pierre-Luc Tremblay, paramedic, doivent respecter des normes sanitaires très exigentes pour les ambulanciers en temps de pandémie.­
Gerry Simard, superviseur, et Pierre-Luc Tremblay, paramedic, doivent respecter des normes sanitaires très exigentes pour les ambulanciers en temps de pandémie.­

Le froid n’aide pas les ambulanciers

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CHRONIQUE / Les ambulanciers du Saguenay-Lac-Saint-Jean appréhendent l’arrivée des grands froids pour le transport des malades. Les procédures de la Santé publique exigent qu’ils enfilent des jaquettes d’hôpital avant d’entrer dans les maisons et dans l’hôpital, ce qui donne des frissons à moins 20 degrés Celsius.

« Depuis le début de la pandémie, le nombre d’appels pour le transport en ambulance est resté stable, mais les procédures de la Santé publique ont considérablement compliqué notre travail et ça commence dès qu’une personne communique avec le centre d’appel », explique Gerry Simard, superviseur des paramédics au sein de la section Saguenay de la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ).

Les préposés aux appels doivent en effet poser toutes les questions de procédure aux gens; à savoir s’ils font de la température, s’ils ont des symptômes reliés au coronavirus, s’ils ont voyagé récemment, s’ils ont été en contact avec des gens qui ont la COVID-19, etc.

« C’est long, au bout du téléphone, pour les gens qui sont en situation d’urgence et qui doivent répondre à toutes ces questions avant de pouvoir raconter ce qui se passe à la maison. Quand nous recevons l’appel d’urgence, on se rend chez le patient en question, mais en arrivant devant la maison, on doit enlever nos manteaux d’hiver et enfiler nos jaquettes de protection », détaille Gerry Simard.

« Imaginez les gens dans la maison qui sont aux côtés d’une personne âgée souffrant sur le sol et qui voient par la fenêtre les deux ambulanciers qui enfilent leur jaquette dans la rue avant de leur porter secours. Ça demande un trente secondes de plus pour chaque intervention; c’est long pour les gens », dit-il.

« Une fois dans la maison, nous devons recommencer la série de questions avec deux mètres de distance, à savoir s’ils font de la fièvre, s’ils ont voyagé, s’ils ont des symptômes, etc. Si c’est un cas de COVID, il faut prendre d’autres mesures. On doit ensuite déplacer le patient à l’intérieur de l’ambulance, mais le paramédic qui prend le volant doit enlever sa jaquette et enfiler son manteau », explique le superviseur.

Plus de garage chauffé

En arrivant à l’hôpital, les ambulanciers ne peuvent plus entrer dans le garage chauffé pour déplacer leur patient. Ils doivent plutôt effectuer les manoeuvres dans un immense abri, au froid. Le garage est devenu un espace de tri.

L’ambulancier au volant doit enlever son manteau et enfiler une nouvelle jaquette pour entrer dans l’hôpital. Si le paramédic qui était monté derrière avec le patient avait décidé de garder des vêtements chauds sous la jaquette pendant son intervention, il risque parfois de passer plus de 30 à 45 minutes habillé chaudement près du malade une fois à l’intérieur avec le masque et la visière. Ça augmente le niveau de difficulté. « C’est lourd et difficile comme procédure », avoue Gerry Simard.

Au printemps, les hôpitaux ont dû complètement réaménager les espaces intérieurs. « Nous nous sommes habitués au protocole, mais nous devons désinfecter les véhicules à l’extérieur et des mesures importantes doivent être prises pour s’assurer qu’un patient atteint de la COVID ne contamine pas nos équipements à l’intérieur de l’ambulance. C’est normé “crash test” (les équipements doivent rester en place malgré une collision) pour nos véhicules », fait valoir le superviseur de la CTAQ.

Gerry Simard, superviseur, et Pierre-Luc Tremblay, paramedic, doivent respecter des normes sanitaires très exigentes pour les ambulanciers en temps de pandémie.­

« Tous les cas de COVID que nous avons eus ont été transportés à l’hôpital de Chicoutimi et il a fallu une adaptation pour les 230 paramédicaux qui oeuvrent dans la région », dit-il.

Temps froid appréhendé

Les temps doux du début de l’hiver ont été salutaires pour les ambulanciers qui anticipent les grands froids avec appréhension. « Le moral est bon, mais c’est difficile, car inévitablement, les ambulanciers vivent aussi les mêmes soucis que les autres familles avec le télétravail et les ados qui n’en peuvent plus de rester enfermés », commente l’ambulancier.

« Curieusement, depuis l’imposition d’un couvre-feu, il y a moins d’appels le soir. C’est peut-être un concours de circonstances, mais on dirait que les gens sont moins malades durant le couvre-feu. Ça permet un peut de répit », laisse tomber Gerry Simard.