Roger Blackburn
Chaque fois qu’un membre de ma famille sollicitait l’abbé Linteau pour célébrer un mariage, baptiser un enfant ou pour officier des funérailles, il répondait toujours présent. Ce serait bien que ceux qui ont été supportés par Gérald s’impliquent pour soutenir sa fondation.
Chaque fois qu’un membre de ma famille sollicitait l’abbé Linteau pour célébrer un mariage, baptiser un enfant ou pour officier des funérailles, il répondait toujours présent. Ce serait bien que ceux qui ont été supportés par Gérald s’impliquent pour soutenir sa fondation.

Le défi des familles de Gérald Linteau

CHRONIQUE / «La loi de Dieu pardonne tout, il est uniquement amour. Et si l’enfer existe, il doit être vide ». C’est l’abbé Linteau qui m’avait dit cette phrase en conclusion d’une entrevue qu’il m’avait accordée, le 1er juin 2016, au sujet de la Fête de l’amour organisée dans la paroisse Sainte-Claire à Chicoutimi, secteur nord. Il est décédé subitement à son domicile cinq jours plus tard.

Son départ, à l’âge de 72 ans, a créé une onde de choc dans la communauté, mais son oeuvre est demeurée bien active dans le milieu communautaire et un groupe de personnes, sous la présidence du cardiologue Gérald Tremblay, se sont mobilisées pour continuer à soutenir son oeuvre en créant la Fondation Gérald Linteau.

La première activité de financement a eu lieu le 8 juin dernier avec le concert du Doc Show présenté au Théâtre Banque Nationale. La vente de 700 billets a permis d’amasser 30 000 $. Gérald Linteau avait été reconnu personnalité du mois de juin par Radio-Canada et Le Quotidien à titre posthume pour l’ensemble de sa carrière.

Défi des familles

Cette semaine, Mevil Leclerc, un ami de longue date, est venu me rencontrer au journal pour me lancer le défi des familles au profit de la Fondation Gérald Linteau. Mévil a interpellé les membres de sa famille pour s’engager à verser 1000 $ par année pendant cinq ans à la fondation et il m’a lancé le défi de faire de même avec ma famille.

Cette idée de défi des familles est née de discussions sur le mode de financement et un peu à l’image des challenges qui avaient été viraux sur Facebook au cours des dernières années. J’ai relevé le défi de la famille Leclerc et j’ai sollicité les membres de ma famille qui ont été, pour la plupart, mariés par l’abbé Linteau, ou encore qui ont des enfants qui ont été baptisés par l’abbé, qui est un ami de la famille qui a grandi dans mon quartier.

Chacun de mes frères et soeurs, neveux et nièces a accepté de donner 50 $ par année sur une période de cinq ans pour soutenir la fondation, dont l’objectif est d’atteindre 100 000 $ pour la première année. Dans les prochaines semaines, je vais lancer le défi à d’autres familles sur la page Facebook de la Fondation Gérald Linteau en les invitant eux aussi à défier d’autres familles.

Pour ceux qui vivent l’exclusion

L’abbé Linteau était le maillon fort du tissu communautaire et social de Saguenay. Je le rencontrais à l’occasion au centre-ville ou au Café du presbytère dans le quartier de la Petite Maison Blanche. Souvent, il avait un chèque dans la poche de sa chemise, alors qu’il sortait d’un bureau de professionnels pour solliciter leur générosité. « Je suis un quêteux professionnel », qu’il me disait. Il passait beaucoup de temps à demander aux plus riches pour qu’ils donnent aux plus pauvres et c’était difficile de lui dire non.

Gérald n’est plus de ce monde pour frapper aux portes et demander de l’argent, mais les oeuvres qu’il a créées ont toujours autant besoin de financement. La fondation poursuivra donc son oeuvre en stabilisant le financement des 15 corporations que sont la Maison des jeunes de Chicoutimi, les Amis de la nature, la Corporation Jeunesse diocésaine de Chicoutimi, le Village étudiant de Laterrière, le Domaine de l’amitié au Centre du Lac Pouce, la Fondation du Lac Pouce, les Entreprises jeunesse, la Librairie La Source, le Café du presbytère et le comptoir vestimentaire Les Trouvailles.

Ces organismes aident des gens qui vivent l’exclusion et leur présence sur le terrain est essentielle, car les fonds gouvernementaux ne suffisent pas pour les gens qui passent au travers des mailles du système et qui ont besoin d’aide pour leur réinsertion sociale.

« Nous avons présentement 50 000 $ d’amassés dans la fondation. La tenue du Doc Show a été un grand succès et déjà de sept à huit familles ont relevé le défi d’un engagement de 1000 $ par année pendant cinq ans. Nous estimons qu’une quinzaine de familles vont joindre les rangs prochainement », a fait valoir le président de la fondation, le cardiologue Gérald Tremblay. Ceux qui veulent donner de l’argent à la fondation peuvent entrer en contact avec ses dirigeants par l’entremise de la page Facebook de la Fondation Gérald Linteau.