Innus, Métis et Saguenéens ont célébré la Journée internationale des Autochtones jeudi à Chicoutimi.

Le début de quelque chose de grand

CHRONIQUE / La rencontre des deux peuples, c’est l’événement que sont venus célébrer les Innus de Saguenay jeudi sur le site commémoratif du Poste de traite de Chicoutimi. Pour la première fois, les Innus qui fêtent depuis des millénaires le jour le plus long de l’année ont ouvert les célébrations à Chicoutimi, avec un programme d’activités à la Place du citoyen.

Ce sont les gens du Centre d’amitié autochtone du Saguenay (CAAS) qui ont mis sur pied cette initiative. «Le but est de répéter cet événement dans les prochaines années. Les gens sont rendus là, il faut célébrer la rencontre des deux peuples ensemble. C’est important de faire connaître à la population les traditions autochtones, c’est important de créer des liens, nous comptons 1700 membres des Premières Nations à Saguenay», a fait valoir la responsable de l’événement Karine Cleary, coordonnatrice de la vie communautaire au CAAS.

Erreur historique
L’erreur historique dont je faisais mention la semaine dernière dans cette chronique sera probablement corrigée par les Innus qui célèbreront publiquement la rencontre des deux peuples le 21 juin de chaque année. Il y avait une cinquantaine de personnes au poste de traite jeudi matin. Des Innus, des Saguenéens, des Métis et des visiteurs de l’extérieur étaient sur place pour fêter la journée la plus longue, le solstice d’été.

«C’est la première fois qu’on sort des locaux du Centre d’amitié pour célébrer la journée internationale des peuples autochtones. On veut célébrer les cultures autochtones à Saguenay. On vise toujours à faire tomber les barrières et les préjugés et nous croyons qu’avec des rencontres dans des lieux publics, c’est une belle occasion de partage», explique la responsable de la programmation.

La rencontre des deux peuples, c’est l’événement que sont venus célébrer les Innus de Saguenay jeudi sur le site commémoratif du Poste de traite de Chicoutimi.

Place du citoyen
Après une allocution et un rituel autochtone au poste de traite, les activités se sont transportées à la Place du citoyen pour un atelier de sensibilisation à l’histoire des peuples autochtones et une dégustation de mets traditionnels. Contes, légendes, broderies, exposition et soirée cinéma sur l’écran géant du centre-ville étaient dans la programmation.

Les grands festivals ont commencé par une première fois. J’espère que c’est quelque chose de grand qui est né jeudi avec l’événement public de la rencontre des deux peuples. J’imagine très bien dans le futur un festival Rencontre des peuples où Innus et Saguenéens célèbreront ensemble. Une semaine d’activités célébrant le solstice pour se rendre jusqu’à la fête nationale des Québécois. Des artistes autochtones pourraient partager la scène avec des artistes québécois en même temps qu’un pow-wow sur la zone portuaire. Des danseurs traditionnels, des peintres et des artisans pourraient s’unir pour célébrer les deux peuples.

Je verrais même des amants de plein air organiser une journée de portage sur la route des fourrures entre Chicoutimi et le poste de traite de Métabetchouan pour commémorer le plus ancien lien de transport entre le Saguenay et le lac Saint-Jean.

Dans notre ADN
René Tremblay, le chef des Métis de la région, se disait fier de voir les Premières Nations sur la place publique pour affirmer leur présence à Saguenay et célébrer leurs ancêtres. Une dame que j’ai rencontrée à la salle Marguerite-Tellier avant l’atelier de sensibilisation sur l’histoire des peuples autochtones se disait fière de ses racines autochtones. «Ce n’est pas pour rien qu’on aime les activités de cueillette de petits fruits. Nous sommes des cueilleurs comme nos ancêtres, on aime le contact avec la nature et les activités de chasse et de pêche, c’est dans notre ADN», soutient la dame de 70 ans qui venait partager sa culture.

J’étais content de voir de jeunes Innus parler leur langue maternelle et raconter leurs histoires et nous faire connaître leurs valeurs spirituelles. En ces temps de vérité-réconciliation, l’initiative des Autochtones de Saguenay de célébrer la rencontre des deux peuples est peut-être quelque chose de grand qui s’amorce pour les générations futures.

L’animateur de la cérémonie au poste de traite a repris une grande phrase en rapport avec notre territoire: «Nos terres ne sont pas un héritage de nos parents, mais un emprunt que nous faisons à nos enfants.»