Marco Fillion et Caroline Tremblay avec leurs enfants, Ludovic, Eugénie, la chienne Charlotte, Rose et Julia.

Le champ vendu au kiosque

CHRONIQUE / « Ici on sort environ de 250 à 300 livres de tomates aux deux jours dans notre kiosque. On arrive à vendre toute notre production de légumes ici au comptoir, ça n'arrête pas, nous avons des clients sept jours sur sept », rapporte Marco Fillion, de la Ferme Tournesol installée sur la route 172 sur les rives de la rivière Shipshaw.
L'intérêt pour les produits fermiers ne cesse d'augmenter et les consommateurs se font de plus en plus nombreux à vouloir s'approvisionner directement au champ pour leurs légumes. « On fait de nouveaux semis chaque semaine afin de répondre aux besoins de nos clients au quotidien. Durant tout l'été nous récoltons chaque jour pour vendre au kiosque », raconte Caroline Tremblay, maraîchère à temps plein. « Notre saison de semence et de récolte s'étend du mois de février au mois d'octobre », assure la semeuse de légumes.
Les enfants s'amusent dans les champs de la Ferme Tournesol.
Le champ vendu au kiosque
Le couple Fillion-Tremblay a commencé par exploiter la bleuetière familiale de Caroline et ils ont acheté des terres sur le bord de la rivière le long de la route 172 il y a quatre ans. Ils cultivent maintenant une vingtaine de variétés de légumes. « On n'est pas bio, mais nos cultures sont naturelles », indique Marco Fillion, expliquant qu'il y a trop de paperasse à remplir pour recevoir cette accréditation. « Ne me parle pas de chimique, ici tout est naturel », lance Caroline, qui préfère s'arranger avec les mauvaises herbes.
Les producteurs utilisent des taons pour la pollinisation. « Des abeilles ça commence à butiner à 15 degrés, à 30 degrés ça ne vole plus et quand il pleut elles arrêtent pour faire sécher leurs ailes. Les taons sont plus vaillants », lance Caroline, qui préfère les insectes qui travaillent au même rythme qu'elle.
Des projets
À la Ferme Tournesol, la famille Fillion-Tremblay cultive au champ, sous tunnel et en serre. « Avec des nuits à cinq degrés comme nous avons connues depuis le début de l'été, il faut chauffer la serre pour assurer la croissance des tomates », explique Caroline Tremblay, qui ne cesse d'ajouter de nouvelles cultures chaque année. « Nous avons planté des asperges cette année et les plants seront productifs dans quatre ans. Nous avons aussi des projets pour des fraises et des framboises ; on estime pouvoir vendre une centaine de paniers par jour », ajoute Marco Fillion, qui veut exploiter ses terres au maximum.
Les producteurs maraîchers de la Ferme Tournesol sont vraiment étonnés du succès de leur entreprise. « De nombreux touristes arrêtent ici. Les Français capotent sur nos récoltes, ils veulent se promener dans nos champs et on a des demandes pour installer des tables à pique-nique au coeur de nos plantations et sur le bord de la rivière », observe la maraîchère qui veut exploiter le volet touristique de leur ferme dès l'an prochain.
« Les clients pourront se ramasser une baguette de pain tout en consommant nos produits transformés. On pense aussi à aménager une mini-ferme avec des animaux de basse-cour pour attirer davantage de touristes », fait valoir le couple qui compte cinq enfants.
Autocueillette
« Nous avons eu de la grêle dans nos plantations de bleuets, mais nous aurons tout de même une belle saison. L'autocueillette est toujours populaire et la vente au kiosque est toujours un succès, chaque année. Je suis en train de construire une unité de congélation et j'espère congeler 20 000 livres de bleuets. Nous pourrons utiliser nos bleuets congelés pour des produits de transformation comme des confitures et des tartes en début de saison », explique le producteur.
L'été, les bleuets se vendent environ 5 $ la livre au kiosque et le couple de jardiniers-maraîchers espère tirer 2,70 $ avec le bleuet congelé hors saison ou en produit de transformation. C'est plus intéressant financièrement que de vendre leur production à l'usine de congélation pour 0,26 $ la livre.
« Notre but est de vendre toute notre production au kiosque sur le bord de la route. Selon le ministère des Transports, il passe plus de 7000 voitures par jour sur la route régionale et les gens commencent à nous connaître et apprécient nos cultures », m'informe Marco Fillion, qui a laissé son emploi de représentant l'an dernier pour se consacrer à temps plein avec sa famille et leurs employés dans ce projet d'agriculture.