L’arthrite est une maladie chronique et les personnes doivent vivre avec de manière continue ou récurrente et ça peut durer toute une vie.

L’arthrite: plus facile, mais encore du travail

CHRONIQUE / La Société de l’arthrite organise une journée de conférences, aujourd’hui (samedi 10 novembre), à l’auditorium Beauchamp de l’hôpital de Chicoutimi et dans sept autres villes du Québec. «C’est une maladie de tous les âges et qui peut survenir en tout temps. Nous avons fait beaucoup de progrès avec les années et il est plus facile de vivre avec l’arthrite aujourd’hui qu’il y a 30 ans, mais il y a encore du chemin à faire», a fait valoir la docteure Bianca Lovisi, MD rhumatologue au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«La rencontre que nous organisons s’adresse à toute la population en général et des conférences très intéressantes seront prononcées par des spécialistes pour éclairer les participants. Des sujets tels que l’arthrose, les conseils d’un physiothérapeute, la polyarthrite rhumatoïde et l’alimentation et l’inflammation avec une nutritionniste seront abordés», détaille Annie Bruneau, infirmière responsable de la clinique et organisatrice de la journée-conférence.

Pourquoi moi?

«Tous nos patients nous posent encore la question: ‘‘pourquoi j’ai développé cette maladie-là’’. On ne sait pas. Mes patients me disent: ‘‘j’ai passé 60 ans sans ça, pourquoi ça m’arrive maintenant?’’ On ne connaît pas de cause spécifique», indique la docteure Bianca Lovisi.

«Les causes sont différentes. Pour certains, ça commence à la suite d’un virus, un trauma, une chirurgie, un accident ou un stress et comme le système immunitaire a été sollicité, il y a certains patients qui flambent une arthrite fulgurante du jour au lendemain, qui se retrouvent avec des atteintes importantes et qui sont complètement dysfonctionnels alors que pour d’autres, les symptômes sont insidieux pendant plusieurs mois, voire des années, avant qu’on puisse clairement émettre un diagnostic», résume Annie Bruneau.

On ne sait pas

«Nous arrivons aujourd’hui à contrôler l’inflammation avec l’aide de médicaments, mais on ignore encore ce qui cause cette maladie. Ce qui est encore plus frustrant pour un rhumatologue, c’est d’avoir encore des cas où nous ne sommes pas capables d’intervenir. On n’abandonne pas et on essaie toutes sortes de traitements. C’est de plus en plus rare, mais il arrive encore que des gens doivent vivre avec la douleur quotidiennement et qui ne répondent pas à la médication», explique Bianca Lovisi, qui est originaire du Brésil.

«La douleur au quotidien a des impacts sur la vie des gens. Ça peut causer des pertes d’emploi, de l’anxiété, affecter l’humeur et ça mine le moral des familles, indique la spécialiste. On fait des campagnes pour faire connaître la maladie et favoriser la recherche. Chaque histoire est différente et il faut continuer à faire de la recherche», ajoute celle qui donne des conférences sur le sujet.

L’arthrite est une maladie chronique et les personnes doivent vivre avec de manière continue ou récurrente et ça peut durer toute une vie. «Ce qu’on vise en 2018, à l’égard de cette maladie, c’est zéro arthrite. On veut qu’elle soit traitée à temps.»

Traitement

«Il faut bien départager l’arthrose, qui est une question d’usure articulaire, de l’arthrite qui est une maladie inflammatoire. Pour la plupart des formes d’arthrite inflammatoire, il y a beaucoup de traitements et de médicaments qui vont réussir à stopper le processus et l’évolution de la maladie», précise-t-elle.

«Les symptômes d’arthrite peuvent être de légers à sévères. Avant de poser le diagnostic, il y a souvent, chez les personnes, du désarroi, de l’anxiété face à leur limitation, parce que la douleur, le gonflement des articulations amènent une limitation fonctionnelle et la douleur chronique amène la fatigue, une mobilité restreinte, une humeur maussade et d’autres symptômes qui peuvent diminuer leur qualité de vie», explique Annie Bruneau qui échange régulièrement avec les patients.

«Dès qu’on prend la maladie en charge, ça prend quelques mois pour la stabiliser, pour prendre le dessus, mais il y a beaucoup de médications aujourd’hui pour nous permettre d’endormir la maladie complètement pour éviter toutes les pertes de fonction, les douleurs chroniques et l’invalidité qu’on voyait autrefois», met en relief l’infirmière.