Le président des États-Unis, Donald Trump

 «L'Amérique d'abord.» Tiens, tiens...

CHRONIQUE / J'ai vu passer le président Richard Nixon avec l'affaire du Watergate, ensuite ce fut Gerald Ford, le seul président non élu et qui donna le pardon présidentiel à Richard Nixon pour l'affaire du Watergate. Après j'ai vu arriver Jimmy Carter avec l'histoire des otages en Iran avec l'ayatollah Khomeini et le boycottage des Jeux olympiques de l'URSS. Quand j'ai vu Ronald Reagan, un acteur d'Hollywood de films de série B, se faire élire comme président, je n'en revenais pas. Comme Trump, il était âgé de 70 ans. On croyait même que la tentative d'assassinat en début de mandat était organisée avec le gars des vues. Pourtant, c'est à lui qu'on attribue la fin de la Guerre froide et qui a initié la chute du Rideau de fer.
Au début des années 1990, le père Bush est entré au pouvoir avec sa guerre du Golfe, pour un seul mandat. C'est après lui qu'est arrivé Bill Clinton avec une dizaine de scandales d'ordre financier et sexuel, tous se rappellent l'affaire Monica Lewinsky et le bureau ovale. Après l'ère Clinton nous avons vu arriver Bush fils qui a vécu les attentats du 11 septembre, qui a lancé la guerre contre le terrorisme, ouvert la prison de Guantanamo et qui a laissé son pays dans un état lamentable sur le plan économique avec les fameuses surprimes en immobilier, ces prêts hypothécaires à risque.
Arrive enfin Barack Obama, le plus sympathique des présidents américains que je connaisse, grand orateur à l'esprit ouvert qui veut reprendre les relations avec Cuba, fermer la prison de Guantanamo, qui soutient les mariages homosexuels, qui veut offrir des soins aux plus démunis de son pays avec l'Obamacare, qui reconnaît le réchauffement climatique et des tentatives de réglementer les armes à feu.
Je me souviens de l'élection d'Obama, tous les médias d'information, commentateurs et les chroniqueurs n'avaient que de bons mots pour ce président, le premier président noir en plus, dans un pays dont l'histoire est marquée par la ségrégation raciale et l'esclavage. C'était vraiment euphorique comme élection d'autant plus que l'homme a une belle prestance, de belles valeurs, une grande sensibilité et la stature d'un homme d'État.
Et là, voilà qu'en 2017 nous arrive Donald Trump, un homme d'affaires milliardaire, controversé, qui vient prendre la tête de la plus grande force militaire dans le monde. Vendredi dans son discours d'intronisation il a varlopé les dix derniers présidents et leur administration. «À partir de ce jour, une nouvelle vision va gouverner notre pays. À partir d'aujourd'hui, ce sera seulement l'Amérique d'abord». Tiens, tiens, ça fait penser à quelqu'un ce slogan...
Le président Trump n'a pas été tendre envers ses prédécesseurs. Obama devait se tourner la langue dans sa bouche pendant que le nouveau président prenait la parole. «Nous n'accepterons plus les politiciens qui parlent et qui ne font rien, qui se plaignent et qui ne font rien pour que la situation change. L'époque de la parlotte est finie, maintenant arrive l'heure de l'action», a-t-il dit. Les gens qui n'aiment pas les politiciens seront servis avec Trump, car la politique et la démocratie ne sont pas ses principales qualités.
«Nous unirons le monde civilisé contre l'islam radical que nous éradiquerons de la face de la terre», a-t-il aussi annoncé, mais un autre a déjà parlé de l'axe du mal avant lui. «Le peuple a payé le prix d'un pouvoir confisqué par une petite élite à Washington qui a pu profiter des ors de la République alors que le peuple en a fait les frais. Les politiciens prospèrent, mais les emplois disparaissent et les usines ferment (...) Des mères et des enfants sont piégés par la pauvreté dans nos villes, notre système éducatif manque d'argent, la criminalité, les gangs ont privé notre pays de son immense potentiel (...) Ce carnage américain s'arrête ici et maintenant».
Bien voilà, le 45e président des États-Unis vient de s'installer à la Maison-Blanche, pour ma part c'est le 9e que je vois passer. Sera-t-il pire ou mieux que les autres? C'est à voir. Depuis des décennies, ce pays investit autour de 100 milliards$ par année pour faire des guerres à travers le monde. Je ne suis pas contre qu'il joue ça autrement. Il ne me semble pas plus dangereux que ceux qu'ils l'ont précédé.