La vallée des Fantômes affiche complet

CHRONIQUE / François Guillot, c’est l’homme de la Sépaq pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il est directeur du Parc national des Monts-Valin et de celui de la Pointe-Taillon. Dernièrement, on lui a également confié la direction du Centre touristique du Lac-Kénogami. Il y a des projets à développer dans les trois sites, mais le Parc des Monts-Valin a connu tout un hiver avec la quantité de neige qui est tombée sur le toit du Saguenay.

La popularité du Parc national des Monts-Valin a atteint son plein potentiel cette année, alors que les chalets de la vallée des Fantômes ont affiché complet durant tout l’hiver. «Depuis que le chalet Dubuc fait partie de l’offre d’hébergement dans la montagne, nous avons connu une progression de l’achalandage de 10% par année depuis cinq ans», fait valoir François Guillot.

Développement sans motoneige

En fait, le développement du parc et la hausse du nombre de visiteurs coïncident avec l’interdiction pour les motoneiges de circuler dans les limites du parc national. C’est un débat qui a fait couler beaucoup d’encre depuis la création du territoire protégé en 1996. Les motoneigistes se rendaient au pic de la Hutte en très grand nombre chaque hiver, qui prenait la forme d’un pèlerinage sur les monts Valin pour profiter de la vue unique sur le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il était hors de question pour eux de perdre ce privilège dont ils bénéficiaient depuis l’invention de la motoneige.

Même si la loi sur les parcs interdisait la présence de motoneige, les maires, députés, préfet de MRC, hôteliers et clubs de motoneigistes de la région s’opposaient formellement à l’exclusion de la motoneige dans le parc. Le gouvernement du Québec a dû allonger près de 400 000 $ pour aménager un sentier de contournement à l’extérieur du parc en offrant en contrepartie cinq nouveaux sommets aux motoneigistes.

«La cohabitation entre motoneigistes et raquetteurs n’était plus possible. Ce n’est qu’une fois la construction terminée de ce nouveau sentier de motoneige à l’extérieur du parc que nous avons pu mettre de l’avant la phase II du plan de développement du parc», explique François Guillot. «On n’a plus entendu les motoneigistes se plaindre d’avoir perdu l’accès au pic de la Hutte avec le nouveau sentier des sommets qui est maintenant rendu un produit d’appel pour ce loisir motorisé», dit-il.

François Guillot, directeur du Parc national des Monts-Valin et de celui de Pointe-Taillon, de même que directeur du Centre touristique du Lac-Kénogami, confirme que la vallée des Fantômes jouit d’une grande notoriété partout en province.

Notoriété de la vallée des fantômes

«Nous sommes contents d’avoir gagné notre pari. Nous savions que nous avions un site extraordinaire, mais on ne pouvait pas savoir que la vallée des Fantômes aurait une telle notoriété partout à travers le Québec. La vallée est plus populaire que le parc en hiver», fait valoir le directeur, en précisant que 75 % des 35 000 visiteurs annuels proviennent de l’extérieur de la région.

«Même si le taux d’occupation atteint les 97% dans la montagne avec la douzaine de chalets en location, nous n’avons pas l’intention d’augmenter l’offre», dit-il, soulignant que le chalet Dubuc est loué presque toutes les fins de semaine jusqu’à la fin du mois de mars 2019. «Nous avons trois véhicules à chenilles qui roulent à pleine capacité et nos activités commencent à avoir des retombées économiques pour les sites d’hébergement en périphérie du parc», se réjouit François Guillot.

Même si les chalets affichent presque complet, le directeur du parc a l’intention d’intensifier le nombre d’activités au cours des prochaines années. «On veut axer davantage sur la famille. Nous avons aménagé des pistes de ski de fond avec des panoramas extraordinaires en plus de lancer les activités de fat bike (vélo à roues surdimensionnées). On songe à aménager une patinoire extérieure et des activités de glissade en tubes», dit-il.

Bonifier le camping

Pour la saison estivale, le directeur du parc précise que la clientèle européenne est en augmentation constante. «Des tours opérateurs ont placé le parc dans leur catalogue. Les voyageurs optent pour des forfaits de trois jours en plein coeur de la forêt, il n’y a pas de meilleur exemple de la ‘‘cabane au Canada’’, assure le directeur.

«Nous avons aussi l’intention de bonifier l’offre de camping. L’été, chaque jour il y a un VR (campeur motorisé) qui vient se virer au parc. Nous n’avons pas les installations nécessaires pour les accueillir. Pour les dépanner, on leur propose de s’installer dans le stationnement, mais on veut être en mesure d’offrir quelques emplacements, sans service», explique François Guillot, qui note au passage que l’offre de camping est très rare au Saguenay, à proximité de l’arrondissement Chicoutimi.

L’homme de la Sépaq aura du pain sur la planche avec le développement du Parc national de la Pointe-Taillon au cours des prochains mois, avec l’acquisition d’une trentaine d’îles dans le secteur d’Alma. Des annonces seront bientôt faites dans ce dossier.

En ce qui concerne le Centre touristique du Lac-Kénogami, le directeur a l’intention de développer le produit pêche sur le lac en aménageant un quai et en proposant des chaloupes avec moteur en location.